‹ Instructions sur le rituel (volume 2)Chapitre 74 sur 90 · Tome IF^ D · texte numérisé non relu

Tome IF^ D

5o FoRMuns

9 d'une femme , sous une figure qpi ne paroissoic pas » humaine, qu'il ny avoil que la peau extérieure eu 9 quoi ces monstre ne parussent pas hommes ; et qu'en » ôtant cette première peau ^ toute la figure du corps » humain paroissoit. »

Si , comme il est certain ^ et que le Ritutel le répète en plusieurs endroits , l'on est obligé de baptiser sous condition , dans le moindre doute , d où qu'il provicDue, la conséquence immédiate de ce que nous venons de dire, eût du être que tous ces monstres sans exception, doivent être baptisés sons condition, puisque souvent il rty a que la peau extérieure en quoi ces monstres lie paroissent pas hommes , et qiCen ôtant cette prémièrepeau^ toute la figure du corps humain paroU.

Cependant Fauteur se borne à dire que , € si tout » bien examiné , Ton doute que ce monstre puisse être S" un homme, on le baptisera sous condition. » Cest demander une chose impossible que de vouloir ce mûr examen ^ on ne pourroit, le plus souvent , le faire que par la dissection , d'après ce que nous avons rapporté de Fauteur, et qui est vrai: c'est-à-dire, qu'il faudroit égorger ce monstre pour juger si on peut le baptiser*

Nous crojOQS donc plutôt devoir donner, comme une règle fixe et invariable , que tout ce qui est né de l'homme et de la femme, quelque monstrueux qu'il soit , doit être baptisé ^ mais en se conformant aux règles suivantes*

t^ Si le monstre a un corps humain ou l'apparence du eorps humain , quoiqu'il manque de quelque membre ou quil en ait d'horriblement difformes, il doit être baptisé sans condition.

2^ Si ce monstre a la tête d'une créature humaioei mais jointe à des membres qui ressemblent à ceux (Tud animal , il faut le baptiser sous la condition : si tu es homme , si es homo.

, 3^ Il faut suivre la même règle, si le monstre a^ tète comme ceUe d^une bête et les membres hunuiosi

D^EXHORTATIONS. 5l'

4^ Il faut également baptiser, sous condition et sur la poitrine, les monstres sans tète, qui ont d'ailleurs la forme humaine. On en a vu de ce genre, et Ton en conserve un à Florence.

5^ Il y a plus de difficultés lorsque le montre n'a rien de la forme humaine et qu'il a tous les dehors d'un animal. Nous pensons également qu'il faut le baptiser sous la condition, si es homo.

Ainsi jugèrent, en \6q3^ quatre médecins de l'uni* versité de Paris, dont Favis fut approuvé par plusieurs théologiens. Le même jugement fut porté la même année ^ par les professeurs de th(fologie, de médecine et de droit canon de l'université de Louvain. On peut voir leurs motifs dans les additions à l'embryologie sacréa de M. Dinouart, pag. 47^7 ^^^-? ^^^"i ^^ ^^^^ '^ tome 2. de l'abrégé ( pag. 885 cl suiv., édit. in-4^ )î des cas de conscience, par Pontus , par Collet qui partage leur avis. Ces motits sont assurément très-graves.

On ne peut raisonnablement opposer à ce sentiment ce que porte le Rituel romain et autres : qu'il ne faut pas baptiser les monstres qui h*ont pas la forme humaine. Ces Rituels ont été rédigés avant les nou-^ velles observatiozis faites par les médecins, qui répandent de grandes lumières sur ces questions, et font au moins douter que ces divers monstres aient une &me humaine. Nous ne nous éloignons donc de la lettre de ces Rituels que pour eu suivre Tesprit.

De tout ce que nous avons dit, il faut conclure quW ne peut, sans un grand crime, procurer la mort, en quelque manière que ce soit, à un monstre, soit avant soit après le Baptême.

Nous croyons devoir relever deux autres décisions peu exactes du mhme Rituel de Toulon , page 20 du mëma tome.

D'abord il décide « qu^on ne doit baptiser aucuu 9 enfant tandis qu'il est encore renfermé dan» le seio » de sa mère. >

Il suffit dopposer à ce Rituel lautorité de Benoit XIY. qiii) après avoir rapporté les dii'ersseutimeus da théologiens, sur la validité du Baptême ainsi conféré, invite les évèques à ne pas prononcer sur cette question, et k attendre le jugement du saint sic^e, mais veut en même temps que les curés fassent on devoir aux sages- femmes, dans les accouchemens laborieux, de baptiser, sous la condition, les enlàns qui nese montrent encore par aucune partie de leur corps , et de les rebaptiser sous condition, s'ik viennent ensuite au jjour ( De Sjnod. Diœce. lib. 7. cap. 5. N. 6. ). Cest que ces divers sentimeus des théologiens établissent au moins un doute, et que dans le moindre doute il (âat baptiser sous condition.

