‹ Instruments et musiciens;Chapitre 2 sur 28 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

Gluck et Chopin, Massenet et Saint-Saëns, la bamboula, le Faust de Gounod et sa mmionfiette, les chants populaires , les orgues ambulants, le tambourin, même les cloches. Musique qui danse et musique qui rêve, toutes me parlent, me donnent une sensation. La mélopée wagnérienne me prend, me roule, m'hypnotise comme la mer, et les coups d'archet en zigzag des tziganes m'ont empêché, de voir l'Exposition. Chaque fois que ces damnés violons m'accrochaient au passage, impossible d'aller plus loin. Il fallait rester là jusqu'au soir devant un verre de vin de Hongrie, la gorge serrée, les yeux fous, tout le corps secoué au battement nerveux du tympanon.

Ce musicien tombant dans mon île m'acheva. Il s'appelait Léon Pillant. De l'esprit, des idées., une jolie cervelle; nous nous convînmes tout de suite. Revenus à peu près des mêmes choses, nos paradoxes faisaient cause commune. Dès ce jour, mon île fut à lui autant qu'à moi; et comme son bateau, une norvégienne sans quille, roulait affreusement, il prit l'habitude de venir causer musique sur le mien. Son livre lui fredonnait déjà dans la tête, et il me le racontait. Nous l'avons vécu ensemble, ce livre.

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