COUPE-RACINES
Il est très-avantageux de couper les racines en tranches ou lanières minces avant de les donner au bétail. On peut facilement mêler par ce moyen les racines coupées et les fourrages secs hachés, et ce mélange nourrit mieux les bestiaux que ne le feraient les mêmes aliments distribués entiers et séparés. Parmi les nombreux modèles de couperacines dont dispose l'agriculture, les plus simples, moins sujets que les autres à se détraquer, sont les plus commodes et les meilleurs. Le coupe-racine champenois se recommande spécialement par sa simpUcité; il n'y en a pas qui soit moins compliqué. La caisse est établie solidement sur un bâtis en bois à trois pieds reliés entre eux par des traverses, pour leur donner plus de fixité. Le fond de la caisse est formé par une planche munie d'une poignée. Le couteau qui doit couper les racines est fixé un peu au-dessus de la fente longitudinale de la planche, de telle sorte qu'en imprimant à la planche un mouvement de va-et-vient, les racines renfermées dans la
caisse arrivent toutes siiccesivement sous le couteau, qui les débite en minces lanières ; elles sont reçues dans un panier placé sous la caisse; elles y tombent à chaque mouvement de la planche, à mesure qu'elles sont débitées. Cet instrument, inventé par M. Paul , de Vitry-le-François (Marne), est aussi peu coûteux qu'il est simple; son prix n'est que de 42 francs.
Pour les exploitations où il y a beaucoup de bétail à nourrir, on adopte généralement les coupe-racines qui fonctionnent à l'aide d'un disque de fonte armé de plusieurs lames de couteau, qui passent et repassent quand on tourne la manivelle du disque devant l'ouverture de la trémie remplie de racines à couper. La figure 9 représente le coupe-ra-
Fig. 9. — Coupe-racines à cylindre.
cines à cylindre, l'un des plus usités dans l'agricultiux^ française. Ce coupe-racine, servi par deux ouvriers, dont
l'un tourne la manivelle et l'autre reni}3lit la trémie de racines à mesure qu'elle se vide, peut débiter en une heure 800 à 900 kilogrammes de racines, en tranclies de 5 millimètres d'épaisseur.
CONCASSEURS.
Quelques-unes des graines qui font partie de la ration des bestiaux leur sont plus profitables lorsqu'au lieu de les leur donner entières, on les concasse avant de les leur distribuer. On se sert, à cet effet, de concasseurs, particulièrement propres à broyer grossièrement les féveroles ou fèves à cheval, qui deviennent excessivement dures par la déssiccation.
Ces instruments sont tous essentiellement composés d'un cylindre cannelé tournant sur son axe au moyen d'une manivelle et d'un volant; près du cylindre cannelé, dans la boite du concasseur, une plaque de fer couverte d'aspérités est assujettie dans une position inclinée; les féveroles tombant de la trémie dans la boîte ne peuvent passer qu'entre le cylindre et la plaque ; elles y sont divisées en fragments plus ou moins gros , selon la largeur de l'espace ménage entre la plaque et le cylindre cannelé. Les fragments tombent par le fond ouvert de la boîte.