LS
EN
pour l’océanographe que du carbonate de chaux, on recueille les petites coquilles contenues et qui sont susceptibles de rendre service aux naturalistes et de les aider
dans leurs travaux.
Les sédiments marins sont classés de la façon suivante :
Roches.
Pierres — fragments anguleux pesant plus de 5 g. Galets — fragments arrondis pesant plus de 5 g.
gros, arrêté par tamis n° 3, diam. moyen des grains. 14.16 mm Gravier.. | MOVEN TPE LE EN DE PTOERER 6.55 (DR ETS RURALE ALGER AE Re NE RES 3.85 DOS LAMPE RER Ar 304 LS ROC OS RRrER 1.50 , MOYEN PPT 60 252 RE 0.61 SANIe NS FARM Er 100: 11 MUNIE 0.34 irésEtn pres ae 200655 LATE PRISE 0.13 { fins-fins ayant franchi 200 inférieur à 0.04 VASE RER calcaire. à
N à { argile Fe
Un échantillon est dénommé d’après la proportion rela-
tive de sable et de vase qu'il contient.
Sables seen Vase : moins de 5 ‘ Sable : plus de 95 Sable vaseux ...... ua DS 95 à 75 Vase très sableuse.. 25 à 50 75 à 50 Vase sableuse ..... 50 à 90 50 à 10 Vase proprement dite plus de 90 moins de 10
Ces diverses natures de sédiments sont indiquées sur les cartes par les couleurs et signes conventionnels sui-
vants (1) :
ROCRE 7 PERLES Teinte plate bleu de Prusse.
Pierres te SAUNA Triangles pleins rouge carmin.
CRAJBISE Do De RTE Cercles rouge carmin.
CTAVIER. A. ECRREE Gros ou petits points rouge carmin.
SADIE RES EC Teinte plate rouge carmin.
Sable vaseux....... Rouge un peu jaune : teinte de terre de Sienne brülée.
(4) 3. Thoulet, Atlas lithologique des côtes de France, 22 feuilles grand-
aigle. A. Challamel, Paris.
sois
LITHOLOGIE. 67
Vase très sableuse... Jaune rouge : teinte de terre de Sienne naturelle. Vase sableuse . ..... Jaune un peu rouge : teinte d’ocre jaune. Vase proprementdite. Jaune gomme gutte.
Coquilles entières ... Croix bleu clair (cendre bleue).
— brisées.... Bâtonnets irréguliers (cendre bleue).
— moulues .. Points fins (cendre bleue).
Madrépores, maërl... Points verts. MEUNIER EE re Traits courts horizontaux verts.
Les vases étant de beaucoup les sédiments les plus communs du lit océanique dont elles occupent plus de 9/10 de la superficie, on a établi entre elles une classification secondaire portant sur un caractère spécial, la proportion de calcaire, d’où résulte une foule de conséquences et de considérations d’ordre à la fois théorique et pratique. Le dosage du carbonate de chaux s'effectue avec beaucoup de rapidité et de précision.
Au point de vue de la teneur en calcaire, un fond est dit :
I. Faiblement calcaire quand il renferme au plus 5 °/, de caleaire.
IT. Médiocrement calcaire............ de 5à 925 0% — MARIA RQ PR Lans de 25 à 50 — MABTÉCAIEdITES VE 2 nues ui de 50 à 75 — V. Extrêmement calcaire............ plus de 75 —
Les cartes par aires isocalcaires se teintent en couleur sépia d'autant plus foncée que la teneur en carbonate de chaux est plus considérable.
0) INSTRUMENTS COLLECTEURS DE FONDS. — Un échantillon destiné à l’analyse, afin de permettre de garantir les conclusions si importantes, tant pour l’océanographie actuelle que pour l’océanographie du passé qui est la géologie, auxquelles on est amené par les détails souvent en apparence les moins frappants de sa constitution, doit être absolument complet, tel que s’il avait été ramassé avec la main, en une seule poignée, sur le sol. C’est pourquoi tout échantillon récolté au suif, souillé, délavé, incomplet, doit être impitoyablement rejeté. À peine conviendrait-il dans
68 OCÉANOGRAPHIE PRATIQUE.
un examen préparatoire rapide du terrain pour fournir une notion vague de la nature du sol et jamais il ne méritera le temps et la peine d’une analyse, mème la plus sommaire.
