‹ Instructions sur le rituel (volume 2)Chapitre 6 sur 90 · DU I^ COMMANDEMENT · texte numérisé non relu

DU I^ COMMANDEMENT

J./IRIT commence ses commandemcns par cette pré»* face : Je snis le Seigneur votre Dieu^ qui vous aire» tiré de lï^gypte^ de la maison de servitude. Ego sum Dominus Deus tutis^ qui eduxi te de ierrd ^Egypti^ de domo servitutis^

X^eite préface hous apprend quel est le droit que Dieu a de donner Aes lois à lliomme^ quelle est To-^ béissanee et h soumission que nous devons aux lois de Dieu : nous y voyons quel est le respect que mérite sa souveraine Majesté 5 et pour nous engager pôr ce motif, à Tobscrvation de sa loi, elle nous fait com— prendre la reconnoissance que nous devons a ses bientails. Si les Juifs ont dû y trouver toutes ces grandes instructions , comment les Chrétiens pourroient-ils ne les y pas apercevoir , eux qui ont été* délivrés par Jésus--Christ ^ de b servitude du péché, et de Tes— cla\age du démon T

' Ces paroles du Seigneur : Ego sum Dominas Deus tuus^ nous marquent en abrégé ce quHl est^ elles nous disent quUl est la justice souveraine, la sagesse éter-* nelle, la bonté infinie, le principe et la fin de toutes choses, celui qui connoît tout, le tout-puissant, le créateur de tout-

Jtn défendant aux hommes dWoir des Dieux: étrangers en sa présence^ le Seigneur leur oidonne de rhonorer comme le seul véritable Pieu, tous les autres n^étant que des Dieux imaginés par la folie ^ faveuglement et la corniption des hommes. La première idée de former des idoles, dit FEsprit saint {Sap. i^. i^.)^ 9k éxé \e commencemetit de la prostitution du cœur de Fhomme; et rétablissement de leur culte a été fentière corruption de ki vie humaine. Jnitium fornicationis est exquisitio idolorum : cl ndiiwentio ilk^rum corruptio vitce esi^

Dîen 9€uX mérite clone nos hommages et nos ado^ Fations. Or ^ pour lui- rendre le culte qui lui est dij^ il fniity dit saint Augustin, Thonorer par la foi, par Fespérance, par la charité ^fide^ spe^ et charitate^ eelendus Deus^ L» foi nous élève à la connoissanee

de la Majesté divine^ cW par elle que nous honoronâ Iei vérité infaillible de Dieu , en tenant pour vrai tout ce qall nous a fait la grâce de nous révéler. LVspérance nous donne une entière eenfianoe en Died^. par elle nous Feconnoissons sa toute— puissance, et nous ho-— serons sa fi<lélité en ses promesses. La charité nous- Êit aimer Dieu pour hii-même, et par-dessus touteschoses r en Taimaut ainsi , nous honorons sa boute infinie, et sa propre excellence. C'est ainsi que, comme nous le dit saint Âugusuu (^Serm* 27. c. i.), Tédiâce de Dieu est fondé sur la foi, élevé par Tespérance^ et rendu parfait pap famour : Domiis Dei credendo fiindatwr ^ speranda erigiiur^ diligendo perficitur^ Édifice que la vertu de religion travaille sans cesse à orner et à embellir : c'est par elle que nous révérons Fexcellence de FÉtre de Dieu, et son domaineabsolu sur toutes choses^ c'est elle qui règle le respect que nous lui devons,, et à tout ce qui est consacré à son cnfte-.. Ainsi , pour expliquer les obligations quele prenHcr précepte du Décalogue nous impose, il est nécessaire de parler de la foi , de Tespérance , de la charité, et de la religion,, en marquant les vices op«^ posés à ces vertus.

De la Foii^

JLâk foi^ dit le eoncile dé Trente («fô^^. 6*. cap: 8i. de Justif. ), est le eommeneement du salut de Vhom^^ mcj lejondcment et la racine de tonte justification*^ Or. la foi est, ou habituelle, ou actuelle.

