ROULEAUX
Les rouleaux à l'usage de l'agriculture sont simples ou articulés. Le rouleau simple est le plus usité ; c'est un cylindre de bois plein, encadré dans un châssis, et tournant hbrement sur un axe en fer. La longueur et le diamètre du cylindre peuvent varier selon la nature du terrain
Fig. 3. — Rouleau articulé.
sur lequel il doit fonctionner. En généra) , les rouleaux courts en proportion de leur diamètre produisent plus d'ef-
fet utile que les rouleaux minces et très- longs. On substitue aux rouleaux de bois des rouleaux en fonte de fer creux, qu'on remplit à volonté de pierres pour les rendre plus pesants, ou des rouleaux de pierre dure, pour comprimer fortement les terrains trop légers.
Les rouleaux articulés sont composés de plusieurs rouleaux courts, assemblés Fun au bout de l'autre, de façon \\ suivre les plis d'un terrain qui n'est pas exactement uni et nivelé. La figure 3 représente un de ces rouleaux composé de quatre pièces réunies. L'un des principaux avantages du rouleau articulé sur le rouleau d'une seule pièce c'est celui de tourner à chaque bout du champ, sans peser inégalement sur le sol , et sans former un amas de terre qui dérange la symétrie de la surface, inconvénient qui se produit inévitablement avec les rouleaux simples, surtout quand ils sont trop longs.
Quand les terres argileuses très-compactes ont été labourées alors qu'elles étaient trop humides, il arrive assez souvent que le résultat du labour est un champ hérissé de grosses mottes dures, qui résistent à l'action de la herse, et sur lesquelles le rouleau simple ou articulé est presque sans effet. On a recours dans ce cas au rouleau-squelette [fig. 4); ce rouleau est composé de disques tranchants, en fonte de fer, assemblés sur un arbre également de fonte. L'instrument est encadré dans uu châssis de bois muni d'un brancard, pour atteler le cheval qui doit le faire fonctionner. La coupe jointe à la figure 4 montre la manière dont les disques du rouleau-squelette sont fixés sur l'arbre. Les mottes les plus dures ne résistent pas à l'action de ce puissant rouleau.
On rappelle, parce qu'il a été vanté outre mesure, le rou-
leaii à disques hérisses de dents, connu sous le nom de rouleau Croskill. Cet instrument très-cher , si lourd qu'il faut trois chevaux de première force pour le faire fonctionner, n'est utile que dans les terrains d'une dureté exceptionnelle , dont les mottes ne peuvent être suffisamment brisées par le rouleau-squelette. Il est bon de faire obser-
Fig. 4. — Rouleau squelette.
ver que ces terrains eux-mêmes ne durcissent outre mesure et n'ont besoin d'être ameublis par le rouleau-squelette que quand ils ont été imprudemment labourés alors qu'ils étaient pénétrés d'un excès d'humidité: le laboureur attentif n'est jamais exposé, même quand il cultive les terres les plus compactes , à avoir besoin de recourir au rouleau Croskill, aussi connu sous le nom très-impropre
de herse de Norwége , bien qu'il n'ait rien de commun avec une véritable herse. Ce rouleau n'est presque point utile dans l'agriculture française.