Ramasseur. — L'instrument (#g. 16), excellent pour recueillir aussi bien la vase que le sable, a été imaginé par l'ingénieur Léger, de Monaco. Il se compose de deux lourdes écopes en bronze, placées à l’extrémité d’une tige de 45 cm et qui sont maintenues écartées au moyen d’un loquet. En touchant le fond, le loquet est soulevé, retombe en laissant libres les deux écopes qui se referment brusquement à cause de leur poids et emprisonnent ainsi une certaine quantité de matière. Même dans le cas le plus défavorable, si on suppose que l’interposition d’un caillou entre les deux mâchoires les empêche de se refermer complètement, la concavité de chaque écope retient encore, malgré le délavage pendant
ls la montée, une quantité de
sédiment assez considérable
pour être recueillie et analysée. L'’instrument est assez
pesant (7.5 kg); si néanmoins on le juge insuffisamment
lourd pour entraîner la ligne de sonde, on enfile sur sa
tige un, deux ou trois poids en fonte ou en plomb cylin-
driques, supportés en équilibre par la petite rondelle placée à la base de la tige.
Tube Buchanan. — Le tube Buchanan (fig. 17), sert pour
LITHOLOGIE. 69
la vase dans laquelle il découpe comme à l’emporte-pièce un cylindre ou boudin qui offre l'avantage de présenter, Sur une épaisseur qui peut atteindre avec certains instruments spécialement confectionnés dans ce but et très lourdement chargés, jusqu’à 60 ou 75 cm, une coupe verticale du sol sous-marin. C’est ainsi, par exemple, que l’on reconnaît la présence dans les vases profondes de ces couches plus ou moins épaisses de sable fin qui démontrent l’existence de vagues sous-marines, de tremblements de mer, et permettent même, par ia dimension et la nature des grains d’en évaluer la vitesse et la direction. Le ramasseur ne rapporte que des échantillons brouillés. En revanche, le tube Buchanan tombant sur des fonds purement sableux, c’est-à-dire incapables de résister par leur agglutination au délavage de la montée, revient toujours vide. L'opérateur aura donc à choisir, selon la nature du sol, l'instrument le plus convenable à la récolte.
Le tube Buchanan qui pèse 6 kg se compose d’abord d’une bouteille à recueillir l’eau, cylindre en bronze de 55 mm de diamètre intérieur et long de 50 cm fermé en haut et en bas par une soupape qui, à la descente, laisse passer d’une façon continue l’eau de bout en bout, mais qui, l'appareil étant immobilisé par le contact avec le fond ou simplement par arrêt de descente, retombe sur son siège et emprisonne ainsi environ 1 litre d’eau provenant exactement de la couche au sein de laquelle à eu lieu l’immobilisation.
A la partie inférieure de la bouteille est vissé un tube de laiton de 25 mm de diamètre sur une longueur de 50 cm.
Fig.17.
EL A ne 27
70 OCÉANOGRAPHIE PRATIQUE.
L'instrument d’une longueur totale de 135 cm, muni d’un déclancheur Brooke, supportant une série de poids cylindriques en fonte destinés à être perdus sur le fond ou à être à volonté conservés — et dans ce cas il suffit de condamner le déclic en passant une cordelette de retenue dans un trou pratiqué dans le crochet supérieur — tombe sur le sol avec une grande vitesse; le tube s’y enfonce, découpe un boudin de vase de sorte qu'après lavoir remonté on possède à la fois un échantillon d’eau et un échantillon de sol. On dévisse le tube, on recueille l’eau de la bouteille en soulevant la soupape inférieure avec le
doigt, on chasse avec un
mandrin en bois le boudin En D | hors du tube sur une DURE fuine de papier puvard étendue sur un morceau de calicot. On marque immédiatement d'une manière indélébile en les gravant dans la matière molle, avec la pointe d’un crayon, les lettres H et B indiquant le haut et le bas du boudin; on laisse celui-ci se sécher pendant un certain temps, on inscrit sur l'enveloppe de papier à filtre le numéro de la station et la profondeur, on l'enroule autour du boudin aimsi que le calicot et on dépose dans une boîte en zinc (#g. 18) qui permet de le conserver sans risquer qu’il se brise.
Tube Buchanan simplifié. — 11 m'a semblé que l’on n'avait pas toujours besoin d’un échantillon d’eau en même temps que d’un échantillon de fond; que d’ailleurs si l’on désirait un échantillon d’eau, rien n’empêchait, en donnant le coup de sonde, d'envoyer une bouteille et qu’il était par conséquent possible de simplifier et de diminuer sensiblement le prix de revient assez élevé de l'appareil Buchanän.
