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OBSERVATIONS OCÉANOGRAPHIQUES. 471

moment opportun, on parviendra assez aisément à noter la couleur avec le tube colorimétrique.

On n’éprouvera aucune difficulté, même avec de grandes vitesses, en employant, s’il en est besoin, quelque artifice simple à imaginer sur place, pour mesurer la température de surface de la mer et récolter des échantillons d’eau superficielle dont on prendra immédiatement la densité ou que l'on conservera pour être analysés au retour ; on se livrera aussi. à des mesures de vagues et de leurs interférences, sujet encore bien imparfaitement connu au point de vue pratique. Combien il serait avantageux pour la navigation de pouvoir, sur le tracé complexe obtenu à l’aide d'un appareil enregistreur, isoler en force et en direction chacun des systèmes de vagues distincts dont le mouvement de la mer est presque toujours la résultante.

L'étude des poussières atmosphériques au-dessus des océans conviendrait admirablement à un médecin de marine embarqué sur un bateau à vapeur et habitué aux observations microscopiques. Un aspirateur d’air müû par la vapeur ou par l'électricité, peut-être par le mouvement même du bâtiment, serait installé dans une chambre et mis en communication avec une série de tubes de verre raboutés avec des joints de caoutchouc ou avec des tubes de caoutchouc raccordés par des tubes de verre ou, mieux encore, avec un tube de plomb afin d'établir une prise d'air aussi haut que possible dans la mâture. On interposerait sur le trajet un petit tampon de fulmicoton que l’on dissoudrait ensuite dans de l’acétone et dont on examinerait au microscope le dépôt pulvérulent abandonné ou bien que l’on conserverait tel quel pour être confié à un spécialiste qui y attacherait une importance extrême, car il servirait à résoudre le problème relatif au rôle joué par l’atmosphère dans la répartition des sédiments marins, rôle qu’il y a tout lieu de croire beaucoup plus grand qu’on ne l’a supposé jusqu’à présent.

172 OCÉANOGRAPHIE PRATIQUE.

Telles sont, brièvement énumérées, quelques-unes des recherches à exécuter à bord de navires non spécialement consacrés à l’océanographie et sans interférer en rien avec - le service régulier. Puisse-t-on se rappeler leur immense intérêt théorique et pratique, car on commence à peine à connaître l'Océan et les progrès futurs dépendent bien plus ici du concours de ceux qui naviguent que d’expéditions organisées à grands frais. Ces travaux n’exigent point de matériel coûteux ou encombrant et, pour celui qui les exécutera, pas de génie, denrée rare, ni même une très haute compétence scientifique mais de la méthode, du soin

et la plus scrupuleuse bonne foi, qualités fréquentes chez

ceux qui passent une partie de leur existence sur l'Océan. C’est à eux que revient la mission de dévouement qu'ils exécuteront, je l’espère, lorsqu'ils connaîtront la tâche qui leur incombe et pour l’accomplissement de laquelle je serais heureux et fier de leur avoir servi de guide et de conseiller. |

Il est une branche de l’océanographie dont il est possible de s'occuper sans bateau d’aucune sorte, sans courir d'autre danger que celui de risquer de se mouiller les

pieds, c’est l’océanographie des rivages qui est à la portée

de tous les observateurs de bonne volonté, n'exige point de matériel coûteux, peut s’exécuter par une personne seule et qui, malgré de si réels avantages n’en sera pas moins féconde en découvertes. L’océanographe qui s’y livrera y trouvera son profit aussi bien que le géologue, cet océanographe d’un passé lointain qui reconnaitra dans les formations de rivages géologiques les caractères des rivages actuels tandis qu'à leur tour, les caractères géologiques comparés à ceux que constatent aujourd'hui nos yeux sur le bord de la mer lui révéleront une foule de circonstances insoupçonnées, épisodes de l’époque parfois vieille de milliers et de milliers d'années où se format le rivage ancien maintenant exondé et devenu roche continentale..

Il convient d’abord de bien préciser la terminologie à employer pour désigner les diverses régions du bord de l'Océan.

Le rivage (fig. 58) est la portion du sol qui, par le jeu des

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marées, est alternativement recouverte et abandonnée par l’eau. Les mers sans marées n'ont point de rivage ounen possèdent qu'un infiniment petit dont la limite la plus lointaine, du côté de terre, est celle qu'atteignent les vagues de tempête. Le rivage est même, dans certaines

Ocean

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