‹ Instructions sur le rituel (volume 2)Chapitre 77 sur 90 · DU MARIAGE · texte numérisé non relu

DU MARIAGE

Exhortation aidant V administration du Sacrc-^

ment de Mariage.

JLitc mariage que vous allez contracter est la plus ancienne, la plus sainte et la plus étroite de toutes les alliances do la terre. Elle fut établie, et reçut sa première bénédiction d'un Dieu créateur, dès le commencement du monde. Dans la loi nouvelle, elle a cté élevée, par Noire-Seigneur Jésus-Christ, à la dignité de Sacrement. Aussi lapôtre saint Paul l'appelle* t*il an Sacrement, et nn grand Sacrement^ grand , par rapporta ce qu'il représente, puisqu'il est le syml^ole de l'union de Jésus-Christ avec sou Eglise; grand , par la grâce que Dieu y confère, el par les devoirs auxquels il engage.

Cet état , si déshonoré chez les Païens , par leurs dissolutioDÎs, si dégradé chez les Juifs, par leurs divorces, a été ramené, par Jésus-Christ, à sa force primitive^ dans l'unité et l'indissolubilité d'un même lien. C'est une société sainte que ce divin Sauveur a rétablie dans

^O FOBVTTLES

toute 8â pureté, pour multiplier par elle lès enfiinsde la foi , et former , dans le sein de FEglise , des héritiers de son royaume. Ce%i une alliance dont TEglise elle-même forme les nœuds ^ Toffrande de DOtveaugnite sacrifice la confirme ; la bénédiction du prêtre y met le sceau, les anges en sont les témoins ^ et le Père céiote la ratifie.

Quelles raisons pour vous', mon frère et ma sœur, d approcher du mariage avec des dispositions toutes . saintes , et propres à attirer sur vous les grâces et les Bénédictions du ciel ! Vous êtes les enfans des sainu, et saints vous-mêmes , au moins par votre vocatîoD; vous ne devez donc pas contracter cet engagemeDt, • et y vivre comme ceux qui ne connoissent pas le Seigneur. Pourquoi voit-on tant de personnes mariées vivre dans des chagrins étranges, en division conlinuelie, toujours dans le trouble , toujours dans ragitation ) ne jamais posséder la paix , trouver perpétuellezneul le désordre dans leurs maisons, être affli«jées par les enfans, et n^avoir pas un moment de tranquilliicf Oest que ces personnes n^ont pas reçu la grâce da Sacrement, ou ne Tont pas conservée^ et qu^en se mariant en idolâtres plutôt qu'en chrétiens, ou en déshonorant, par une vie criminelle, un état saint, elles ont attiré sur elles la malédiction de Dieu.

Saint Paul ordonne, au nom du Seigneur,' â tous les maris, mon cher frère, d'aimer leurs épouses comme Jésus-Christ a aimé son Eglise^ c^est ainsi que vous devez ainier celle qui sera la vôtre. Dieu vous com* mande de la chérir jusqu^au point d'abandonner père et mère , s^il le falloit , pour vous attacher indissolu* blement à elle. Ecoutez ses avis, supportez ses défauts^ traitez-la avec douceur, n'ayez point de dureté pour elle, ne la traitez point avec aigreur et avec rudesse* Vous serez obligé de vous étudier à lui plaire, de lui adoucir et faciliter, par votre complaisance, les devoirs de soumisssion et de dépendance qu'elle ?a cofl*