Le Rituel dit, quelques lignes après, qu'ail n^estpas permis ( d'ouvrir une femme avant sa mort pour sauver son fruit ). Cette décision absolue est fort inexacte^ sans doute, il nVst pas permis défaire l'opération cé^ larienne à une femme quand elle est jugée si dangereuse^ qu'il u^y a point d'espérance fondée qu'elle pourra survivre ; comme aussi Ton ne peut la faire sur une femme que Ton croit morte, sans s^èlre bien assuré de sa mon. Il n'est jamais permis de faire un mal pour qu'il en résulte un bien.

Mais si la mère est assez robuste, et qu'il se trouve un chirui^ien asseï habile, pour donner une espérance probable que l'opération ne sera fatale, ni à la mère, ni à l'enfant, non-seulement elle peut, mais elle doii souffrir cette opération: car la charité fait un dcToir d^exposer. sa vie pour le salut éternel de quelqu'un qui est dans une nécessité extrême; et celte obligation est bien plus grande de la part d'une mère à l'égard de son enfant* Ce raisonnement ainsi que les divers cas où cette opération est nécessaire, sont développés dans l'excellent ouvrage de l'embryologie sacrée par Can*

f^amila,loué sur la question présente par Benoît XIV* De Synode Diosce. Lib* 7. Cap* 7» iV» i3 ), et dam

n'ExHOnTATlONS. S3

l'abrégé qa^eo a donné M. Uinoiiart^ qui rapporte une décision de la faculté de théologie de Paris sur ce point ( page 4^5 et suiv. ).

Les curés doivent, au reste, user de beaucoup de prudence dans ces cas, et ne parler auK femmes de cette obligation qu^après s'éire assurés qu'elles ont assez de vertu pour sy soumettre.

Nous ne pouvons nous empêcher ^ en terminant cette note, de nous élever contre l'usage barbare des accoucheurs modernes qui, dans les accouchemens périlleux | trouvent plus simple d'égorger Teufaui dans m sein de sa mère , et d en retirer ensuite les membres sanglaiv^ TuD après lautre»

A la page 34 du tome I*^. ,

L^auteur pense qu^onnc doit pas réitérer le Baptême donné par la sage-femme, lorsque deux témoins dignes de foi assurent qu'il a été bien conféré. Ce sentiment paroit sage, si les témoins savent eux-mêmes comment on doit baptiser; mais nous observons que ces témoins dignes defoiwe se rencontrent presque jamais, et qu^eu égard aux cris d'une mère, d'une famille déplorée et d'un enfant en danger de mort, ils sont dans le trouble et Tagitaliou. Ordinairement il reste un doute sur la matière ou sur la forme de ce^ Baptêmes attestés; aussi est-ce assez l'usage de les réitérer sous condition,

ExHOPxTATiON avant le Baptême^

V^^EST un enfant conçu dans le péché, c'est un esclave du démon que vous présentez maintenant à l'Eglise ) niais en recevant le Baptême , il va devenir le temple du Sains- Esprit , l'enfant de Dieu^ membre de Jésus- Christ , et Tbéritier de la gloire éternelle ; la tache du péché t)riginel sera effacée en lui , et il prendra une tionvelle naissance. Assistez à une action si sainte , ^vec toute la religion dont vous pouvez être capaWcsj

S4 Formules

unissez vosprières aux nôtres, pour obtenir de Dieu que cet enfant ne retombe jamais par aucun péché mortel sous ia tyrannie du démon, aont il va être délivré; et qu'il conserve jusqu^au dernier soupir de sa vie, la grâce qui lui sera communiquée.

Réfléchissez en même temps sur vous-mêmes , et vous confondez en la présence de Dieu : si vous avei perdu la grâce de votre Baptême par quelque péchc mortel, concevez^en du regret ^ et en renouvelant les promesses que Ton a faites pour vous et en votre nom, prenez la résolution dy être à l'avenir plus fidèles, et de réparer de votre mieux , par une sincère péniteoce, rinnocence q^e vous avez perdue.

Puis , s" adressant au parrain et à la marraine : Et vous qui répondez pour cet enfant, en qualité de parrain et de marraine, considérez à quoi vous vous engag(>z : vous allez lui servir de cautions, et protester k Dieu et à TEglise qu il exécutera fidèlement les promesses que vous ferez pour lui à son Baptén)^ Ainsi vous devez y assister avec plus de piété et de dévotion , que les autres qui n'en sont que les térooios et les spectateurs^ afin d'attirer grâce, et sur cet enfant, et sur vous-mêmes , pour vous acquitter à lavcnir des obligations que vous allez contracter à son égard.

Exhortation après le Baptême.

E n'est plus un pécheur ni un esclave du démon, c'est un chrétien, et un enfant de Dieu que nousvoits rendons maintenant; il vient d'être régénéré dans les eaux du Baptême, et lavé dans le sang de Jésus-Christ Remerciez Dieu pour lui d'une si grande grâce. Parrain et marraine, vous venez de contracter une alliance spirituelle avec cet enfant, et avec son pèie et sa mcre. Cette alliance est un empêchement dirimant pour le mariage j un parrain ne peut se marier avec sa fiUeuJei

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