Instruments agricoles, labours, semailles, fenaison, moisson;
La pratique agricole sera toujours entravée dans sa marche vers le progrès , tant que la connaissance et l'usage des meilleurs instruments aratoires n'auront pas été vulgarisés parmi les populations rurales; il faut aussi que l'ouvrier agricole comprenne bien le mécanisme et l'emploi des machines et appareils à l'usage de l'agriculture progressive, afm qu'il puisse en seconder les larges apphcations dans les grandes exploitations rurales, 11 importe au même degré qu'il soit pénétré des vrais principes qui doivent présider aux grands travaux des labours, delà fenaison, delà moisson, travaux que lui seul peut exécuter, et dont le plus ou moins de perfection fait la ruine ou la prospérité de l'agriculture.
C'est pour offrir aux classes laborieuses de la population des campagnes des lumières à leur portée sur ces trois points importants que cet ou-
vrage lui est offert, sous la forme et dans les conditions qui le rendent le plus apte à atteindre complètement son but.
On ne croit pas que ce qu'on nomme l'esprit de routine du paysan, son attachement aux vieux usages et aux vieux instruments aratoires, doivent être blâmés trop sévèrement et d'une manière trop absolue. Le cultivateur peu éclairé a ses obligations à remplir, il faut qu'il joigne les deux bouts, en faisant vivre sa famille ; il ne peut donc rien donner au hasard; à son point de vue, les meilleurs usages agricoles, les meilleurs instruments aratoires sont ceux qu'il connaît , dont il sait tirer parti, et qui le mènent bon an mal an, à un résuUat qui assure sa subsistance et celle de la société ; il n'en est plus à douter qu'on ne puisse faire mieux qu'il ne fait ; mais, ce mieux, il ne le connaît pas, et il s'en défie : il faut le lui faire connaître.
Le fils du cultivateur qui, dès qu'il saura lire, aura entre les mains un livre comme celui-ci, court, concis, correct, ne lui disant que ce qu'il peut comprendre sans effort, lui mettant sous les yeux les figures exactes des meilleurs outils de sa profession, avec l'exposé lucide de leurs avantages: celui-là , devenu homme et laboureur, ne voudra plus ni des pratiques surannées, ni des instruments
défectueux; loin d'enrayer le progrès il s'empressera de le hâter de tous ses efforts.
C'est en effet à la jeune génération qui sait et qui veut lire, qui se jette avec avidité sur tous les livres à sa portée traitant de sa profession , qu'il faut s'adresser aujourd'hui; car c'est sur elle que repose tout l'avenir de notre agriculture. Ce sont les jeunes cultivateurs qui, éclairés par la lecture des ouvrages agricoles adaptés à leurs vrais besoins intellectuels, rejetteront au rang des souvenirs le vieil arriau gaulois, la faucille deCérès, tous les outils , toutes les coutumes agricoles qui ont fait leur temps ; ce sont eux qui , dans les pays de grande culture, loin de traiter en ennemies les machines à faucher, à moissonner, à battre les grains voudront apprendre à les diriger, à les réparer au besoin, à seconder les vues généreuses du Gouvernement et des grands propriétaires agriculteurs, qui, s'ils comprennent l'utilité des machines agricoles les plus perfectionnées , ne comprennent pas moins la nécessité d'être entourés d'ouvriers dévoués et intelligents. Ce volume a pour but essentiel de développer chez les jeunes cultivateurs le désir de savoir, de faire de ce désir un besoin , et de le satisfaire.