d'Exhortations. 7 1

tracter envers vous j vous devez enân Faimer comme ifous-mème, et avoir pour elle les mêmes méuagemens et les mêmes attentions que vous voudrez qu'elle ait pour vous. Et vous, ma chère sœur, so^ez soumise en toutes choses à votre ^poux, comme au Seigneur, comme TEglise est elle-même soumise à Jésus- Christ ^ portec-lui Fhonneur et le respect que vous devez à un chef que Dieu vous a destiné pour être votre appui et ▼otre protection. Vous devez laimer, lestimer,- l'honorer, excuser ses défauts et n'en parler à personne ^ le gagner à Jésus-Christ , par la patience et le bon exemple. Soj^ez>lui une compagne fidèle, dont la pru- . dence et le tendre attachement pour lui fassent ses délices et sa consolation - qui partage ses soins et ses peines^ en qui il puisse trouver une confidente discrète de ses pensées les plus intimes. Vous, mon cher frère, travaillez infatigablement à acquérir et conserver, par des voies justes et légitimes, les biens qui vous seront nécessaires pour supporter les charges de votre nou-* velle société^ pour sustenter et pourvoir, selon votre état, les enfans dont il plaira à Dieu de bénir votre mariage. Et vous, ma chère sœur, ménagez et écono^ misez ces biens, par une attention toujours vigilante et laborieuse, qui les fasse fructifier. S'il plaît au Seigneur d'exaucer nos prières, eu vous accordant une heureuse fécondité , souvenez— vous que vous serez obligée de lui consacrer au plutôt , par le Baptême , les enfans qui naîtront de vous, et de les préparer pour son royaume, les formant à la vertu par vos exemples et vos instructions.

Si Dieu vous donne des enfans, mon frère et ma sœur, ce ne sera que pour en faire des Saints. Nourrissez-les, instruisez-les, corrigez-les, supportez-les, ne les irritez point par une trop grande sévérité •, apprenez-Icur, aès Tâge le plus tendre , à avoir Dieu dans leur esprit tous les jours de leur vie ^ à se garder de consentir jamais à aucun péché, et de violer les pré-

^^ Formules

ceptes du Seigneur notre Dieu. N^onbliez jamais que Yos enfans seront un trésor précieux , que Dieu vous aura Goufié, et dont vous lui rendrez compte; que la piété et la bonne éducation seront le principal bien que vous serez obligés de leur laisser.

Prenez garde, aujourd'bui que vous recevez un Sacrement si saint, de ne pas vous livrer à des réjouissauces profanes , qui vous en feroient perdre le fruit et la grâce, et attireroient sur vous la colèrodu Sei«gneur, au lieu de sa bénédiction qui \ous est si né<- ^cessaire. Tout doit être saint dans une noce sainte^ et toute noce doit être sainte parmi les fidèles. Souvenezvous enfm, mon frère et ma sœur, de respecter félat conjugal, de le rendre honorable par la pureté de vos mœurs , par une conduite vraiment digue de la Religion que vous professez j et que deux clu'ctiens qui Brunissent par le mariage^sont deux personnes qui s'allient pour travailler de concert à leur sanctification , pour achever ensemble le reste de leur course, et pour arriver hecireusemeut au même terme, qui doit être le ciel.

Exhorta tjon après V administration du Sacrement

de Mariage.

JL/EMANDEz à Dieu de tout votre cœur, mon frère et ma sœur, de conserver pendant toute votre vie la grâce du Sacrement que vous venez de recevoir. N'oubliez jamais les obligations mutuelles que vous venez de contracter. Souvenez— vous que Dieu, qui vous a unis par le lien sacré du mariage , vous ordonne de vous aimer tendrement , non d'un amour naturel, sensuel et passager^ mais d'un amour véritablement chrétien, tout saint et tout pur 5 d'un amour qui persévère constamment jusqu'à la mort ; d'un amour enfin qui, vous ëloi^uaut de toute afikciion impure, vous fasse garder

d'Exhortations. 73

Tun à Tautre invioiablemeDt la fidélhé conjugale, à laquelle vous ne pourriez manquer sans commettre ua crime énorme ^ et sans violer la foi que vous venez de vous donner à la face des saints autels , et en la présence de Jésus-Christ Notre— Seigneur et notre Dieu* N'ayez tons deux, mon frcre el ma sœur, qu'un cœur et qu^une âme^ assistez- tous mutuellement dans vos besoins^ aidez- vous réciproquement, par vos bons avis et vos bons exemples, à persévérer constamment dans sou service, jusqu'à la mort. Faites que tous ceux qui dépendront de vous, le connoisseut, le servent et obéissent à ses coramaudemens. Si vous en use/ ainsi^ vous attirerez toutes sortes de bénédictions sur votre mariage^ sur vos personnes et sur votre famille j vous passerez doucement votre vie ensemble dans la pratique des vertus chrétiennes, et vous mériterez d'être un jour réunis dans réiernîté bienheureuse. CVst la grâce que je vous souhaite, el que je prie toute l'assemblée de demander à Dieu avec moi ^pendant le saict sacrifice delà messe que nous allons offrir à cette intention. Je vous exhorte dy assister avec toute la dévotion possible.

