‹ Instructions sur le rituel (volume 2)Chapitre 78 sur 90 · DÉLIBÉRATION · texte numérisé non relu

DÉLIBÉRATION

De six Docteurs de Sorhonne^ avec le Décret du Pape Clément XII. contre les Francs- Maçons.

V ous ne savez, monsieur, si vous pouvez admettre aux Sacremensun de vos paroissiens, honnête homme d'ailleurs, parce qu'il est franc-maçon . qu'il assiiite aux loges, et que , charmé . de cette belle association , il

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veut y enrôler soq fils. Il faut que vous n^ayez pas lu uoe dëlibciraiioo de six docteurs de Sorbonue ^ qui pa-^ rut en 174^1 ^vec le sceau de Tautorité publique. Je vous Teuvoie sans y rien changer : il n^j a que du bien à répandre des pièces qui peuvent être de quelque utilifë. Voici comme y parlent ces messieurs.

La société des rrey- Maçons, ou des Francs-Maçons, est illégitime par plusieurs endroits.

1. Un sujet ne peut pas, sans péché, s'agréger à une société défendue par le prince. Celui qui résiste aux puissances , dit saint Paul, résiste à Tordre de Dieu : qui potestati resuitit^ Dei ordinationi resistit. Or^ les lois 4)e Tétai défendent les assemblées de Francs- Maçons , et elles ont eu plusieurs fois leur exécution sur cet article d'une manière éclatante : et c'est avec raison. Tous attroupemens clandestins et sans autorité, sur-tout de gens qui se lient par des sermens, ne doivent point être tolérés. Sous le nom de Francs-Maçons, des malintentionnés pourront tenir des conventicules séditieux^ et tramer contre Téiat.

Uautorite ecclésiastique vient ici à l'appui de la puissance séculière. Le Saint Père a défendu Jes assemblées de Francs«Maçons , sous peine d'excommunication.

3. Des chrétiens ne peuvent pas s'engager, par serment, comme font les Francs- Maçons, à tenir secret ce qui se passe dans leurs assemblées , et à ne s'en ouvrir à personne, non pas m^me à cei.x qui sont préposés à Tadminisiration de la police dans un état. Le prince et les magistrats ont droit de connoîire tout ce qui se fait dans un royaume par plusieurs personnes réutiies dans quelqixe lieu. Charj^ées d'empêcher tout le mal qui peut se commettre dans la société civile, ib ont ciroit d'interroger des personnes assemblées sur ce qu'elles font. Refuser de leur répondre étant interroge, c'est désobéir aux puissances. C'est donc encore lÎD plus grand mal de s'engager par serment à cette

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désobéissance formelle, qui renferme un mépris (la TaQ* toriié établie de Dieu.

D'ailleurs , ou ce q\ii se fait chez les Francs-Maçons esl innocent^ ou ilasi mauvais. S*il s y fait de mauvaises choses, les Francs- Maçons sont condamnés par cela seul; et le serment qu ils font de ne révéler rieu de ce qui se passe chez eux est une profanation trcs-criminelle du serment, qui, de sa nature, est une chose sainte et un acte très- respectable de Religion, et qui, dans rhj^poihèse, est empio^'é à couvrir des crimes» Que si tout ce qui se fjit dans ces assensblées est innocent,, sous quel prétexte s'en^jage-t-ou à d 'en jamais rendre compte auxsupérieurs'?Or. un sermeiilmême fait sans aucune nécessité ni aucune utilité, est encore un péché grief condamné par le deuxième commandement du di'îcalogue; tu ne prendras point le nom de Dieu en vain.