!.. La foi liabitueUe est une vertu suiualurelle^ quE

8 Du PREMIER

nous fait croire fermement en Dîcik et à totit'ce qu'il a révélé à son Eglise, et que FEglise nous pro-» pose de croire,

La foi est une vertu surnaturelle, une lumière que Dieu répand dans notre entendement, pour nou$ faire connoître les vérités cfu'il a voulu nous révéler. Cette vertu ne s acquiert point^ elle surpasse les forces de la nature : c^est un don de Dieu, dit saint Paul: f^ohis donatum est pro Christo , ut in eum credatis.

Par la foi nous croyons en Dieu , et à tout ce qu il a révélé, c'est-^a— dire, la foi nous fait croire, non* seulement qu'il y a un Dieu, mais encore les vérités que Dieu a fait connoitre aux hommes : elle ne re-r garde même ce que nous connoissons par la raison, qu'en tant que Dieu fa révélé.

La foi nous fait croire fermement^ c'est-à-dire, san$ aucun doute, avec une entière assurance, et une pleine persuasion : elle ne s'appuie, pour croire les vérités révélées, que sur l'autorité de Dieu, et sur sa parole.

Le dépôt de la parole de Dieu est dans l'Ecriture sainte, tant de l'ancien et du nouveau Testament, que nous appelons la parole de Dieu écrite^ et dans les traditions , qui^ ayant été reçues par les apôtres^ de la bouche de Jésus-Christ même^ dit le concile de Trente (Sess. 4*}^ ^^ ayant clé laissées par les mêmes a poires^ à qui le Haint—Esprit les a dictées^ sont parvenues comme de main en main jusqiià nous. C'est pourquoi ce saint concile déclare daus la même session, qu'il reçoit tous les livres^ tant -de l'ancien que du nouveau Testament^ puisque le même Dieu est auteur de lUin et de Vautre^ aussi bien que les traditions^ soit qu^elles regardent la J^oi^ ou les mœurs ^ comme dictées par la bouehe même de Jésus— Christ .^ ou par le Saint-Esprit^ et conservées dans [Eglise catholique par une suc^ cession continue ^ et qu*il embrasse ces traditions avec un pareil respect^ et une. égale piété. ILufiQ^ . il prononce anathême contie tous ceux qui les, me*

Commandement. g

priseront Ci^ec connoissance et de propos délibéré. La tradition est appelée parole de Dieu non écrite. -

La foi ne croit oonc les vérités qu'elle embrasse et qu'elle reçoit sans hésiter, que parce que c est Dieu ({iii les a révélées : nous ne pouvons douter de ce qu'il Qoas enseigne, parce qu'il est la vérité même, qui ne peut ui nous tromper, ni être trompée : eu croyant tout ce que TEglise nous déclare avoir été révèle de Dieu, nous le recevons^ non comme la parole des hommes^ mais , ainsi qiCil est véritablement^ comme la parole de Dieu.

La foi naturelle, ou purement humaine, a un fcmdément bien différent : elle nous fait croire leschoset, ou à cause de l'évidence des preuves qui nous eu persuadent, on à cause des miracles qui nous les confirment^ ou par la déférence que nous avons pour les personnes qui nous les disent; ou même par fantaisie, sur de faussas preuves*

La foi nous fait croire tout ce que Dieu a révélé à ,son Eglise : elle ne rejette aucun des articles que rËglise assure que Dieu a révélés ^ elle les reçoit tous : et celui qui douteroit d'un seul, quand même il re— cevroit tous les autres , ne peut pas dire qu'il ait la foi.

Nous avons dit que la loi nous fait croire ferme* ment en Dieu, et à tout ce qull a révélé à son Eglise, et que V Eglise nous propose de croire y parce que c'est à l'Église que Dieu a confié le dépôt des vérités que nous devons croire ; c'est par son témoignage que &OUS sommes pleinement assurés que c'est Dieu qui a révélé ces vérités; c'est par ses seules lumières que nous pouvons, et que nous devons discerner les vérités révélées de celles qui ne le sont pas; et c'est ce qui fàisoit dire à saint Augustin, qu il ne croiroit

f»as à l'Evangile, si l'autorité de l'Église catholique ne y obligeoit pas : £vangc/io non crederem , nisi me calholwœ Ecclesiœ commoi^eret auctorilas. Eglise catholique, à laquelle seule a été confié le dépôt de rÉaiture sainte et de la tradition ; à laquelle seule il

©ppart'ent c?r discerner les véritables écritures et Bpfi véritablf'S traditions d'avec les fausses^ à laquelle seo^ il appartient d^inlerpreter et de nous faire connohre* le véritable sens dé TLci îrure et de h li.adition* Elleseule est infaillible^ c^est elfe seule que nous devons* consulter ^ pour ne pas tomber dâins l'erreur.