Ordre qu'ion doit suivre pour absoudre un Héré-^ tique , dans lejor extérieur , et recevoir son ab^ juration,

Xl n'est permis à aucun prêtre, même ayant pouvoir

Eour absoudre des cas réservés, d'absoudre de Thérésie, ors du tribunal de la Pénitence, sans un pouvoir spécial de Nous, ni de recevoir l'abjuration de ceux qui Tout professée publiquement.

Le prêtre à qui la commission sera adressée, examinera si celui qui se présente est suffisamment instruit delà doctrine catholique, apostolique et romaine,

74 FORKULES

et emploiera tous les moyens nécessaires poar s^assarer de la sincérité de son retour.

Si ia commission porte qu'on lui suppléera les cérémonies du Baptême, qui ont été omises lorsqu'il la lira reçu chez les hérétiques, le prêtre s^y conformera : autrement il se contentera de le réconcilier en la manière suivante.

S étant rei^êtu dun surplis et éCune étale violette^ il se rendra à la porte du chœur^ où sera le nou^ veau converti , à genoux , tenant un cierge allumé^ et accompagné de ceux qui doii^ent sentir deté^ moins.' Tous se mettront a genoux avec le prêtre , derrière lequel sera le nouveau converti. Le prêtre^ tourné vers Vautel^ commencera Vhjrmne Veni | Creator , quil chantera ou réciterez ^ et que les asshtms continueront à deux chœurs : ensuite , le prêtre se' tant levé , dira :

^.Emitte Spiritum tuum, et creabunlur :

i^^ • Et renovabis faciem terrde.

Oremus.

JLIeus , qui corda fidelium Sancti Spiriiûs illuatralioDe docuisti, da uobis, in eodem Spirîiu, recta sa père , et de ejus semper cousolatione gaudere. Per Chrislum Dominum nostrum. l^. Âmen.

Ù oraison finie ^ le prêtre se tournera vers le nouveau converti , qui demeurera toujours à genoux ; et ^s'étnnt assis et couvert^ il lui demandera s'il persévère dans le dessein défaire profession de la Religion catholique^ apostolique et romaine^ cT embrasser sa doctrine , et de renoncer à tout ce qui lui est contraire. Après quil aura répondu , // le félicitera en peu de mots sur son heureux retour } U lui représentera la grâce que Dieu lui a faite , en le tirant de ses erreurs et des ténèbres de Ihérésie^ pour le mettre dans le sein de la seule et véritable

D^EXHORTATICMÏS. 75

Eglise , hors de laquelle il ri y a point de salut : il Veachortera à pcrséi^érer constamment jusqu^à la mort dans la profession de foi quil va faire , à éi^iter soigneusement tout ce qui pourroit l'en dé^ tourner^ et à joindre à V intégrité de cette foi^ la pu^ reté des mœurs et les bonnes œuvres , au défaut des-^ quelles cette foi seroit vaine et sans mérite devant Dieu.

A cet effet , le prêtre pourra faire au nouveau converti ^ ï exhortation suivante , ou une autre à son choiœ.

Exhortation avant V Abjuration.

EMERGIEZ Dîew, moiî cher frère ( ou ma chère sœur, monsieiir ou madame), de la grâce qu'il vous fait aujoiird hui de vous appeler des léuèbrcs à son admirable lumière. Vous êtes obligé d'estimer d'autant plus cette grâce que, tandis que Thérésie vous séparoii de la société d'Israël , vous ne pouviei pas avoir l'espérance des biens promis, c'est-à-dire, qu'étant comme une brebis égarée hors de l'Eglise, qui est le bercail de Jésus-Christ , il n'y avoit ppint de salut à espérer pour vous. En effet, une des premières vérités que les apôtres ont apprise de la bouche de Notre- Seigneur^ qu'ils nous ont laissée par tradition, et dont tous les fidèles font profession dans le symbole , c'est que, de même que nous n'adorons qu'un Dieu, que nous ne reconnoissons que Jésus-Christ pour notre rédempteur, et que nous n'admettons qu'un seul Baptême , nous ne devons aussi professer qu'une seule foi, et ne re— connoitre qu'une seule Eglise, hors de laquelle il est impossible de se sauver. Cette Eglise, mon cher frère ( ou ma chère sœur, monsieur ou madame )^est la sainte Eglise catholique, apostolique et romaine^ Eglise fondée par les apôtres, dont la foi pure et sainte a été