Un tube de même diamètre que celui de Buchanan
Mid * 2 pe 4
plomb à sa partie inférieure plus étroite. À la
LITHOLOGIE. 71
(fig. 19) et long de 35 cm est simplement vissé sur un déclancheur Brooke réduit à sa plus simple expression, c'est-à-dire à un crochet trébuchant auquel est accroché le fil métallique soutenant les poids surcharge qui sont destinés à être abandonnés sur le fond. Si on veut les conserver, ce qui à lieu le plus souvent, on se borne à les retenir par une forte ficelle passée et arrêtée dans le trou percé dans le déclancheur. L’instrument qui ne pèse que 700 g fonctionne absolument comme celui de Buchanan.
Travaillant avec ce tube dans le lac de Gérardmer dont le fond est formé par une vase uniquement composée de diatomées et sans la moindre consistance, l'instrument est revenu vide, son contenu ayant été délavé pendant la remontée. Il est facile de remédier à cet inconvénient en introduisant dans l'intérieur de la tête à déclanchement soutenant le tube et au sommet même de celui-ci un obturateur en bois lécèrement tronconique lesté d’une lame de
Fig. 19.
descente et au moment du choc, elle est sou-
levée et n’oppose aucun obstacle à l'entrée du sédiment, mais aussitôt après elle retombe et empêche l’entrée par le haut du tube pendant la remontée, de l’eau qui ne manquerait pas de désagréger et d'entraîner une vase très peu cohérente.
Drague. — La drague la plus simple et la moins coûteuse est celle qui sert aux ramasseurs de goémon aux environs de Brest (#g. 20) et que n'importe quel forgeron de village est capable de construire. On l’emploie toutes les fois qu’on veut récolter une grande quantité de fond ou bien que le fond est semé de pierres et de galets trop
volumineux pour être ramassés par le ramasseur, ou enfin
72 OCÉANOGRAPHIE PRATIQUE.
lorsqu'un naturaliste profite du travail de l’océanographe pour se procurer des animaux vivant sur le fond.
La drague a une ouverture de 30 X 10 em et pèse 8 kg; elle sert d'entrée à un sac en forte toile à voile dont l'orifice est solidement ficelé sur l’armature en fer forgé dans des trous pratiqués à cet effet; son fond ouvert est fermé par une corde pendant le traînage. On amarre à la suite du sac avec une courte corde une petite gueuse de fonte et on en attache une autre à une distance de 5 ou 6 m en avant de la drague sur le câble de trainage. On descend sur le sol, on traine lentement sur le moindre espace possible afin de ne pas trop mêler les fonds qui pourraient avoir varié de nature si l'on avait effectué un long parcours. On relève; quand la drague est sortie de l’eau, on la maintient suspendue, on détache les gueuses, on amène le sac au-dessus d’un récipient quelconque, on détache la corde qui ferme le fond, celui-ci s’ouvre et laisse le chargement se déverser. On recueille l'échantillon destiné à l'analyse dans le centre de la masse afin qu'il soit aussi peu remanié que possible. Les animaux sont ramassés à la main avec ou sans tamisage.
c) CONSERVATION DES ÉCHANTILLONS. — Les échantillons en boudins, enveloppés dans leur feuille de papier à filtre puis dans leur morceau de calicot lavé, sont déposés,
LITHOLOGIE. 13
entourés d'étoupe où ils achèvent de se dessécher, dans une boîte parallélipipédique en zinc (/#g. 18) fabriquée de la manière la plus simple et dont le couvercle est maintenu avec une ficelle. On a enfermé avec l’échantillon une fiche en papier renseignant sur sa provenance et portant les observations auxquelles il aura pu donner lieu au moment de sa récolte. La boîte est en outre munie d’une étiquette en papier collée où est répété le numéro de la station. On ne saurait trop multiplier les précautions pour être certain de l'identification de documents aussi précieux car ils ont été fort pénibles à récolter et le moindre doute à leur égard leur enlève toute valeur et fait qu’ils ne sont plus bons qu’à jeter.
Le mode de conservation dans des boîtes est bien préférable à celui dans des tubes de verre où on les gardait autrefois. Elles sont d’abord un peu moins coûteuses et beaucoup moins fragiles et elles offrent ce précieux avantage que le boudin devenu très fragile quand il est complètement sec peut, avec de simples précautions, être sorti de son étui et de ses enveloppes, examiné à loisir; on en détache des échantillons pour l’analyse et on le replace ensuite sans qu'il courre aucun risque de se briser. Le fait a beaucoup d'importance surtout lorsque le boudin est hétérogène et quand 1il contient des bandes sableuses.