:k. La foi actuelle est te consentement ferme et assuré qui nous fait adhérer actuellement aux vérités: que TEglise nous ordonne dé croire^ en nous assurant qu^elles sont révélées. Si ce consentement n^est qu'intérieur^ c'est un acte intérieur de foi; s^il se manifeste au dehors par quelque sijçne sensible ^ on lui donne* te nom de confession de foi^ ou d'acte extérieur^ de foL

La foi actuelle se divise encore en foi implicite^ er fn foi explicite. On croit une vérité d'une loi* impli«^ cite, lorsque ne ta connoissant pas en elle— même, oiv adhère cependant à une autre vérité qui la renferme^ Croire, par exemple, que la foi de l'Eglise est vraie^ c'est croire tout ec que croit l'Ëglise, dit saint Thomas». Celui qui croit tout ce que l'Eglise croit , et qui est prêt de croire en particulier tout ce qu^elle lui proposera^ est censé croire d'une foi implicite toutes lesvérités de la foi que l'Eglise croit, quoiqu'il y en ai& plusieurs dont il n'a jamais oui parler.

Ou croit ^ une vérité id^une foi explicite^ lorsqu'oi^ la croit eu particulier, et qu'ion y adhère, en la con— ^ sidérant en elle— même. Celui , par exemple , qui sait.

aue Dieu a révélé qu'il y a un purgatoire ^ et qui ré-échissant sur cette vérité, y adhère, la croit alorsd'une foi explicite. Cette foi peut être distincte, conmie^ elle l'est dans les docteurs^ ou confuse, comme elle Test le plus souvent dans le commun des hommes». Ou divise encore la foi, en foi formée j et en foi informe. L^ foi formée est celle qui est jointe à la grâce habituelle et à la charité. La foi informe est eeile qui est sans la charité : on l'appelle informe y \raice que sans la charité qui l'anime et la perfectionne^ elle ne peut faire arriver au salut étcrnsl^ et

COMlHAliDESfEVrr. Il

feffe est la foi d^une personne catholique, lorsii^uVUe

est en état de péché mortel : car^ on ne peut pas dire

sans erreur, que celui qui a perdu la charité^ a perdu

la foi. Si quelqu'un^ déclare le concile de Trente

(Sess. 6. can. !i8, de Justif.\ dit que la grâce

étant perdue par le péché^ la foi se perd^ aussi

toujours en même temps ; on qnc la foi qui reste

n'est pas une ^véritable foi^ quoiqu'elle ne soit pas

«Ve; que celui qui a la foi sans la charité^ ri est

pas Chrétien : qu'il soit OfuUhéme.

De la nécessité de la Foi.

Xja foi est absolument nécessaire à toutes sortes de personnes, pour être sauvées. Celui qui ne croira pas^ sera condamné^ dit Jésus-Christ. Sans la foi y dit saint Paul, il est impossible d'hêtre af;rênhle à Dieu, Aussi le concile de Trente, apics avoir dit que la foi est le commencement du salut de riiomaie, le londemcnt et la racine de toute justification, ajoutetil , en citant ces paroles de Tapôtre aux Hébreux^ <]ue sans la ibi il est impossible a arriver à la société ces enfans de Dieu : Sine quâ impossibile est pla^ cerc Deo^ et adjiliorwn ejus consortium pervenire.

La foi habituelle, que Ton reçoit par le Baptême^ sufEt aux enfans et aux insensés^ parce qu'étant sans discernement, ils sout incapables d avoir la foi actuelle. Mais ceux qui ont fnsage de la raison , sont obligés d'avoir une foi actuelle , pour croire fermement tout ce que PEglise croit : il y a même des vérités qu^ils ïont obligés de croire d'une foi explicite. Telle est la doctrine de saint Thomas (X. of sent* dist. 25. q. 2. a. I.).

Autre chose est de savoir les vérités qui sont de t»î, autie chose est de les croire. Savoir le3 vérités qui sont de fui) cVst counoitre ces vérités : connois^

12 Du PREMIER '

sance qui précède la foi. Comment et oir ont- ils en celui dont ils n^ont pas entendu parler? dit saint Panl, Croire les vérités qui sont de foi, c'est donner sou consentement aux vérités que ion connoit^ c^est V, adhérer, parce que c'est Dieu qui les a révélées à rÉglise qui les propose.