y6 Formules

Erêch^e dans loul l'anivers^ qaf est Fanique épouse ien-aimée de Jésus-Christ ^ qui est, sur la terre, ru— nique société avec laquelle ce divin Sauveur a promis d'être tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles, et cet édifice immortel contre lequel Tenfer ne prévaudra jamais; Eglise à laquelle Jésus-Christ renvoie tous les fidèles , pour en respecter les déci- ' sk>ns , et qu^il leur ordonne d'honorer comme leur mère , s'ils veulent avoir Dieu pour leur Père ] Eglise qui! est aisé' de connoître dans la succession conti— noeile et non interrompue de ses évêques , qui sont les successeurs des apôtres \ Eglise enfin , qui est la seule oolonne et l'appui de la vérité*

C'est de cette Eglise, que l'esprit d'erreur et de schisme vous avoit malheureusement séparé, et c'est a elle que vous vous adressez aujourd'hui, pour lui demander de vous recevoir dans son sein , et de vous mettre au nombre de ses enfans. Ce changement de votre esprit et de votre cœur, est l'ouvrage du Très- Haut. Bénissez donc Dieu , et remerciez-le de la grâce inestimable qu'il vous fait en ce jour. Louez à jamais Jésus-Christ, votre libérateur, de vous avoir inspiré le généreux dessein de rompre enfin ces fatales chauies qui vous tenoiènt attaché aux faux dogmes et aux per- Hideuses maximes des hérétiques. Dites à Dieu de tout votre cœur : je crois, Seigneur, tout ce que votre Egli:$e croit .et enseigne ; je vais publiquement professer, la foi dans laquelle je proteste de vivre et de mourir; mais, comme j'ai raison d'appréhender que cette foi ne soit imparfaite en moi, je vous fais, Sei* gneur, la mcme prière que vous fil ce père dont il est parlé dans FEvangile, de vouloir, par le secours de votre grâce, m'aider dans la foiblesse de ma foi, et suppléer à ce qui lui manque. Mais faites aussi, ô mon Dieu, qti'en demeurant inébranlable dans la foi, je vive de la vie de cette foi, jusqu'à mon dernier soupir, en pratiquant exactement les règles qu'elle me prescrit.

d'Exhortations. 77

Voilà, mon cher frère ( ou ma chère sœur, monsieur ou madame), les saintes dispositions où vous devez être pour recevoir utilement l'absolution de Thé^ résie, que nous allons vous donner*

Le discours fini ^ le prêtre fera la demande suirvante au nous^eau converti.

D. Cçoyez-vous tontes les v^rît^s que TEglise catholique, apostolique et romaine enseigne, qui sont contenues dans la profession de foi dont elle se sert | et dont vous allez faire ( oi/ entendre) la lecture f

Le nouveau converti répondra.

R. Oui, monsieur, je les crois.

Le nouveau converti^ étant à genoux^ lira dune n)oix intelligible et doucement ^ ou^ s'il ne sait pas lire^ entendra lire la formule suivante de profession de la foi catholique^ apostolique et romaine. Si c'est le prêtre qui la lit , il avertira le nouveau converti dy unir ^pendant la lecture^ son esprit et son cœur.

Profession de Foi.

Je N. crois de ferme foi, et je professe, tant en g^-* néral qu^en particulier , tous les articles contenus au symbole de la foi, dont se sert la sainte Eglise romaine , savoir :

Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, qui a fait le ciel et la terre, et toutes les choses visibles et invisibles ] et en un seul Seigneur Jésus-Christ ,