Lorsque l’échantillon est brouillé, ce qui est le cas s’il a été récolté avec le ramasseur ou avec la drague, on le sèche le plus possible en l’étalant à l’air dans des assiettes qu’on à avantage, si l'on est à bord d’un grand bâtiment, à passer à l’étuve ou à déposer au chaud dans la machine, puis on les conserve dans des sacs en calicot accompagnés d'une étiquette volante sur papier, le sac lui-même portant une étiquette en parchemin enfilée dans la ficelle qui sert à le fermer.
Une fois dans le laboratoire, les échantillons sont versés dans des flacons en verre à large ouverture, ce qui permet
de les voir, condition indispensable au moment de la confection de la carte lithologique.
Il peut être nécessaire de conserver des échantillons mouillés afin de servir de types faciles à comparer à des échantillons qu'on vient de retirer de l’eau. Tel sera le cas, par exemple, pour indiquer ies natures de fonds d’un atterrage dans une rade ou un port dont on veut faciliter la
sortie ou l’entrée par l’emploi de la méthode par sondes et natures de fonds du commandant Trudelle ou du commandant de Roujoux (1). J’enferme alors les échantillons dans des tubes (fig. 21) en verre blanc, plats, afin d'économiser
(1) H. de Roujoux, Essai sur l'atterrage et l'entrée de la rade de Brest par temps brumeux, etc. Dépôt des cartes et plans de la marine, n° 448, 1868. Trudelle, À fterrissage à la sonde pour les bâtiments à vapeur, 1882, et Navigation des bâtiments à vapeur entre la Manche et les États-Unis, 1882.
LITHOLOGIE. 19
la matière et de l’étaler sur la plus grande surface possible. Ces tubes forment un rectangle de 2 X 8 cm; ils sont terminés par une boule creuse qui donne à sa réunion avec le tube un étranglement qu’on entoure d’un fil métallique servant à fixer les tubes sur une tablette en bois afin de les apercevoir tous d’un seul coup d’œil. On introduit l'échantillon dans le tube mélangé à quelques fragments de sublimé destiné à empêcher les végétations microscopiques de s’y développer, on y verse de l’eau récemment bouillie, on fait le vide afin d’enlever le plus d'air possible, on ferme avec un bouchon recouvert de cire et on colle l'étiquette. Dans ces conditions, les échantillons se conservent indéfiniment soit fixés sur une tablette, soit dans une boîte à compartiments.
Analyse des fonds. — L’exposé des méthodes d’analyse des fonds marins à fait l’objet d’une étude spéciale (1). Il ne sera donné ici que les informations strictement indispensables pour permettre de nommer le fond d’une manière précise.
On prend environ 50 g de fond sec, on le dépose dans une capsule de porcelaine, on recouvre d’eau, on agite, on verse le dessus de la liqueur trouble sur un tamis 200, on agite avec un agitateur mou et on renouvelle l’opération, en employant le moins d’eau possible jusqu’à ce qu'il ne reste plus dans la capsule que du sable, dans le tamis que du sable très fin qu'on met d’ailleurs à part à chaque opération et un liquide boueux qu'on laisse se déposer, qu’on décante et qu'on sèche ainsi que le sable. La portion restée sur le tamis est tamisée au tamis 200 sec, ce qui traverse est réuni à la vase, ce qui est arrêté ainsi que
(1) J. Thoulet, Précis d'analyse des fonds sous-marins. Chapelot, éditeur, Paris, 4908.
DR Lot EL ni. C SEMAINES S CR
76 OCÉANOGRAPHIE PRATIQUE.
le reste du sable est tamisé à travers les autres tamis et chaque portion isolée est pesée séparément et ramenée par le calcul à 100 de matière totale. En se reportant aux tableaux donnés précédemment, on possède tous les éléments nécessaires pour nommer le fond et le représenter
avec sa couleur ou son signe caractéristique sur la carte lithologique. On se rappellera que le gravier est évalué à part et que le chiffre qui le représente et ne peut ètre, on le comprend, que très approximatif, est le poids qu'il faut mettre de côté dans l'échantillon brut pour recueillir 400 de sable plus ou moins vaseux.