Il y a des vérités dont la foi est nécessaire de nécessité de moyen : il y en a dont la foi est nécessaire seulement de nécessité de précepte. Une chose est nécessaire de nécessité de moyen, lorsque sans elle on ne peut être sauvé : Etiamsi inculpabiliter prce^ termittatur^ disent les théologiens. Une chose est nécessaire de nécessité de précepte, lorsque sans elle on ne peut être sauvé, si on Fomct par sa faute ^ mai» sans laquelle néanmoins on peut obtenir le sahit étemel, si inculpabiliter prœtermittatur.

Il y a donc cette différence entre les choses nécessaires de nécessité de moyen, et celles qui sont nécessaires de nécessité de précepte , que les premières sont toujours nécessaires, même dans les circonstances où elles sont devenues impossibles. Le Baptême, par exemple, est tellement nécessaire à un enfant qui meurt dans le sein de sa mère, qu'il n'^entrera jamais dans le royaume de D/ei^, quoiqu'il ait été impossible de le baptiser eu cet état. Mais les choses qui soni nécessaires seulement de nécessité de précepte, cessent d'être nécessaires lorsqu'elles deviennent impossibles.

Cela supposé , nous disons , i ° que , pour être

, sauvé, il n'est pas nécessaire à chaque Chrétien qui

a fusage libre de la raison ^ de croire en particu*

lier et d'une foi explicite, tous les articles de foi, ni de

les savoir tous.

Il suflit qu'il soit instruit de certains articles principaux eu particulier, lesquels il doit croire d'une foi distincte et explicite 5 quil croie en général et d^une foi implicite, toutes les vérités que Dieu a révélées à son Eglise, parce que c'est Dieu qui lésa révélées \ et qu'il soit disposé à les croire eu particulier,

CoMMATrDEMEKT. l3

hrsqae FÉglîse les lui proposera, comme tout Chré-

tzeu y est obligé.

Nous disons, a* que cliaque Chrétien adulte est

oblige de croire, d^une foi explicite, et de nécessité de moyen, Tunilé de Dieu, qui nous a créés pour b rie écernelle, dans laquelle il récompense les bons et punit les médians. Saint Paul , après avoir dit , en écrivant aux Hébreux , que sans la foi il est impossible d^étre agréable à Dieu, ajoute : car quiconque s'approche de lui^ doit croire qiCil y a un Dieu^ et qu^U récompense ceux qui le cherchent. Aussi le pape Innocent XI a— t— il condamné cette proposition : Non nisi fides unius Dei necessaria viaetur necessitate medu^ non autem explicita remuneratoris. Proposition que le clergé de France en 1700 a jugée erronée et hérétique.

Cette foi dont parle saint Paul, par laquelle nous croyons en Dieu, comme auteur de la grâce et de la gloire, doit être une foi surnaturelle^ car cet apôtre parle d^une récompense qu on doit attendre dans l'autre vie : il parle de la foi qu ont eue les saints patriarches, et qu'il définit le soutien des choses que nous es-^ ferons^ et F assurance de celles que nous ne voyons pas.

Si tous les hommes sont obligés de croire qu'il y a un Dieu, qui récompense les bons dans une autre vie que celle— ci, ils sont par conséquent obligés de croire que leur âme est immortelle; car la récompense dans l'autre vie suppose nécessairement que l'àme ne meurt pas avec le corps.

Nous disons, 3^ que cliaque Chrétien adulte, et qui a Tusage libre de sa raison, est obligé de croire d'une foi explicite, et de nécessité de moyen, le mysièio de rincarnatiou. Celui qui ne croit pas au Fils unique que Dieu a envoyé dans le monde ^ est dcjà condamné^ dit Jésus— Christ : // ne verra point la vie; mais la colère de Dieu demeure sur lui* La vie éternelle^ dit ce divin Sauveur, dans la

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prière qu^I fit à son Père avant sa passion; la vie éternelle consiste à vous connoître , 6 mon Père ! n)Ous , qui êtes le seul vrai Dieu^ et Jésus^ Christ que vous avez envoyé. C*est pourfpioi Fapôtre saint Pierre nous assure, que le salut ne peut venir que par Jésus-^Christ^ et quHl rCy a point sous le ciel d'autre nom donné aux hommes j par lequel nous devions être sauvés»