Si ce j>erment est criminel par rapport à son objet, il est téméraire par rapport à la personne qui le fait, et par conséquent très-blàmable par cette nouvelle jraisoo; LesFratnrs-Maçons, eu entrant dans la société, 3^engagent par serment au secret, avant que de savoir, ni de piès ni de loin, de quoi il s'agit, quelles sont les pratiques de la compagnie, ce qui, dans la suite des temps, pourroit s y faire et sy introduire de nouveau. La prudence chrciienue, ni une conscience timorée, ne permettront jamais do se lier par serment à une chose qui pourroit être mauvaise cl criminelle par Tévènoraent, comme do garder le secret sur des objets qui seroieut contre le biou de la Religion et deTétat: la probité toute seuley répugt>e. Jamais homme d'hon- Qeur n'a fait un serment vague, sans savoir ce qu^ou lui fait jurer.

à. lise répand diOercns bruits de ces assemblées. Suivant ces bruiis, les assemblées des Francs— Maçons ont des pratiques réprchensibles , peu convenables au respect du aux choses saintes, superstitieuses, scandaleuses

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m^me par le mtlange du sacré et du comique, telles que sont celles-ci, que rapporte le livre intitulé le se-» cret des Francs^ Maçons ^imprimé en 1744* Etre introduit les jeux bandés et le genou droit nu^ étredé-spouillé de tout ce qu^on peut avoir sur soi de métal 5 boucles, boutons, bagues, boîtes, etc. être promené trois fois, les yeux toujours bandés, autour d^un espace où sont dessinées par terre les deux colonnes du temple de Salomon, avec la première lettre de leurs noms^ Jakiu et fiooz, c'est-à-dire, un J et un B; être présenté à rassemblée des frères, tous revêtus du tablier blanc, et armés de la truelle , comme des gens dévoués à re* bâtir un jour le temple de Salomon \ être interrogé par le président fort sérieusement sur sa vocation , savoir si Ton croit lavoir^ voir devant soi le livre du saint Evangile, ouvert et placé sur uusiége^et lo reste de la cérémonie ridiculement sérieuse , laquelle se termine, comme toutes les assemblées des frères, par un repas où Ton ne se propose que de se bien rejouir , où Pou boit différentes santés, entr autres celles de la franmaçone , c'est-à-dire, de la femme du nouveau reçn, de sa bonne amie, s'il n'est pas marié: et cela accom* pagné de chansons à boire. Munis dun rouge bord , jouissons des plaisirs de la vie^ etc. Je demande qa*est-ce que le:» colonnes mystérieuses du temple auguste et sacré de lancienne loi ont affaire ici, et encore plus le livre adorabl^3 defEvangile, au milieu de tout ce cérémonial comique et superstitieux, de ces chansons bachiques, de ces rasades profanes, de ces santés à double entenleP Voici maintenant la réflexion qui se présente naturellement sur ces récits qui se 50nt répandus. Soit que ces bruits soient vrais, soit qu'ils soient faux, des chrétiens, sur le compte desqueU ils courent, sont tenus çn conscience de lever le scandale qui tombe sur eux aux yeux du public. Comme la Religion prononce malheur contre quiconque est cause Je scandale, les Francs- Maçons, s'ils n'ont pas

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enliètement déposé le personuage de chrétiens, doivent se justifier de toutes ces choses qu'on débite à leur sujet ^ et ne pas laisser le public prévenu qu*ils ont des pratiques irrégulières , superstitieuses , etc. A plus forte Tàison, ceux qui ne sont pas agrégés, ne doirent point entrer dans 1 association , tant que ces soupçons subsistent.

Ceci est encore bren plus vrai sur un article qui pa— roit certain, et qui est avoué parles Francs— Maçons, savoir que le serment qui s^y fait de garder le secfet, ^emporte la peine de mort si on le viole. Voici la fbr-^ mule du serment, telle qu'elle est imprimée dans le livre que j^ai cité, et telle qu'elle est rapportée par <{uelques bons chrétiens qui ont cru devoir consulter les docteurs, dans le doute où ils étoient, s'ils n'avoient point offensé Dieu en prêtant ce serment. Â l'entendre, il fait frémir. En cas a infraction^ Je permets que m'a tangue soit arrachée^ mon cœur soit déchiré ^ mon corps brûlé et réduit en cendres pour être Jetées au wnt , q/în qu^il rCen soit plus parlé parmi les hommes, jiinsi Dieu me soit en aide et ce saint Evangile. Ici riniquiié n'est point équivoque, elle saule aqx yeux. Car de qtii celle société tiendroit-elle le droit de punir de mort les infracteurs du secret? Est— ce de Dieu? il n'a point parlé à ces messieurs, ei ne leur a point donné une mission extraordinaire. Est ce du princef Bien loin de les autoriser dans cette prr'teniiou exorbitante, il a interdit leurs associations. Seroit-ce du par*iculier qui est reçu, et qui, en faisant le serment, acquiesce à la peine de mort, et donne par-là droit à Toidre de le mettre à mort? Mais qui ne sait que nul particulier n'a droit sur sa propre vie, ni pour se forer, ni pour donner pouvoir à nn anlre de la lui ôler?

