‹ Instruments et opérations d'océangraphie pratiqueChapitre 30 sur 37 · PET ET · texte numérisé non relu

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eaux où la direction est marquée par des flèches de longueur proportionnelle à la vitesse ou encore plus ou moins barbelées selon cette vitesse. S'il s'agissait de courants profonds, on dresserait des cartes par plans parallèles à des profondeurs en nombres ronds de mètres, 500, 1000 m ou davantage et, dans chacun d’eux, on procéderait comme pour les courants superficiels.

Les roses des courants servent à représenter la direction et la vitesse respectives de différents courants superposés à diverses profondeurs en un même point de l'Océan.

Supposons que l’on cherche à mesurer directement les éléments d’un courant situé à moyenne profondeur ne dépassant pas un millier de mètres au grand maximum. Le Challenger a employé la méthode jusqu’à 500 brasses (904 m) entre les Canaries et les iles du Cap-Vert.

On commence, à l’aide d’un fiotteur double quelconque, bouteilles de Hautreux ou drague à courant dont on juxtapose immédiatement les deux flotteurs l’un au-dessus de l’autre, par mesurer la direction 4 et la vitesse V du courant de surface en se plaçant dans une embarcation mouillée ou, si l’on est en pleine mer, amarrée au câble de drague du navire occupé à draguer. À partir d’un point O (fig. 55), on mène sur le papier, dans la direction « une droite OA de longueur proportionnelle à V.

Au même endroit et aussitôt après, on remet à l’eau le même double flotteur dont les deux parties sont séparées par un fil de longueur égale à la profondeur du courant sous-marin à examiner ; on le laisse pendant le même temps que la première fois suivre librement sa route, résultante de la direction et de la vitesse du courant superficiel qui seul agit sur le flotteur superficiel et de la direction et de la vitesse du courant inférieur qui seul influence le flotteur inférieur. En suppo-

CA +. + | NAS ii

162 OCÉANOGRAPHIE PRATIQUE.

sant que OM représente alors en direction et en vitesse la marche du système, on construit graphiquement d’après le parallélogramme des forces l’autre composante OB qui, avec la première composante OA donne la résultante OM. La droite OB indiquera évidemment par sa direction et par sa longueur la direction et la vitesse du courant profond qui, conjointement avec le courant superficiel, aura entrainé le système des deux flotteurs et lui aura fait suivre la trajectoire OM.

En opérant de même aux profondeurs n,n',n",n7…. mètres, on construira de la même façon un schéma (#g. 56) qui porte le nom de rose de courants et montre, pour chacune de ces profondeurs, les directions , y, à, < .… et les vitesses V,, V,, Vs NUE PME tives des divers courants superposés.

On adopte quelquefois une autre disposition de figure qui montre mieux la profondeur ainsi que le passage d’un courant queiconque à celui qui le suit et à celui qui le précède avec l'endroit, s’il existe, où le courant est nul. Dans chaque plan de profondeur (/ig. 57), on suppose le courant marqué comme précédemment et orienté par rapport aux points cardinaux disposés à la manière ordinaire d’une carte. On étage ces plans le long d’une ver-

Fig. 56.

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ticale à des distances proportionnelles à leurs profondeurs respectives et on les rabat parallèlement entre eux de façon à ce qu'ils fassent tous face au spectateur, les flèches de courants prennent alors la disposition de la figure, qui montre un schéma des courants se succédant d’une façon continue depuis la surface jusqu’à 5 000 m de profondeur entre trois points de l'Atlantique Nord

Le schéma est représenté à une échelle vingt fois plus grande entre la surface et 200 m de profondeur.

La direction d’un courant se désigne d’après l’azimut de son origine et l’on dit, par exemple, un courant de N.-E,., c'est-à-dire venant du N.-E.; les vitesses sont évaluées en nœuds ou nombre de milles à l’heure.

VITESSE | VITESSE | VITESSE VITESSE | VITESSE | VITESSE par par par par par par

heure, | minute. | seconde. heure. minute. | seconde

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OBSERVATIONS OCÉANOGRAPHIQUES

à bord de navires

non spéciaux pour l’océanographie

Des observations océanographiques d’un haut intérêt peuvent être exécutées par des observateurs bénévoles à bord de bâtiments non spécialement aménagés pour une campagne purement océanographique, c’est-à-dire n'ayant pas un état-major composé de savants de diverses spécialités. Pour établir d'importantes lois, il suffira d’une seule personne s'intéressant aux choses de la mer comme le capitaine d’un de ces grands voiliers faisant encore les traversées d'Europe dans le Pacifique, le médecin d'un paquebot ou d’un navire de l'État. Une navigation prolongée offre des loisirs susceptibles d’être employés très utilement pour la science sans qu’il soit besoin d'appareils compliqués, coûteux, difficiles ou pénibles à manœuvrer. Ni les dévouements désintéressés, ni la science ne manquent parmi ceux que leurs fonctions ou leurs goûts appellent à parcourir la mer; c’est à eux que s'adressent les conseils qui suivent.

Qu'il me soit permis tout d’abord d'affirmer que rien ne

serait plas funeste à l’océanographie que si d'aventure,

il venait à l’idée d’un gouvernement de donner des ordres

166 OCÉANOGRAPHIE PRATIQUE.

formels pour que des mesures et expériences océanogra-

phiques soit réglementairement effectuées à bord des bâtiments de guerre. Qui ne se rappelle le tort immense fait à la météorologie lorsque, à l’instigation de Maury et après le Congrès de Bruxelles en 1853, de pareilles observations météorologiques furent officiellement prescrites. La science à tout à perdre à être cultivée de force et ces sortes d'études relèvent uniquement de l'initiative privée.

Une observation sur le terrain et dans des conditions telles

qu'il est le plus souvent impossible de la contrôler doit être au-dessus de tout soupçon de négligence et d’inexac-

titude et, pour qu'il en soit ainsi, la condition unique est

qu'elle ait été faite volontairement, par goût, par dévouement et non par obligation. En revanche, ii faut que celui qui s’est livré à un travail et en conserve l’entière responsabilité en ait aussi tout l'honneur. Combien d’observations consciencieuses et utiles n’ont-elles pas été enfouies dans les cartons administratifs pour y dormir à jamais! Que le capitaine du voilier ou le médecin du paquebot désireux de se livrer bénévolement à l'étude de l’océanographie tant à cause de l'intérêt, de l’amusement même qu'ils y trouveront et qui sera la première récompense du labeur qu’ils se seront imposé, que par dévouement pour la science, fassent leurs affaires eux-mêmes. Qu'aussitôt après avoir acquis les notions indispensables relatives à ces connaissances, ils se gardent d'observer pour le vain plaisir d’aligner des colonnes de chiffres et s'imposent une tâche définie ayant pour objet la réponse à une question définie qu'ils auront eux-mêmes adressée à la nature. Qu'ils se proposent, par exemple, l'étude de la variation de la température de l’eau pendant la durée d’une année aux mêmes points de l'Océan, le long d'une ligne quelconque qui, en l’espèce, sera la route régulièrement suivie pendant leurs traversées, ou bien, dans les mêmes conditions, l’état hygrométrique de l'air, ou bien la densité de

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