On n^entend pas seulement par le mystère de incarnation , la conception du Verbe incamé dans te sein de la Yierge Marie, mais encore les principaux mystères qui regardent son humanité et la rédemption du geqre humain , qui sont contenus dans le Symbole des apôtres , et que FEglise honore en ses principales fSètcs. Post tempus gratiœ revelatœ^ tam nui/ ores quàm minores ( c'est-à— dire, les pasteurs, les prêtres^ et le peuple), tenentur hahere fidem expUcitamde mysteriis Christi; prœcipuè quanèiim ad ea quœ communiter in Ecclesid solemnisantur ^ et publicè proponuntur : sicut sunt artieuà incarnationis. Gest lai doctrine de saint Thomas ( 2. a. q. a* a. 7. ).

Le Chrétien adulte^ et qui a Fusage libve de sa raison, doit croire d^une foi explicite^ et de nécessité de moyen, le mystère do la très— sainte Trinité, parce que Ton ne peut pas croire >le mystère de fincamation , si on ne connoît pas celui de la Trinité^ parce que le mystère de la très— sainte Trinité étant le principal objet de notre foi, c^est celui dont la *Gonndis-* sance est plus nécessaire^ parce que nous sommes baptisés au nom de ces trois adonibles personnes* IHfysteiium incarnationis C/tristi explicité credi non potest sine fide Trinitatis^ dit saint Thomas (a, 2. qi 2. a. 8.), quia in mjrsterio incarnationis Christi hoc conlinetur^ quàd Films Dei carnem assumpscrit^ quod per gratiam Spiritâs Sancti mundum renovaverit ^ et iteriim^ quod de Spiritu Sanc/o conceptus fuerit ; et ideo pasttempus gratiœ divuJgatu} tenon fur omîtes ad explicite credcndum

COHMAHDEMEIIT. |5

mfsterium Trinitatis; et omnes qui rcnasctmtur in Christo^ hoc adipiscuniur pcr invocationem Trinitatis^ secundiim iUudJ. C. prœceptum ( Mattfu c. 38. f'. 19,) .- Eiinies docete omnes génies^ bapti* santés eos in nomine Patris^ et Filii^ et Spiritûs Sancti.

On voit ici, que saint Thomas enseigne que depuis

la promulgation de l'Evangile, la foi explicite du mys»

tère de la sainte Trinité est nécessaire de nécessité da

moyen, à tous les hommes en général, pour être sauvés^

et qu^il s^exprime sur la nécessité de la foi explicita

de ce mystère, comme nous venons de Fentendr^

parler sur la fpi explicite des mystères de Jésus -Christ*

Aussi, est— ce le sentiment le plus commun parmi les

théolc^iens, que depuis la promulgation de TÉvangile^

nul adulte ne peut être sauvé sans la foi explicite des

mystères de la sainte Trinité , de fincarnation et dt

la rédemption*

Nous disons, 4^ que chaque Chrétien adulte est obligé de nécessité de précepte , de savoir, au moins en substance, les articles de foi que lés apôtres onl recueillis dans leur Symbole, et de les croire d'une foi explicite. L^Ë^lise a toujours été si persuadée de cette obligation, quelle a été dans tous les temps très-exacte à faire apprendre ce Symbole aux catéchumènes, et à le leur faire réciter par cœur avant que de les baptiser. Par-la , elle a voulu faire comprendre à ses en« lans , qo% doivent non— seulement être instruits de leur foi, mais encore être en état d en faire profession à tout moment} et qu^ib ne peuvent mieux faire que de réciter le Symbole, pour f opposer aux ennemis Je la foL Si quidem ipsa catholici Srmboli brevis et perfecta confessio , tam instructa sit munitions cœlesti^ dit saint Léon ( Ep. 27. aL \Z.)^ut omnes hœreticorum munitiones solo ipsius gladio possint detruncarL Et c'est pourquoi FÉglise oblige les par* rains et les mairaines, d enseigner le Symbole aux enfans dout ils se soflil reiàdus les eautÎQns au . fiaptèmci