Ceci doit suffire poiir montrer par combien d'en— droits la société des Francs- Maçons est illégitime et interdite à tous bons chrétiens.

Ce ne seroit pas une botine défense que de dire que

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>bjet de cseite confraternité est louable j savoir^ d'assCer dans Toccasion tous les frères , sans distinciioa état et de condition^ de donner des secours et d'ar^ mt et de bons offices à tous ceux qui se font con-» Mtre pour être delà compagnie, parle mot du guet ïi est convenu, ou quelque signal ma/me/, pectoral^ ^mme s'expriment ces messieurs.

Ou leur répond que l'objet ^ quelque bon qu'il soit i lui-même, ne peut pas rendre bonne une société ailleurs vicieuse et réprouvée par les boTtn«*s règles. 3S sociétés de Caliliua et de Cartouche ( q>ron me isse ces exemples, je ne prétends pas presser la comiraison), comporioient un semblable engagement de rvices et d assistances réciproques: cependant elles ne angeoient pas pour cela de nature^ elles demenroient uiours ce qu'elles étoieiit en elles-mêmes. D'ailleurs^ )u peut venir cette idée de s'associer particulièrement , as cette vue? On conçoit bien pourquoi des membres ne société particulière formée pour un objet déterré, telle qu'un corps de marchands, etr. s'engageront \ssister récipîroquement dans leurs b'^soins. On doit \ntage à ceux avec qui Ton a des liens plus étroits, qu'il se forme une association de gens inconnus ns aux autres, dont le but soit uniquement de se rir, c'est ce qui n'est pas fondé en raison. Voici aoi : la société que forment entr'eux tous les •ns, suffit toute seule pour remplir cet objot de • Tout chrétien est obligé d'assister son semblable, es fois qu'il le peut, et que Toccasion s'en présente, oar rapport* à cette vue spécieuse de charité jent les Franc*;-Maçons, on peut dire que leur st inutile , elle est de trop, st-il bien vrai que ce soit là vraiment la fia de cette association ? On le dit bien , et on :)ire d'un graiid nombre de ceux c[v\\y entrent, me on ne conîioii point les premiers pâte celle coufédcratiou , ne pourroit-on pa$

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craindre que de leur pari rintenlion ne Hit pas si ianorceiite ? Les dëisies , les esprits forls ^ les geas sans religion, se soot multipliés dans ces derniers temps à un -point qui fait gémir. Qui sait si de tels gens uWt point -quelque part à cet établissement ? Ajrant une fois cimenté cette association sous de beaux prétextes, ils pour* ront bien, dans la suite, faire couler dans Tàme des frères Je poison de leursdétestables principes. Ce qui confirme ce soupçon, c*est cette circonstance particulière ^ que tous ceux qui croient en Jésus-Christ, de quelque secte qu'ils soient, peuvent être admis dans la compagnie: ce qui suppose au moins qu*on adopte le toléramisme, ' c^est-à— dire , la tolérance de toutes les religions.

De toutes ces réflexions, il en résulte qu^on ne doit ni s'agréger, ni demeurer dans cette société.

Délibéré à Paris , par les docteurs consultés.

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que Liiemeut Aii. avoit aonnê sor

•celte matière, eu 1736, et que le savant pape Benoit

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