‹ Insuffisance et Reeducation RespiratoiresChapitre 11 sur 101 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Depuis longtemps, le rôle éminent de la respiration a été mis en relief. Dans le Cong-Fou ou Art de l’homme, les Chinois, les premiers (2.698 ans avant notre ère), font une place d’honneur à la gymnastique respiratoire. Le docteur Haxisx et ses élèves prétendent même que la culture du souffle, du « respir », constitue la base des religions indo-européennes. À l’origine, dans toutes ces religions, plus ou moins apparentées et dérivées du Zend-Avesta, l'influence d’une bonne respiration sur l’épanouissement des facultés de l’âme et l’équilibre du « Moi » n’avait pas échappé aux penseurs qui établirent les doctrines et les rites. La pratique des chants religieux, et des prières à haute voix, rythmés et scandés par petits groupes ou ensembles plus nombreux, n’auraient eu d’autre but que de développer et discipliner le « respir » des fidèles, en même temps que leur étaient enseignés, sous cette forme, les principes moraux. Puis, avec le temps, l’oubli des principes originels n’a laissé, de chaque religion, qu’une façade rituelle, et l’on en vient même à la prière orale.

Grecs et Romains se passionnèrent à l’envi pour les exercices d’adresse et de force. La recherche de la plastique, de la ligne morphologique idéale, le style de l’athlète, l’art des attitudes furent élevés par eux à la hauteur d’un culte. Par voie de conséquence, ils s’aperçurent de la nécessité primordiale d'exercer de façon spéciale la respiration (OriBAse). Les Latins, d’ailleurs, identifiaient l’Ame (anima) et le Souffle de vie qui anime, qui symbolise l’être animé.

Au début du Moyen-Age, dans le fanatisme de religion mal interprétée, la culture du Respir tombe dans l’oubli,

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en même temps que l'hygiène corporelle la plus élémentaire.

Aux xv et xvr° siècles, PAoLO-CoRTÈSE, ANTONIO SCAINO, en Italie; FABRICE d'AQUAPENDENTE, RABELAIS, en France, recommandent la gymnastique en général.

Au xvr° siècle, Sanrorius, Harvey, BoceLut, et surtout SYDENHAM emploient la gymnastique contre la phtisie.

Au xvin° siècle, CHeyxe, en Angleterre; SraHLer Horr- MANN, en Allemagne; BœRHAAvE, en Hollande; Borssrer et Tissot, en France, recommandent des exercices étudiés pour guérir certaines maladies.

Il faut attendre le x1x° siècle pour voir le Suédois PEHR HenriK LiNG imaginer la fameuse méthode rationnelle qui vise à doser et localiser l’exercice en progression lente et méthodiquement graduée; ce qui nécessite le secours d’un aide, d’un « gymnaste » comme disent les Suédois : c’est une gymnastique à deux.

À la fin du xix° siècle et au début du xx°, l’insuffisance respiratoire, jusque-là assez méconnue, en temps qu’entité clinique, est individualisée. Le nom de RoseNTHAL restera attaché à la notion d'insuffisance respiratoire. Peu à peu, toutes les manifestations en sont démembrées. Worms et BoLortTe (1928) font une étude complète de l’insuffisance nasale. |

L'éducation physique et le sport prenant parallèlement un essor considérable, les questions de respiration et de souffle, comme de résistance cardiaque, sont à l’ordre du jour. Bientôt, des méthodes diverses de gymnastique respiratoire, dérivées des grandes méthodes d'éducation physique, sont préconisées tour à tour. Tissié, promoteur en France de la méthode suédoise, HéBerT, et DEMENY patronnent des écoles de doctrine différente. Tous les auteurs qui s'intéressent à l’éducation physique et au sport (et nous ne pouvons les citer tous), les médecins, dans leur pratique journalière, sont amenés à considérer ce grand problème de l'insuffisance respiratoire et sa solution phy- siothérapique.

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