■E«:i- : ^ J^ Tk: . • ^.^ ^j j.. m . *

A^icu UG VI di jL^icu , ijui u a UAS Ciu 1(111, iiiaii

coDsubstantiel an Père ) par lequel toutes

été faites j qui est descendu des cieux , pour nous

hommes, et pour notre salut, et a été incarné en pre-

78 Formules

nant chair de la vierge Marie par l'opération du Saint* Esprit, et a été fait homme; qui a été aussi crucifié pour nous, sous Ponce-Pilate^ qui a souffert et qui a été mis dans le sépulcre; qui est ressuscité le troisième jour , selon les Ecritures ; qui est monté au ciel | qui est assis à la droite du Père ; qui viendra de nouveau , plein de gloire , juger les vivans et les morts , et dont le règne n'aura point de un. Je crois au Saint- Esprit, qui est aussi Seigneur, et qui donne la vie; qui procède du Père et du Fik, et qui est adoré et glo* rifié , conjointement avec le Père et le Fils; qui a parlé par les prophètes. Je crois l'Eglise qui est une, sainte, catholique et apostolique. Je confesse qu'il y a un Baptême pour la rémission des péchés, et j'attends la ré«* surrcction des morts, et la vie du siècle à venir. Ainsi soit-il.

Je reçois et embrasse très^fermement les traditions des apôtres et de la sainte Eglise, avec toutes les autres observances et constitutions de la même Eglise.

Je reçois aussi la sainte Ecriture, selon le sens qu'a tenu et que tient TEglise, notre sainte mère, à laquelle il appartient de juger du vrai sens et de l'interprétation des Ecritures saintes ; et je ne la prendrai ni interpréterai jamais, queselon le consentement unanime des Pères.

Je professe encore qu'il y a sept Sacremens de la loi nouvelle, vraiment et proprement ainsi appelés, institués par Nolre-Seîgneur Jésus-Christ , nécessaires au salut du genre humain, quoiqu'ils ne le soient pas tous à chaque homme en particulier: savoir, le Baptême, la Confirmation, l'Eucharistie, la Pénitence, TExtrême-Onction, l'Ordre et le Mariage. Je reconnois qu'ils confèrent la grâce; et, qu'entre ces Sacremens, le Baptême, la Confirmation et l'Ordre ne peuvent se réitérer sans sacrilège.

Je reçois aussi et j'admets les cérémonies de TEglise

l>T.XllORTATI0NS. 79

cailiolique, reçues cl approuvées dans l'admiûistraliou solennelle de tous les Sacremens*

J'embrasse et je reçois tout ce qui a été défini et déclaré par le saint concile de Trente , touchant le* péché originel et la justification.

Je reconuois aussi que dans la messe on offre à Dieu un vrai sacrifice, proprement ainsi appelé, et propitiatoire pour les vi vans etpour lesmorts^ et que le corps et le sang, avec Tâme et la divinité de Notre-Sei«;;rieur Jésus-Christ, sont vraiment, réellement etrsubstaniiellement au tres-saint Sacrement de TEucharistie: et qu'il sy fait un changement de toute la substance du pain au corps, et de toute la substance du vin au sang^ lequel changement FEglise catholique appelle traussuostantiation.

Je confesse aussi que sons une seule des deux espèces , on reçoit Jésus-Christ tout entier^ et, qu'en le recevant ainsi, on reçoit un vrai Sacrement.

Je tiens fermement qu'il y a un purgatoire, et que les &mes qui y sont détenues sont soulagées par les suffrages des fidèles.

Je tiens aussi que les Saints, qui régnent avec Jésus- Christ, sont à honorer et invoquer, qu'ils offrent à Dieu leurs prières pour nous , et qu'on doit honorer leurs reliques»

Je tiens fermement que les images de Jésus-Christ et de la mère de Dieu, toujours vierge, et des autres Saints, sont à avoir et à retenir, et qu'il faut leur rendre Thonneur et la révérence qui leur est due.

Je confesse que Jésus-Christ a laissé, dans son Eglise, le pouvoir de donner des indulgences, et que l'usage en est très-salutaire au peuple chrétien.

Je reconnois que l'Eglise romaine est sainte^ catho-* lique et apostolique, et qu'elle est mère et maîtresse de toutes les Eglises.

Et je promets et jure une vraie obéissance au pape successeur de saint Pierre, prince des apôtres, et vicaire de Jésus-Christ.

8o FoRntiLEs

Je reçois aussi sans aucoD doute ^ et professe toutes lés autres choses qui dous ont été données^ définies jet déclarées par les sacrés canons et par les concila Œcuméniques , et principalement par le saint concile de Trente^ et eu même temps je condamne au^i, je rejette et j^anathémalise tout ce qui leur est contraire, et toutes les hérésies que TEglbe a condanuiées , rejetées et anathématisées.

