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AIR

Fig. 47.

Le bâtiment étant en marche et faisant un angle 6 avec la direction des lames (fig. 41), le

procédé le plus simple est encore de mesurer au loch la longueur oblique AB d’une crête à la crête suivante et de

calculer la longueur de la vague par la formule AC —1— AB cos0

Mesure de la période. — Pour mesurer la période T, si le navire est immobile, l'observateur immobile lui-même, note sur une montre où mieux sur un compteur à pointage, les deux instants où deux crêtes successives ont passé devant lui. On a évidemment :

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Si le bâtiment est en marche oblique par rapport aux lames, on mesure, comme il est indiqué précédemment, les vraies valeurs de À et de V et on les introduit dans la formule.

Mesure de la hauteur. — Pour mesurer la hauteur des vagues, au moment où le navirese trouve au plus profond du creux, on s'élève dans la mâture, jusqu’à ce qu'on puisse faire coïncider la crête de la vague avec l’horizon. La hauteur de la vague est alors égale à celle, facile à connaître directement, de l’œil au-dessus de la flottaison.

Lorsque deux bâtiments (/#g. 48) naviguent de conserve et dans des directions parallèles, si les dimensions de leurs

mâtures sont bien connues, on emploie quelquefois le procédé de Wilkes (1), qui consiste à mesurer de l’un des navires, sur la mâture de l’autre, la hauteur maximum à laquelle s’élève le plan passant par l’œil de l’observateur et les crêtes de toutes les lames intermédiaires.

À bord de la Novara (2), le bâtiment ayant sa quille per-

Fig, 49.

pendiculaire à la vague, on mesurait (/#g. 49) la distance MN—\, l'angle maximum AMB'— d'inclinaison du

(1) Wilkes, United States exploring Expedition, t. X, p. 135. -(2) Novara Expedition : Erzühlender Theul, t. X, p. 114. : 10

navire dans son mouvement de descente et on prenait pour hauteur de la vague la valeur :

JU— = {ang w

L'évaluation est alors évidemment exagérée car on obtient À B’au lieu de AB. |

On a essayé, sans beaucoup de succès, de mesurer la hauteur des lames à l’aide d’un baromètre anéroïde très sensible et muni d’un micromètre.

Enfin, si les vagues sont petites, on lit la hauteur à laquelle elles s'élèvent sur une échelle graduée verticale, disposée à l’intérieur du bâtiment, et qu’on examine en se penchant par un sabord.

Considérations générales. — L'étude de la circulation peut être considérée comme la plus compliquée de l’océanographie et la condensation de tout ce qui a été constaté pour la mer. Parmi les propriétés et phénomènes statiques et dynamiques, il n’en est aucun qui ne possède une action directe ou indirecte sur les courants et la circulation de l'atmosphère influence la circulation océanique en même

temps qu’elle est influencée par elle. Elle est donc le ré-.

sumé de tout ce qui a été étudié en océanographie : la topographie, là lithologie, les propriétés chimiques et physiques de l’eau et de l'air; elle est la vie même de l'Océan.

A son tour la circulation océanique réagit sur une foule

de phénomènes en apparence très différents et celle conduit à des conséquences théoriques et pratiques souvent inattendues comme, par exemple, la chute en remontant des courants marins. À ne s’en tenir qu'aux applications,

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on comprend que la navigation soit sous son étroite dépendance, car une traversée sera évidemment notablement allongée ou raccourcie selon qu’elle s'effectuera avec ou contre le courant, et il en est de même à plus forte raison pour la navigation sous-marine qui aujourd’hui excite si vivement les préoccupations. Les courants se font sentir sur l'épaisseur entière des eaux et, à diverses hauteurs sur une même verticale, ils sont parfois très différents d’intensité et de direction. On s'explique par conséquent l’intérêt que trouverait à les bien connaître un sous-marin qui, maitre de s’enfoncer plus ou moins, aurait la faculté d'aller chercher le courant favorable à sa route ou d'éviter le courant défavorable.

Le problème de la migration des poissons dépend aussi de la circulation qui dépend elle-même de multiples variables dont la principale est la température. L'animal n’a point de caprices, il obéit à des lois physiques mesurables ; sa présence, sa rareté ou son absence en une localité déterminée sont la conséquence des conditions favorables, médiocrement favorables ou nettement défavorables du milieu ambiant. Il en est de même pour le plankton, matière organisée inerte, de nature animale ou végétale, qui sert à la nourriture des poissons. Trouver une relation entre un être vivant et une condition extérieure quelconque mesurable à l’aide d’un instrument précis, thermomètre, aréomètre, colorimètre ou autre, est se donner le pouvoir de poursuivre scientifiquement, c’est-à-dire à coup sûr, la capture de cet être, de le chercher là seulement où il se trouve et d'éviter la peine et la perte de temps de le chercher là où il ne se trouve pas, car il ny a pas plus d’autruches au Spitzberg où il fait trop froid pour elles que d'ours blancs dans le Sahara où 1l fait trop chaud pour eux. Tant que la question des migrations des poissons qui à pris une importance sociale, ne sera pas appuyée sur des documents précis, sur des cartes isobathes, iso-

148 OCÉANOGRAPHIE PRATIQUE.

thermes, isopycnes, isochromes, de courants et autres qu'il faut avant tout commencer par établir et dresser, sa solution est d'avance frappée d’inanité ; il sera peut-être beaucoup parlé ou écrit ; 1l ne sera sûrement rien accompli.

Les méthodes employées autrefois pour mesurer l’intensité d’un courant et connaître sa direction étaient peu précises. Un navire mouillé laissait filer sa ligne de loch

et obtenait ainsi les indications cherchées, mais l'opération

n’était possible que par faible profondeur et d’ailleurs elle nes’appliquait qu'aux courants superficiels. Cependant les bâtiments du service hydrographique des États-Unis étudiant le Gulf-Stream avaient procédé de cette facon en mouillant sur un câble en fils d'acier par plusieurs milliers de mètres de profondeur. Quand le navire faisait route, on pointait chaque jour sur la carte le point estimé d’après l’ensemble des diverses directions suivies dans la journée et les vitesses mesurées au loch. À midi, lorsque le point était calculé astronomiquement, on le marquait également sur la carte. Les deux positions ne concordant pour ainsi dire jamais, on attribuait la différence à la dérive subie par le navire sous l’action du courant pendant les vingtquatre heures et on estimait celui-ci en direction et en intensité suivant cette donnée. Une telle évaluation était tellement grossière que l’on est étonné que pendant un nombre si considérable d'années on ait sacrifié tant de temps à recueillir une indication qui n’était manifestement qu'une totalisation d’erreurs.

Un autre procédé consistait à abandonner, en un point connu de l'Océan, des corps flottants, bouteilles ou barils contenant un billet où le découvreur de l’un de ces flotteurs échoués sur une plage était invité à faire connaître le lieu et la date de sa trouvaille. On a peine à s’imaginer que, dans ce cas encore, on ait accordé une confiance quelconque à une opération aussi imprécise. Pouvait-on se

mic dites.

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