L'opération ainsi réduite s'exécute rapidement sans qu’il soit besoin d'un laboratoire et avec un très petit nombre d'instruments : un jeu de tamis, une balance trébuchet pesant 100 g, un agitateur mou que l’on fabrique soi-même et quelques capsules en porcelaine susceptibles d’être, à la rigueur, remplacées par des assiettes creuses, des bols ou de grands verres.
La proportion de calcaire est très importante à connaître. On y parvient d’une manière approximative suffi sante dans bien des cas en pesant la matière sèche, en la traitant par de l’acide chlorhydrique étendu de moitié
LITHOLOGIE. rt
d’eau, jusqu'à ce que toute effervescence ait cessé. On lave à plusieurs reprises en faisant passer comme précédemment au tamis 200 ; on sépare et on recueille à part la vase et le sable, on sèche, on pèse et on retranche la somme des deux poids trouvés du poids initial de la matière. On a ainsi le poids et, par conséquent, le pourcentage du
calcaire. Le sable, débarrassé du calcaire, est dans d’excellentes conditions pour être examiné à la loupe ou au mICrOSCOpe.
On obtient un résultat encore plus rapide en plaçant dans un verre un mélange par moitié d’eau et d’acide chlorhydrique. On pèse, on ajoute un poids connu de matière sèche qu’on juge, à l'estime, contenir une quantité de calcaire inférieure à celle que peut décomposer l'acide. On garde un petit fragment de coquille; on verse par petites portions dans l'acide et, chaque fois, après que toute effervescence a cessé, pour bien s'assurer que tout le calcaire a disparu, on ajoute en dernier le petit fragment conservé qui, lui aussi, doit se dissoudre entièrement avec effervescence, prouvant ainsi qu'il reste encore de l'acide chlorhydrique libre. On pèse; la perte de poids multipliée par le nombre constant 2.21 représente le poids du carbonate de chaux ; on ramène par le calcul à 100 de matière d'essai.
Quand on trouve des coquilles entières dans un fond recueilli, il est bon de les conserver et de les déterminer ou de les faire déterminer par un spécialiste.
Confection d'une carte lithologique. — On à pointé sur la carte bathymétrique les différents sondages. A partir de l’un d'eux dont on a sous les yeux l'échantillon dans son bocal en verre, on dispose sur une table ou sur le plancher les bocaux contenant les échantillons voisins dans une relation de position avec le premier sensiblement semblable à celles qu’ils occupaient sur le terrain. On note ainsi
ÿ L ROME A. SAT EU UE - ? Ê PTE NE . + 2
78 OCÉANOGRAPHIE PRATIQUE.
aisément, à l'échelle, les points intermédiaires où le sol change de nature et on les indique sur la carte. S'il y avait de l'incertitude, il deviendrait nécessaire de retourner sur le terrain et d'exécuter un nouveau sondage intermédiaire. Les aires d'égale nature de sol étant établies, 1l ne reste plus qu'à passer les teintes et marquer par les signes caractéristiques les zones de pierres, galets, gravier, coquilles et autres détails du sol.
Parmi les diverses cartes relatives à la lithologie sousmarine, on citerait celles relatives à la distribution du calcaire sur le lit marin par courbes et aires isocalcaires teintées en nuance sépia d'autant plus foncée que le pourcentage de carbonate de chaux est plus élevé. J'ai dressé ainsi les cartes isocalcaires des quatre feuilles au 1/1 000000 comprenant la région des Açores, décuplations de la feuille correspondante au 1/10000000 de l’atlas de la commission de Wiesbaden. M. Boëggild (1) a établi pour l’océan Glacial arctique les cartes des dépôts marins, du calcaire des fonds, de la distribution des grains d’après leurs dimensions. On pourrait encore en dresser d’autres montrant la répartition de tel ou tel minéral ou roche, les matériaux volcaniques, les ponces ou les obsidiennes par exemple, comme l’a fait encore M. Boëggild.
CoNSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. — L'analyse des eaux de mer constitue une branche spéciale de l’océanographie qui, pour être exécutée avec précision, exige un spécialiste chimiste exercé, muni de toutes les ressources d’un labo-
(1) O.-B. Boëggild : The deposits of the sea-botiom, The danish JIngolif- Expedition, vol. 1, part. Il, published at the cost of the Government by the direction of the zoological Museum of the University. Copenhagen, 1900.
ratoire. Il ne saurait donc être question ici d'aborder l'exposé d’une étude chimique complète de l’eau de mer. De très nombreux travaux ont été exécutés à ce sujet en Allemagne, en Angleterre, en Suède, en Norvège et même en France. Il serait à désirer qu'un chimiste. entreprit l'étude critique des divers éléments importants à doser dans l’eau de mer, solides et gazeux, sels divers et particulièrement sulfates, halogènes, ammoniaque et autres ainsi que des gaz contenus, avec des procédés aussi simples que possible et acceptés d’un accord commun, afin qu'au moins pour les éléments les plus ordinaires, ils puissent être les mêmes pour les divers opérateurs. Aïnsi seraient unifiées les recherches relatives à ce qui est l’unité par excellence, l'Océan qui ne connaît pas les divisions politiques. Cette unification ne semble devoir résulter que d'un Congrès international; rien ne serait plus propre à en hâter la réunion que la publication d’un ouvrage d’ensemble sur le sujet. L'application des propriétés chimiques et physiques des eaux à la résolution du problème si grave de la circulation océanique profonde donne une haute importance à la question. Il est établi que l’eau de mer ne peut à aucun titre être considérée comme de l’eau distillée contenant en dissolution une quantité plus ou moins considérable d’un mélange unique de divers sels y entrant tou- Jours dans les mêmes proportions, de telle sorte qu’on est en droit d'affirmer que dans l'Océan tout entier il n'existe pas deux gouttes d’eau rigoureusement identiques. Dans ces conditions, une goutte d’eau étant connue, on sera en mesure de la suivre chimiquement et physiquement, en quelque sorte à la piste dans ses diverses modifications successives au sein de la masse des eaux ambiantes. De quelle utilité serait à l’océanographie aussi bien qu’à la zoologie et aux pêches de posséder sur des cartes l’indication exacte des lois de la distribution de la matière organique dissoute qui doit avoir une influence prépondé-
80 OCÉANOGRAPHIE PRATIQUE.
rante sur la répartition du plankton comme sur les transformations chimiques qui s’accomplissent par l’intermédiaire de la matière vivante ou venant à peine de cesser de vivre et constituent la transition s’effectuant sous nos yeux sans interruption entre le règne organique et le règne inorganique et réciproquement. N'est-ce pas là une des questions capitales de la science? J’ai tenté de montrer que l’œuvre pouvait être entreprise en dressant des cartes de la distribution dans la région des Açores de l’ammoniaque au sein des eaux, mais les documents font défaut et un homme seul, quel que soit son dévouement, est hors d'état d'aller récolter lui-même les échantillons d'eau, les analyser, mettre en ordre les résultats obtenus
et en établir les lois, travail facile et à la portée de tous
si les efforts étaient coordonnés.
Quels que soient les corps dissous à étudier et les procédés d'analyse à employer à bord immédiatement au moment de la récolte des échantillons ou dans le laboratoire longtemps après, il convient d’abord de récolter l’eau et de la rapporter. Cette tâche concerne essentiellement l’océanographe opérant sur le terrain et la seule dont il sera parlé ici.
INSTRUMENTS ET APPAREILS. — Bouteille de surface. — Quand on ne désire que prendre un échantillon d’eau de surface, on se sert d’une bouteille ordinaire en verre (#g. 23), qu'on entoure vers le bas d’une cordelette serrée destinée à soutenir une autre cordelette à laquelle est suspendu un poids. Au goulot est fixée une seconde corde longue de 30 cm environ se rattachant à la corde de suspension, laquelle se termine par un bouchon entrant à frottement assez dur dans la bouteille.
On bouche pas trop fortement la bouteille vide avec le bouchon juste suffisamment pour que celui-ci soutienne à la fois la bouteille et le poids produisant l'immersion.
use ; = }
La
On immerge. Quand on est arrivé à la profondeur voulue qui ne devra jamais dépasser dix DRASS mètres, on donne une secousse RACE brusque qui détache le bouchon; la bouteille se remplit et comme elle est restée suspendue à la ficelle latérale qui s’est simplement tendue, on la ramène à bord sans que l'eau qu’elle contient soit sensiblement mêlée à l’eau des couches sus-jacentes traversées en remontant.
Ce procédé est commode, facile LÉ et peu coûteux, mais il ne saurait #1} convenir que dans le cas d'eaux TU OA) très superficielles. =
Bouteille de Mill. — La bouteille de Mill (#g. 24) est lourde, car elle pèse 7 kg, et coûteuse, mais elle offre l'avantage de ne pas exiger de retournement.
