‹ Instructions sur le rituelChapitre 1 sur 25 · L'ÉVÈQUE DE TOULON · texte numérisé non relu

L'ÉVÈQUE DE TOULON

Pour la Publication du nouveau rituel , à l'usage de son Diocèse , et des INSTRUCTIONS sur ce Rituel.

Oins-' ALBERT, par la mîsëricorde de Dieu et la grâce da saint siège npostolique ^ évéque de Toulon : aux curés , secondaires ^ prciri's employés à la conduite des âines% et antres ecclésiastiques <îc notre diocèse , Salut et BÉNÉDiCTioif.

Depuis qu'il a plii à Die« de nous appeler au gonvernement de ce diocèse ^ Mes très-cbers Frères^ nous n^avons été occupés que des moyens d'apprendre au troupeau qui nous a été confié ^ Il science du salut , et nous ne eessons point de demander a« Scijïncur les secours nécessaires pour lui préparer un peuple par^ fait. Notre premier soin a été de distribuer la saine doctrine aux eofàns , par un catéchisme proportionné à un âge tendre et à une Yixiozi 'peu formée. Nous y avons ajouté une nourriture plus solide pour les fidèles plus avancés^ et pour faciliter Tinstruclion de U jeunesse à ceux qui en sont chargés.

Aprc^ avoir satisfait à ce premier devoir^ nous avons regardé, comme le principl objet de nos soins, les règlemens qui con-^^ ctroent la discipline de ce diocèse \ Tadministration des Sacremens^

TJ-' Mandement.

là règles que l'Eglùe prescrit dans l'cïercîce Se et» reJoulaLlesfoDCtiooi; [es iiutruciions que les pasteurs doivent donner aux peuples sur cette importante matiùre; les principes que doiwut cuivre les confesseurs ^' pour décider les cas qui pourroieiit les arrêter sur les questions les plus épineuses de la morale, et pour remplir avec exactitude tous ks devoirs de leur ministère : la régularité et la bonne conduite du dergé, sont la matière du nouveau Eituel que nous vous présentons aujourd'hui.

L'Eglise n^a rien de plus précieux, rien de plus nécessaire pour le talut, que les Sacremcns institues par Jcsus-Clirist , par UsçueZs, dit lé concile de Trente, toute vraie justive ^ ou prend son commencement , ou t'augmente quand elle est commencée , ou te répare tfuand elle est perdue. Ceux qui sont établis par l'Eglise pour les administrer, ne peuvent donc exercer ce saint ministère que dans des dispositions qui en soient dignes , et avec une sainteté et lin extérieur qui apprennent aux peuples , dît un concile de Ifarbonne, eu 1609, qu'il s'agit alors de choses lontet célestes: ut ■populiis intellligat non vuigarem^ sed cœleslem rem agi, ciim Sacramenta tractantur. Les Sacremcns ajaul été institué* comme de* sources de grâces, ei des vaisseaux où Jésus-Christ a ren— ftnné les trésors de ses mérites : in quibus lantjtutm in rosis cœlaslibus, dît an ancien concile de Londres, salutis remédia continenlur , on ne peut sans impiété , ajoute le concile de Bordeaux , cil i583, leur refuser, en les administrant el en les recevant, le nipect qui leur est dû: Sacramentorum contemptus.... hotnines lacrilegosfacit : impie enim contemnitur^ sine <fuo pieias stare iton pôles t.

Les paiteurs ne peuvent donc se dispenser de parler sauvent aux fidèles de la dignité et des fruits des Sacremens. Ils doivent leur représenter que Jésus-Christ, dmt il ne peut ries venir que de trèS'parfail, lésa institués; que, lorsqu'on les administre, le Saint- Esprit se rend présent, et pénètre )c fond de notre cccur par sa vertu toute-puissante et efficace ; qu'ils renferment une vertu divine et admirable, qui guérit infailliblement les maladies de nos tod, km^ 0001 laRcerooi avec les dispoiIUoiu qu*ib detnaa-

MA5f>E!WENT. Vq

dcnc ^'!e nous '^ qnc cVst par eux que les trésors infinis de la passion de Jésus— Christ nous sont communiqués.

