‹ Insuffisance et Reeducation RespiratoiresChapitre 10 sur 101 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La fonction respiratoire s'effectue en deux phases :

1° Au niveau des poumons, l’hématose, échange d’oxygène et de gaz carbonique entre le sang et l’air alvéolaire : c’est la respiration pulmonaire ou externe.

2° Au niveau des tissus, l’échange inverse entre le sang et les tissus : c’est la respiration tissulaire ou interne.

Entre les deux, la phase intermédiaire du tranport sanguin.

Une déficience de cette fonction entraînera une insuffisance respiratoire qui sera, suivant la phase perturbée, soit une insuffisance respiratoire externe, soit une insuffisance respiratoire interne. Celle-ci ne s’extériorise guère et les manifestations en sont mal connues.

Pratiquement, sous le terme d’insuffisance respiratoire, seule est envisagée l’insuffisance respiratoire externe.

Il s’agit done d’une hypohématose par déficience permanente de la ventilation pulmonaire d’intensité variable. Cet état chronique provoque des troubles fonctionnels et pathologiques de l’appareil respiratoire. Par l’anoxémie consécutive, il perturbe le fonctionnement de tous les autres appareils et entrave le développement de toutes les facultés de l’individu.

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Extrêmement fréquente à tous les âges, mais surtout chez les enfants de 6 à 14 ans, elle se manifeste de façon différente suivant la cause.

Grave ou bénigne, parfois évidente, souvent fruste et ignorée du sujet, elle exige un dépistage systématique pour éviter les conséquences fâcheuses, toujours possibles si elle est négligée. D’où l’impérieuse nécessité d’en rechercher la cause exacte pour y remédier efficacement.

Suivant les cas, il faudra envisager, soit un traitement médico-chirurgical complété par la rééducation respiratoire, soit la physiothérapie seule. De toute façon, la rééducation est indispensable. Lorsqu'elle est associée à d’autres thérapeutiques, elle ne doit pas être considérée comme une simple adjuvant, mais comme une des phases d’un seul et même traitement.

Les insuffisants respiratoires sont légion. Pour bien respirer, il ne suffit pas d’être environné d’air pur : il faut savoir profiter de cet air. Or, beaucoup de campagnards sont des insuffisants respiratoires.

Les conséquences sont si nombreuses et parfois si graves que tout médecin, examinant un sujet pour quelque raison que ce soit, devrait systématiquement faire une enquête, aussi rapide soit-elle, sur la façon de respirer du patient. À plus forte raison, le médecin-inspecteur scolaire, le médecin-contrôleur de l’éducation physique et des sports doivent-ils avoir cette constante préoccupation. Il paraît superflu d’en donner les raisons : l’Âge scolaire, de 6 à 14 ans, est justement l’âge respiratoire; les sports ne sauraient être pratiqués sans danger par des insuffisants respiratoires. Pour ces catégories qui subissent des examens réguliers, l’étude de la respiration, avec celle du cœur, doit être la dominante de l’exploration médicale.

Il serait bon d'étendre cette exploration à d’autres catégories de sujets qui subissent des visites systématiques. par exemple les ouvriers aux visites d’embauchage et de contrôle. Le dépistage des insuffisants respiratoires, dans

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tous les cas où cela est possible, permettrait, par l’application du traitement approprié, de prévenir bien des malaises, bien des maladies. Les médecins doivent être informés de toutes les possibilités de la gymnastique éducative et corrective et, plus spécialement, respiratoire.

Pour atteindre ce but, il faut créer chez le médecin, chez les éducateurs, une obsession, une hantise, une sorte de psychose de l’insuffisance respiratoire. Quelle que soit la raison pour laquelle un sujet vienne consulter, il faudra systématiquement rechercher s’il n’a pas une insuffisance respiratoire. Peu à peu cette idée gagnera le public et, un Jour viendra, que nous souhaitons prochain, où-les patients demanderont spontanément, même sans troubles, un examen de leur fonction respiratoire, comme ils demandent actuellement un examen radiographique.

C’est dans cet esprit que nous avons entrepris ce travail.

Après un bref historique, nous développerons successivement les points suivants :

1° Rappel de physiologie de la respiration.

. 2° Diagnostic positif : dépistage de l’insuffisance respiratoire : l’Insuffisant respiratoire, méthode d’examen.

3° Diagnostic étiologique et formes cliniques des Insuffisances respiratoires.

4 Conséquences de l’insuffisance respiratoire sur l’or:ganisme.

5° La Rééducation respiratoire, (Technique - Application au traitement de l’insuffisance respiratoire - Autres applications.)

6° Résultats de la rééducation respiratoire : Observations ; |

7° Conclusions.

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