La profession de foi i^ant été lue^ leprëirepré^ ' sentera le livre des saints Ei^angiles au notweau eoni^erti^ lequel^ mettant la main droite dessus^ 'dira ;

Je N. promet! , %'oue et jure sur ces saints Evao' gîles de Dieu, de garder et confesser irès-constammeot, jusqu'au dernier soupir de ma vie, avec Faide de Dieu, celte foi catholique pure et entière, hors laquelle per** sonne ne peut être sauvé, et dont présentement je fais profession sans aucune contrainte \ et ^ tant qa il me sera possible , je la ferai garder ^ enseigper , pré<* cher par ceux sur qui j'ai autorilé , et dont le soio m^aura été commis.

Après cela^ le prêtre se tournera vers Vautel; et s\étant mis à genoiix^ avec tous les assistons^ H récitera alternativement avec eux le psaume 5o. Miserere met, Deus , secundùm magnam , etc.

Lequel psaume et ont fini ^ le prêtre dira:

^ . K3 rie, eleison. i\! «Christe, eleison. Kjrie, eleison-

Paler noster, etc.

^ • Et ne nos inducas in tentationem.

l^^. Sed libéra nos à malo.

^ . Salvum fac servum tuum ( ou ancillam toam):

BJÎ . Dens nietis , speranlera in te.

"{["^.Nihii profiriat inimiciis in eo (ofi in eâ):

^. Et filius iniquitatis non apponat uocere eL

ia* Miite ei, Domine, auxiUum de sancto:

dTxhortations. 8l

1^ • Et de Sion tuere eum ( ou édita. )

'4[ • Domine ^ exaodî orationcm meain.

I^ • Et clamor meus ad te veniat.

i[ • Dominus vobiscum. l\f • Et cum spiritu tuo*

tlors le prêtre se lèvera et dira :

Oremus.

-/eus 9 cui proprium est misereri semperet parcert^ iscipe deprecationem nostram^ ut hune famolmn tuum uem (ou naoc famulam luam quam) haere<tis et excomlunicationis catcua constringit, miseratio tuae pietatis lementer absolvat. Per Chrisium Dominum nostrum. ^. Amen.

Sétant ensuite tourné vers le nouveau converti ,

l assis ^ toujours néanmoins découvert^ il V avertira

ue t absolution qu'il va lui donner ne lui remettra

is ses péchés ^ mais le déliera seulement de />a>-

^mmunication quHl avoit encourue par Vhérésie ou

r le schisme qui le séparoit de tjEglise* Puis il

Vlisereatur tuî omnipotens Deiis , etc.

ndulgentiam, absolutionem -{* et remissionem , etc. >ominus noster Jésus Christus te absolvat ( il se Tira ^ et tenant la main droite étendue sur le 'eau converti^ il ajoutera): et ego auctorilate î ) et beatorum apostolorum retri et Pauli , ac Ec- \ suae sanctae , mihi à reverendissimo episcopo N. tissa 9 absolvo te à vinculo excommunicationis quà ;r baeresim ligatus ( ou ligata ) eras. In nomiue f , et Filii) et Spiritûs sancti. Amen, ico te in gremium sanctae matris Ecclesiae , et sortium et commimionem totius christianitatis^ is fueras per excommunicationem et baeresimi os( ou diminata), et restituo te parlicipatioui licorum Sacrameutorum. In Qomine Patrisi" ^ et Spiritûs sancti. Amen.

ne IF. F

02 Formules

S'il j a plusieurs nouveaux convertis ^ qui/asseni ensemble leur abjuration ^ cette fomude dabsolur^ tion sera prononcée au plurieL

Le prêtre dira un mot au noui^eau fidèle , pour ranimer à la persévérance y lui parlant à peu près en la manière qui suit i

Exhortation après V Abjuration.