Les rits et Jes sacrées cérémonies que PEglfse emploie dans Pad— miniitraiion des Sacremens^ ont toujours été regardés comme uq dis objets les plus imporians de la sollicitude des évcques. La nature de Diomme étant telle, qu^il ne peut aisément etsansquel* que secours extérieur s élever à la méditation des choses divines ^ rEgllse, comme une bonne mère, a établi ces cétémonics ^ pour exciter les esprits des fidèles, p.ir ces signes sensibles de piéié et de religion^ k la contemplation des grandes choses qui sont caché^ d.)ns les divins mystères. Ces cérémonies , ainsi que celles des prières publiques i, sont de précieux liens qui unissent les fidèlet dan» la profession extérieure d^loe même foi et d'aune même Reli* gioo, et qui les édifient réciproquement^ en rendant leur culte aussi visible que la sainte société dont ils sont membres. Les sainif Pères, les docteurs et les défenseurs de TEgliÀC en ont tiré des situes invincibles contre les hcrcti({(iO!>. Ces saintes pratiques forment un corps de pré.li(ation palpable et toujours subsistante ^ pour inspirer aux peuples une haute idée des Sacrcnicns ^ pour leur faire COQ noî ire plus distinctenient, et mettre, comme devant leurs veux, les secours abondans et tout divins qu*'ils peuvent y puiser dans leurs besoins spirituels., et en inijirimer plus fortement la â.Jiitcté dans leurs esprits^ pour les exciter aux dispositions qu^iis doivent y apporter, et pour animer et soutenir dans lésâmes^ même les plus élevées, le culte en esprit et en vérité, qui fait le fond de la Ileligioni) et le caractère propre des vrais adorateurs.

Eu taut-il davantage pour fuirc sentiraux ministres du Seigneur Tohlii^ation d''éiudicr les cérémonies des Sacrenicns, avec respect et avec application Y Eu f:uii-ii d.:vantage pour faire voir aux pasteurs et aux prêlrcî, de quelle conséquence il est ., qu'ils connoissent bien ]»rs avantages que l'Eglise relire de ces rits, pour nourrir cl fomenter la piété dans le cœur de ses enfans, et qu^ils soient bîca persuadés., que lefalut des arnes dépend de l'observance des saintes régies qu^^elle prescrit pour la di2>tribution de ces trésors célestes ^ qui doivent servir à la sanctification de ceux qui les reçoiveut, et de ceux qui sont chargés de les diatribu^r î

VÎT) Mandxhbi«t.

C'tit dans ce ntênie esprit, mes trèî-chers frires ^ qne noni avoiu CTU devoir faire réimprimer le Ritael du diocèse^ afin de pouvoir j ajputer desinitructians propres à diriger, dans l'exercice de leurs fonctions^ les prêtres qui travailleront lous noire autorité, par réclaircissement des principales dilHcultés qu'ails pourfoient tronver dans raccomplissement d'un ministère si important et si redoutable.

Enrassemblant, dans cet instructions, loutcequinons a parade |dns essentiel et de plus utile sur cette matière , nous avons tâché de pourvoir aux besoin* de plusieurs confesseurs, qui, éianl hors d'état d'acheter tous les livres nécessaires poar l'étude des cas de ConscîcnA , et ne pouvant pis toujours consulter ceux qui les ai— deroteiii à danner des décisions sages, ignorent souvent que) parti ils doivent prendre.

Le désir d'établir dans ce diocèse une entière uniformité de docirinesur des matières aussi imporlaoïes, aouia encore déterminés . BU Iftiig détail dans lequel nous sommes entrés. Il tu d'une grande conséquence pour le bien des ïmes , que ceux qui les conduisent , partent tous le m^nte langage, en suivant tes même* règles, et que les uns ne déiruisent pas ce que les autres auront édifié ; ro^is que lous vivant dans une parfaite unité de sentiment et ifajfection ^ glorifient d'un même cœur le Dieu et le Père de Notre-Seignnir Jésus-Chriit, tlhoROieni d'une même bouche le maître unique qui nousa instruits, saoi sVcarler de sa doctrine. Jésus-Christ ne peut être divisé. Je'sus-Christ le Fils de Dieu que nous prêchons^ ne se contrarie point par le oui et par le non. Comme nom n'avons tons qu'un même médiateur, an même Seigneur, une mi'mi'./'ii^un même Baptême, un même Dieu et un Père de lous , une seule espérance à laijuelle nous sommes lous appelés , noua DR devons aussi avoir qii^une même règle de« mœurs.

Plutsc à 1.1 divine miséricorde , éloigner ï jamais de ce diocèse , ces inventeurs de r'isions et de songes , qui écartent les âmes de la voie rjiie le Seigneur notre Dieu nous a prescrite ; ces hommes ifai se séparent eux-mêmes, et qui, étant tout sensuels, n'ont poitte f Esprit de Dieu ,■ ces hypocrites qui ferment It royaume du ciet

Maktdkment. ix

mur honunes; ces faax prophètes^ ces faux docteurs ^ qui ne ira- Taillent qua (aire, déchoir les fidèles de la fermeté de leur foi ^ qui font des schismes^ et qui jettent des semences if erreur con^ traires à la doctrine que l'Eglise nous a apprise; qui n^annoncenC qaedes doctrines étrangères^ et qui varient^ qui vivent et veulent coorfnire les antres sans aucune règle; qui détournent^ pour leur propre ruine ^ les saintes maximes de TEvangile à un mauf^ais sens; qni n^agîssent que par caprice et par fautai âe^ mé^ prisant tautorité légitime^ et n^en reconnoissant aucune qui ait droit de les soumettre; qui ne veulent enfin étudier VEvangiU dt Jésus-Oirist , que pour le renverser ^ en raccommodant aux intérêts, aux passions et aux plabirs des pécheurs.