- Elle est indispensable par conséquent dans cer- tains cas, comme par exemple lorsqu'il s’agit de recueillir, sur le fond, de l’eau sortant d'une source sous-marine comme il en existe fréquemment près des côtes. On introduit l'instrument dans le canal même d'arrivée de la source en général trop étroit pour qu'on y puisse faire chavirer une bouteille à retournement. Le difficile est de trouver l’ouverture du trou, mais il n’est pas impossible d’y parvenir.
La bouteille se compose de deux plateaux garnis de caoutchouc réunis par une tige creuse où passe la corde de sonde et sur lesquels retombe, au moment convenable, un cylindre de laiton ouvert à ses deux extrémités qui emprisonne ris. 24
82 OCÉANOGRAPHIE PRATIQUE.
ainsi 1800 cmcb d'eau qu’on peut remonter sans risque de mélange avec les eaux sus-jacentes. La chute du cylindre maintenu suspendu par quatre crochets métalliques élastiques faisant fonction de ressort, est provoquée par le choc d'un messager Rung envoyé de la surface. Pour la vider, on ouvre successivement deux robinets traversant le plateau inférieur, l’un destiné à la rentrée de l’air, l’autre à la sortie de l’eau.
Bouteille Buchanan. — À propos du sondeur Buchanan, il a été parlé de la bouteille (fig. 17) qui fait partie de l'appareil. Elle ne cesse d’être parcourue, de bas en haut, à la descente, par l’eau ambiante; dès qu'on arrête le mouvement de descente et, à plus forte raison, quand on remonte l’appareïl, les soupapes de fermeture retombent sur leur siège et l’eau qui en ce moment occupait le cylindre y demeure emprisonnée.
Cette bouteille n’est employée que pour récolter des eaux reposant immédiatement sur le fond; elle rapporte environ 950 emcb d’eau.
Bouteille Richard. — La bouteille du D' Richard a rendu d'excellents services : comme elle est assez légère, on peut en suspendre plusieurs au même fil de sonde, avantage précieux lorsqu'on désire récolter des échantillons d’eau destinés à servir à l’étude de la circulation marine dans les profondeurs. Elle pèse 2 kg et rapporte environ 350 cmcb d’eau.
Elle se compose (#g. 25) d’un cylindre en laiton fermé en haut et en bas par un robinet dont le boisseau, en tournant, s'ouvre en même temps pour le robinet du haut et pour celui du bas ce qui permet à l’eau, en descente, de parcourir le cylindre de bas en haut et, par une rotation en sens inverse, se ferme aux deux extrémités en emprisonnant le volume d’eau contenu au moment de la rota-
tion. Ce double mouvement est déterminé, sous l’eau, par le retournement d’un thermomètre qu’un système spécial rattache à l'instrument et qui est indispensable pour cette double raison qu'un échantillon d’eau dont on ignore la température 2x situ est sans valeur et parce que son poids provoque son propre retournement — ce qui marque la température — et le retournement de la bouteille —ce quiemprisonne l’eau. Le tout est entouré d’un cadre métalliqueavec ressort d'arrêt et est surmonté d'un système déclancheur qui peut être . à volonté à verrou ou à hélice Magnaghi. Comme l'hélice, pour produire le retournement, exige une remontée de 5 à 6 mètres, on préférera le système à verrou chaque fois que l’échantillon devra appartenir rigoureusement à une couche d’eau bien déterminée et épaisse seulement de la hauteur de l’instrument. Pour des récoltes d’eaux très profondes, l’hélice Magnaghi, qui ne demande pas l’envoi d’un messager, sera très suffisante, car à plusieurs centaines ou milliers de mètres de profondeur, il est évident que quelques mètres de plus ou de moins sont sans importance.
Bouteille Thoulet. — J'ai pensé que l’on pouvait alléger et simplifier encore la bouteille du D' Richard. . L'instrument (#9. 26), qui pèse seulement 1 kg, consiste
84 OCÉANOGRAPHIE PRATIQUE.
en un cylindre susceptible de contenir environ 180 cmcb d’eau, quantité suffisante pour en prendre la densité, y doser les halogènes et les sulfates caractéristiques les plus importantes de l’échantillon recueilli devant servir à la découverte et au tracé des courants profonds sous-marins.