Vi*EST mainteoant^ mon cher frère (oEi ma chère sœur, monsieur ou madame )^ quW peut vous dire ce que Tapôtre saint Paul écrivoit aux nouveaux fidèles d'Ephcse : vous n^étes plus étranger^ mais 'ifous êtes ci' toyen de tjEglise^ et vous avez part aux gr&ces et aux privilèges des saints et des domestiques de Dieu. Jesus^Christ^ le bon pasteur, en vous éclairant des lu* mières de la foi, vous a conduit dans sa bergerie, afin, comme il Ta promis, que vous y trouviez la vie de votre âme, et que vous Vy trouviez abondamment j de sorte que , dans les sentimens de la parfaite recon- Boissance aucune grftce si singulière doit vous inspirer, vous avez lieu de dire avec le roi prophète : le Seigneur est mon pasteur^ il m*a établi dans les divins pdtu^ rages de son Eglise. Rien ne pourra me manquer j il a fait revivre mon âme ,• il nia conduit dans les sen-tiers de la justice^ f espère que sa miséricorde qui m'a prévenu , m^assistera tous les jours de ma 'vie^ afin que f habite éternellement datis la maison du Sei^ gneur. Yousy arriverez infailliblement, dans cette maison céleste, mon cher frère (ou ma chère sœur, mon* aieur oit madame ),si, vous regardant comme une bre^ bis sous la conduite de Jésus-(îhrist, vous écoutez avec docilité la voix de vos pasteurs qui vous parlent en son nom, et si vous persévérez constamment jusqu'à la tnort, dans la profession de foi que vous venez de faire^

d'Exhortations. 83

dans une observation exacie des co m man démens de Dieu et de ceux de son Eglise, et dans la pratique de la charité et de toutes les vertus chréitmnes.

Mais comme cette perséveVance est un grand don de Dieu^qui ne I^accorde qu'à ceux qui la U*i demandent par une humble prière, ne laissez passer aucun jour de votre vie sans le conjurer do voits accorder celte grâce. Nous allons la lui demander pour yotis, en même temps que nous le remercierons de celle qu'il vient de vous faire.

jiprès ce discours^ le prêtre se lèvera ^ et ^ s" étant tourné vers V autel , il entonnera le Te I)eum Jau— dainus , etc. ou il le récitera seulement avec ceuœ qui raccompagnent»

Le Te Heumjini^ le prêtre dira:

^. Benedicamus Patrem, et Filium, cum Sancto Spiritu.

Laudemns et superexaltemos eum in sascula. Domine , exaudi oralionem meam :

Et clamor meus ad te veniat.

* Domlnus vobiscum. Bj? . £t cum spiritu tuo.

Oremus.

MJ^svs^ cujus misericordias non est numerus, et bonitatis infinitus est thésaurus , pilssimae majestaii ttiae ^ pro collatb donis ^ gratias agimus , luam semper cle— mentiam exorantes; ut qui peientibus postulata con— codiS) eosdem non deserens, ad prœmia futura dis*potias. Per Ghristum Dominum nostrum. Amen.

Le prêtre qui aura reçu V abjuration^ en dressera Pacte ou. le certificat^: Suivant la Jormule qui se trow^e à la fin du. Rituel; il le signera^ le fera si-- • gner par te nouveau fidèle , s il aait écrire , et par quelqu^ua des assistons les plus considérables; et

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t enverra ensuite à notre secrétaire^ pour être mis dans le secrétariat de Cévéché , sans en délivrer par lui-même aucune expédition.

On ne doit pas abandonner le nouveau fidète après son abjuration , mais il faut le disposer soigneusement à la participation des Sacremens, principalement de celui de la Pénitence, et le lui administrer si-tôt qu^ily paroîtra sufRsamment préparé , afin de le réconcilier avec Dieu le plutôt qu^il sera possible*

Quant au Sacrement de la sainte Eucharistie, comme il demande des dispositions encore plus saintes, on ue doit le donner aux nouveaux convertis qu'après le temps d'épreuve nécessaire pour s'assurer du désir qu^ils ont de le recevoir, et de leurs dispositions^ lorsqu'^iU ont témoigné le désirer , et qu'ils l'ont demande avec instance.

Si quelque nouveau converti demandoit qu^on fit sur lui les cérémonies du Baptême, qui ont été omises lorsqu'il a reçu ce Sacrement, le curé nous en donnera avis : et, si nous jugeons i propos qu'on lui accorde sa demande, on observera ce qui est prescrit ci-devant, touchant la manière de suppléer les cérémonies qui ont été omises dans le Baptême.

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