£n vous adressant ces instructions^ mes très-chers frères^ BOUS ne vous présentons rien de nous. Elles ne sont qu^un recueil fidèle des textes les plus précieux et les plus intéressans de PEcri* ture, des Pères et des docteurs de TEglise ^ de la doctrine des Rituels et des conférences de plusieurs diocèses , et de ce qui nous a paru plus nécessaire pour vous dans les ouvrages d^auteurs dont nous nous approprions les sentimens^ parce qu^ils euscignent une doctrine saine et orthodoxe. Tout ce qui est vrai^ dit saint Augustin , est le bien commun de tous ceux qui aiment la vérité, Nous avons encore profité des réflexions et des conseils de plusieurs personnes dont nous connois-$ons la piété, les lumières et la sagesse^ pour corriger les fautes que nous avions ajoutées à cette compilation. £n un mot , persuadés que nous ne sommes parmi vous ^ et au peuple auquel le Seigneur nous a envoyés, qoe pour rendre le'moignage à la lumière^ nousn^avons rien oublié de tout ce qui a dépendu de nous« pour pouvoir espérer que, par ces instructions ^ notis travaillerons avec vous à Tavancement de la vérité: utcoO'^ peratores simus vcritatis.

IVous avons cru ne pouvoir finir cet ouvrage^ sans y ajouter quelques réflexions sur les devoirs des ecclésiastiques dnns leurs difiéreos emplois. lU sont la portion la plus précieuse de notre troupeau , dont ils doivent être la lumière et le modèle : documenta virtutum et forma^ dit saint Prosper. Pouvioris^nous nous dis— . ptBKr de leur rappeler leurs obligatioi^, dans des instructions

X Mandement.

uniquement destinées à vous faire connottre vos plus essenlieli devoirs., et k vous marquer les mojrens de vous en acquitter dl-» gnement ?

Lisez donc atteutivement cet ouvrage , mes trks-chers frères; remplissez- vous Tcsprit des règles qui j sont prescrites; étudiezles tous les jours; sojrez-«en continuellement occupés. Si nous devons attendre de vous quelque consolation en Jésus-^ Christ ; pi Vous devez nous procurer /lir votre charité^ quelque soulagement dans nos sollicitudes et nos peines ; s^il y a quelque union spirituelle entre nous; s^il y a dans vos cœurs quelque tendresse et quelque compassion pour moi^ rendez ma joie pleine et entière^ trayant tous qu\m même sentiment et i^e même charité^ un même esprit et les mêmes maximes, Refaisons rien par un esprit de dispute^ ni par un motif de vaine gloire. Que chojcun cour sidère plutôt les intérêts de ceux dont il sera le guide | que les siens propres. Car vous devez entrer intérieurement dans les mêmes sentimens qui ont été en Jésus- Christ. Que l'exemple de son humilité et de son obéissance vous encourage à obéir e,n toutes choses ^ sans murmurer et sans hésiter ^ aux relies de PEglise ; afn qu'ail njr ait rien à reprendre en vous^ et que vous soyez comme de vrais et fidèles dispensateurs des mystères de Dieu , simples et sans tache au milieu des hommes dépr*avés et corrompus ^ parmi lesquels vous devez briller comme les astres dans le monde. Conservez en vous la parole de vie ^ pour Tan— noncer toujours avec un nouveau zèle aux pécheurs^ et afin que nous ayons la gloire^ au jour de Jés^s- Christ,, de n^avoir point couru ni travaillé en vain^ eo vous donnant les avb qui vous ctoient nécessaires.