Le cylindre est traversé de part en part par une tige passant, en haut et en bas, dans deux ouvertures étroites et garnie, à une extrémité, d’un poids en plomb, près de ses deux extrémités de deux petits plateaux formant soupapes. Une vis filetée laisse régler l’écartement avec beaucoup de précision. Deux pattes latérales fixent la bouteille à un thermomètre dans sa monture quel que soit d’ailleurs le déclanchement à verrou ou à hélice employé pour celui-ci. La bouteillene fonctionne donc pas sans thermomètre, tandis que lethermomètre fonctionne à volonté avec ou sans bouteille.
En descente, le thermomètre est relevé et comme dans la bouteille, le poids surcharge est en haut, les deux soupapes sont ouvertes et l’eau traverse librement. Quand le retournement du thermomètre se produit, le poids tombe, les deux disques qui sont recouverts d’une rondelle de feutre retombent sur leur siège et emprisonnent l’eau qui pendant la remontée demeure soustraite à tout mélange avec les eaux susjacentes. A l’arrivée sur le pont, on lit la température du thermomètre, puis tirant sur le poids, on retourne la bouteille; lorsqu'elle est verticale, en abandonnant quelque peu le poids, on entr'ouvre à la fois les deux ouvertures, celle du haut par où rentre l'air et celle du bas par où coule l’eau sans s’éparpiller sur le poids comme cela aurait
eu lieu si l’on n’avait pas relevé le système. On recueille le liquide dans un flacon en verre qu’on surmonte d’un entonnoir.
Conservation des échantillons. — Les échantillons d’eau . se conservent dans de petits flacons en verre parfaitement lavés à l’eau distiilée et séchés avant usage, portant une étiquette en papier collée ou un parchemin attaché au col par une ficelle pour recevoir les indications relatives à la localité et à la température 2n suu et bouchés avec un bouchon paraffiné que pour plus de sûreté on attache avec une ficelle après que le flacon a été rempli. Tous ces flacons sont disposés, pour être conservés et transportés, dans une caisse (f#g. 21) capitonnée de feutre qui en contient un plus ou moins grand nombre selon la capacité dépendant elle-même de celle de la bouteille adoptée pour effectuer la récolte et qui, pleine de flacons, ne doit, autant que possible, pas peser plus de 10 kg afin d’être susceptible d’être expédiée comme colis postal.
D. — Température.
Considérations générales. — La température joue un grand rôle dans l’économie de l'Océan et doit par suite être mesurée avec beaucoup de précision. Au point de vue scientifique pur, il est d’un intérêt extrème de comparer les températures de l’air et de l’eau au même lieu et au même moment, car on est ainsi informé de l'influence réciproque
86 OCÉANOGRAPHIE PRATIQUE.
du climat-sur l'Océan et de l'Océan sur le climat et averti de la présence de courants superficiels ou profonds. Dans les raz de marée et les différentes formes de tremblements de mer, il faudra donc prendre immédiatement la température de l’eau afin de constater le passage de l’onde sis- - mique caractérisée par sa température plus élevée et l’on parviendra même, si l’on à la bonne fortune de pouvoir comparer entre elles des observations sensiblement simultanées, à découvrir approximativement la direction et peutêtre la distance, c’est-à-dire la situation sous-marine de l’orifice volcanique d’où provenait la secousse. On sera même en mesure d'établir la loi du refroidissement de l'onde s’éloignant de son lieu d’origine. |
S'il s’agit de l’étude de la circulation sous-marine profonde par échantillons d’eau en série, on se rappellera encore qu'un échantillon dont on ignore la température in situ est sans aucune valeur, car seule cette donnée, après mesure directe de la densité de l’eau à zéro et correction
de compressibilité, fonction de la profondeur, permet de .
calculer la densité èn situ qui, à son tour, par comparaison avec la même donnée sur d’autres échantillons voisins, laisse fixer le niveau des plans d'équilibre topographique et d'équilibre physique dont la comparaison mutuelle conduit à la découverte de la direction, de la vitesse et de l’angle de remontée du courant sous-marin entraînant les échantillons d’eau considérés.
Au point de vue pratique, la connaissance des températures sous-marines n’est pas moins indispensable pour se rendre compte de la répartition des animaux au sein des eaux et particulièrement des poissons comestibles. L’animal n’a point de caprices; sa présence rare ou abondante, son absence et par conséquent ses migrations, dont les lois importent tellement aux pêcheurs, se trouvent sous la dépendance des conditions ambiantes du milieu dont la principale est certainement la température. Les travaux