1$ Du PREMIER

Tout Clirétîen qui a Tusage de la raison, est pa— reilleraent obligé de savoir FOraison dominicale. Koua avons plusieurs ordonnances ecclésiastiques qui près* cri vent également aux fidèles, Tobligalion d'apprendre par mémoire FOraison dominicale et le Symbole, iS/moolum quod est signaculum fidei^ et Orationem Jominicam discere^ semper admoneant sacer dotes populiim christiarium ^ dit un concile de Majénce en 8x3. Oraison dominicale, que les fidèles doivent non-seulement apprendre , mais dont ils sont obligés de s^appliquer à comprendre le sens, dit un concile de Rheims, tenu la même année; p^rce quil n^est permis à aucun Chrétien de Fignorer , ajoute ce concile : Qida illam ignorare nulli Christiano licet.

Le premier concile de Milan, tenu par saint Charles^, recommande aux ministres chargés d^annoncer aux fidèles la doctrine chrétienne , Ut prœcipiiè in Evan^ gelii^ S/mboli^ Orationis dominicœ^ angelicœ Sa^' ùUationis , decem prœceptorum , ^Sacramentorum Ecclesiœ^ et sacrorum Rituum^ dilucidd explicatione o^ersentur. Ce que saint Charles-Borromée leur recommande encore ( j^ct. Part. 4- Instr» Prœd. ).

Les parrains et les marraines sont obligés envers les enfans qu ils ont tenus au Baptême, de leur apprendre , avec le Symbole , FOraison dominicale, j^nte omnia Symbo/um et Orationem dominicam^ et vos ipsi tenete ( leur dit le canon , f^os antè omnia. de Consecr. distk ) ; et illis quos suscepistis de sacra fonte ^ ostendite

dominicale, on peut néanmoins excuser de péché ceux qui, par défaut de natiu'c ou de mémoire, ne peuvent retenir les paroles du Symbole et de FOraison dominicale, ni les réciter d.e suite 5 pourvu qu^iis sachent purement et simplemi^at les choses que ces paroles signifient; ce quon appelljB savoir eo substance. Mais

uu

Co:tfMAl«DEMENT. I«J

un confesseur ne doit pas souffrir qu^un pénitent qui

Seul apprendre par cœur et le Synîbolc et TOraisou ominicale^ se contente de les savoir en substance: 51 ce péuitent, déjà averti de les apprendre, a néglige de le faire, on doit lui différer fabsolution jusqu a ce quil ait satisfait à cette obligation.

Nous disons , 5* que tout Chrétien adulte qui a Fusagede la raison, est obligé de nécessité de précepte,, desavoir et de croire ce que TEglise enseigne sur les. Sacremens quHt doit recevoir^ sans cela, comment pourroit— on se préparer à les recevoir dignement f ^ous avons vu ce que saint Charles prescrit aux prédicateurs, sur Tobligation d'instruire les fidèles de ce' qui regarde les Sacremens de T^glise.

De plus, tout Chrétien adulte qui a le libre usage de la raison, doit savoir les commandemeus de Dieu. et de rÉglise- Quicumque rationis usum attigerUy dit saint Charles dans son instruction aux confesseurs^': sub reatu peccaii mortalis^ onines SjmboUapostoUcij (fuo EccUsia utitur^ ariiculos scire tenetur ^ saltem^ (fuoad substantiam. lient Dei et Ecclesiœ prœcepta^ qiiœ sub pecccUo mortali obserpanda sunt , quœque soient in scholis doclrinœ christianœ comparari. Ubi ergo pœnitens hœc ignorai^erit , si quàm primiim adea discendanon acquieverit^ absolv^inon débet : imb si ad ea discenda se dispositum significai^erit j inierrogandwn ^ num aliàs de eâ negligentid à confessore^ sive ipse sit^ sive alias ^ aiit pas ton ^. monitus fuerit: si qiddem pro modulo diligentianL ' ad hoc non aahibuerit^ tanidih illi absolut^ dif^ ferntur^ donec huic officio pœnitens satisfé^erit.

Tout Chrétien aduUe qui a Fusage libre de ^ raison , est encore oblige de nécessite de précepte , de connoitre les obligations de son état. 0//i/te^, dit saipt Thomas (i. a. q. 76. a. 2.), tencntur scire t-o/ii— . munitér^ ea qiue sunt Jidei^ et universalia juris prœcepta : singuU autem , ea quœ ad eorutn statujn^ vd officium pertinent.

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