£fe vous rebutez point , à cause des peines dW ministère où il j a beaucoup à soullVir. Ne soyez occupés que de la guérisoo et du .salut des pccjieurs. Faitcs-^eui'bieu comprendre que, pour clic véritablement disciple de Jésus- CJirist ,, il faut demeurer ferme dans sa parole , et persévérer dans la pratique de sa doctrine ; parce que Pécolc de notre Sauvcu m'est pas seulement une école de sentiment ^ mais encore de conduite et de vie. Dites -leur ^ çl n^oubUez rien^pour les çn convaincre , quç. s'ils veulgat connoiAvf

Makdemekt. X)

it plus en plus ta vérité de netre sainte Religion, dont ils doivent ê^re persaadés,il faut qu^ils soieot fidèles à en observer les préceptes; parce que cette pratique conduit k P intelligence des mys* tères • et que plus on fait^ et plus on en cennott. Ajoutez , poUf leor parfaite consolation, que la vérité les rendra libres^ en lei délivrant de la servitude do péché et du démon. Eufin ^ mes irès'chers frères , nous ne cesserons point de vous dire avec saint Augustin i si amatis Deum^ rapite omnes ad amorem Dei, Rapiic quos potestis ^ horiando ^ portando ^ disputando , rogando^ ra-^ tionem reddendo , cum mansuetudine ^ cum lenîtate.

Quelle récompense ne devons-nous pas attendre des instructions" salutaires qui se font en vue de Dieu? Ceux qui instruisetU^ et ceux qui sont instruits^ en recueillent également les fruiiSi Oest pourquoi nous nous hâtons de vous envoyer ces instructionâ pastorales ^ persuadés que les ministres qui servent sous notre autorité^ répondront à notre vigilance et à notre zèle^ et qu ainsi nous pouvons espérer de plaire à Dieu^ non- seulement par nos œuvres , mais encore par les œuvres de ceux avec lesquels nous partageons l'honneur du sacerdoce ( Sanct» Léon, Epist, ad Me-^ trop* lUjrric, ).

Mais^ si vous r^ édifiez la maison^ Seigneur^ en vain ceux qui la bâtissent jr emploieront leur travail^ le succès ne dépend pas de leurs soins. Si vous ne gardez la viUe^ Dieu tout-puissant^ celui qui la garde veille inutilement. Les richesses et la gloire sont à vous. Rien n^a de grandeur et de force , qu'' autant que vous lui en prêtez. Qui suis-je moi serviteur inutile et infidèle^ le moindre de vos ministres et indigne d'en porter le nom,, pour oser vous offrir tout ce que demandent les besoios des brebis que vons m''avez ordonné de paître? Tout est à vous^el en vous présentant tout ce que f ai amassé ^ams un ouvrage qui n''a été entrepris que pour la gloire de votre saint nom ^ je ne fais que vous rendre ce que pai reçu de votre main.

Père saint ^ gardez'-moi en votre nom^ afin que je conduise votre peuple avec justice^ avec une main sage et intelligente; que je ne lui cache jamais rien de tout ce qui pourra lui être utile; que f accomplisse Pceuvre que vous m'ayez donnée à faire , et le

xij Mandement.

ministère que j'ai reçti du Seignèar Jésus. Gardez en votre nom ceux (fixe voDi m'euverrez pour servir avec mai dans Vœuvre de rE'angile ; afin qu'ils ne rougissent jamais du témoignage qa'ilt doivent rendre à Jésus-Christ ^ et qtiiU prennent part aux travaux évangeliquet ^ selon la force civils en recevront de voits. Doitoet-nouf cet esprit d'unité , que Jétiti-Cbrîst voire Fils vous demanda pour set apAtrei la Teille de «a passion. Dunoei h ce dîocéie des onvrien brùlans de zèle et d^amour, remplis de sagesse^ pleins de foi et du Saint-Esprit, dépouillé* do (out ioiérét particulier; qui ne creîgDeDt aucun danger, quand il s^agit da TOUS obéir; qui se fient pleinement en votre puissance ; qui ne te Ibndent qne sur votre grâce , et qui ne se croient «ivoyês que pour votre gloire. Faites des saints de tous, 6 mon Dieu, aGu qu'ils travaillent plus efGcacemeutà la sanctification de ce peuple, ^anctifez-noat lom dans la vérité; communiquez -no us la véritable sainteté, affermissez -nous dans la fui que nous avons en votre parole, qui tsi la vérité même, en nous donnant la grâce de garder en tout une conduite qui soit le modèle de cenx qne nous instruirons , une censure conlinurDe drs vices qne nous combattrons, un miroir des vertus que nous prêcherons, une prenve de la doc— trine que nous enseignerons ; et puisque, par un effet de votre miséricorde vous nous tvezséparés et choisis poutjaire connaître votre nom blus hommes, cl pour leur apprendre à marcher dans la voie de la vérité, rendez-nous^ par Tonctton intérieure de votre gilice, dignes d'un si saint ministère et d^une si anguite qualité.

Donné i, Toulon, dans notre palais épiscopal, ce tS novembre

f A. Eréque de Toulon.

Pur Monseigneur.

BiiLOH, Prêtre

IINSTRUCTIONS

SUR LE RITUFX.

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