IV. Pathogénie des anomalies vésico-uretérales
Avant de les étudier, nous rappellérons sommairement le développement de la vessie, des uretères et des reins.
a) Développement de la vessie. — La vessie a une double origine : sa plus grande partie (corps de la vessie compris entre le sommet de l'organe et l'abouchement des uretères) provient du renflement de la portion postérieure, juxta-cloacale, de l'allantoïde; une petite partie (trigone de Lieutaud) provient de la partie profonde de celle portion antérieure du cloaque que l’on appelle sinus uro-génital.
Elle se continue donc primilivement par son sommet avec la porlion antérieure de l’allantoide qui constitue l’ouraque, par
sa base avec la porlion superficielle du sinus uro-génilal qui
constitue l’urètre prostatique, membraneux et bulbeux.
L'insertion des canaux de Wolff sur le cloaque se fait dès le vinglième jour.
Le renflement vésical est visible dès la fin du premier mois et se {rouve bien constilué à la fin du troisième mois.
La vessie semble être vide jusqu’au quatrième mois; à partir de ce mois, elle semble remplie d'urine.
L'ouraque reste perméable jusque vers le cinquième mois; il s'oblilère à ce moment, de haut en bas, plus ou moins complètement.
Le sinus uro-génilal communique avec l'extérieur à partie du cinquième mois.
La vessie occupe pendant toute la vie intra-embryonnaire une situalion élevée, abdominale ; sa plus grande partie est audessus du pubis; elle est comprise dans la paroi abdominale, entre muscle et péritoine, et s'adosse sur une large surface à la couche musculaire ; son sommet est rattaché à lombilie par un ouraque d’abord très court, de plus en plus long; sa base (orifice urétral) serait encore, à la naissance, au niveau de la symphyse pubienne.
Après la naissance, la descente de la vessie dans le bassin s'opère de la façon suivante : chez les garçons (Disse, 1891, on Keibel et Mall); première période de descente correspondant aux deux premières années; période intermédiaire où la situation de la vessie est stationnaire (de 2 à 8 ans); deuxième ct dernière période de descente (de 8 à 20 ans). La migration de la
vessie ne serait ainsi complète qu’à l'âge adulte.
b) Développement des uretères. — Les uretères proviennent des canaux de Wolff. C'est vers la fin de la troisième semaine qu'a pparaissent les bourgeons uretéraux et c'est vers le trentecinquième jour qu'ils se séparent des canaux de Wolff. Ils donnent naissance aux bassinets dès la cinquième semaine, puis = aux calices, enfin aux tubes urinifères (tout au moins aux tubes collecteurs) à la fin du deuxième mois. |
c) Développement des reins. — Les reins, dont le délail de développement nous intéresse moins, semblent définitivement constitués dès le cinquième mois.
d) Pathogénie des lésions observées. — 1° Dilatation de la partie sus-urétrale de l’arbre urinaire. — Cette dilatation est due vraisemblablement à l'existence, pendaut une partie de la vie embryonnaire, d'une rétention d'urine. À quoi est due cette rétention d'urine ? À un obstacle au cours de l'urine dans l'urètre. Quel est cet obstacle ? Slénose urétrale ? Aucune observalion ne mentionne l'existence de cette lésion ; la plupart, au contraire, insistent sur la parfaite perméabilité de l'urètre. Coudure temporaire de l’urètre qui, chez les garçons (et dans toutes nos observations il s'agit de garçons), est un organe exposé ? Contracture temporaire du sphinceler vésical? Élévation excessive de la pression du liquide amniotique empêchant l'écoulement de l'urine à l'extérieur ? Ces trois hypothèses sont toutes possibles, mais elles sont aussi toutes trois invérifiables : aucun élément clinique ou analomo-pathologique, dans nos observations, qui nous permette de préférer l'une à l’autre.
2° Hypertrophie de la vessie et des uretères. — Celle hypertrophie peut s'expliquer de deux façons :
Premièrement : La rétention de l'urine à provoqué avant la dilatation une réaction d'hypertrophie, comme la sténose du pylore ou du rectum provoque des hypertrophies gastriques ou côliques.
Deuxièmement : L'hypertrophie des tuniques vésicale et uretérale est due à une réaclion inflammatoire ; Osler el Stumme ont signalé que leurs malades étaient alleints de eystile (mais cette affection semble avoir débuté, dans leur cas, bien postérieu-
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