I. — EXAMEN MORPHOLOGIQUE Il se fera de deux façons
1° Par la simple inspection: c’est le «< maquignonnage » du sujet ;
2° Par des mensurations.
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l' « Maquignonnage » du sujet
Nous nous limiterons aux caractères indispensables au diagnostic de l’insuffisance respiratoire. En pratique, ceux-e1 font partie de l’examen morphologique général.
Le patient sera entièrement dévêtu. Pour l'enfant, la chose ne souffre pas de discussion. A partir de 15 ans, un cache-sexe peut être toléré. Pendant que le sujet se dévêt, il faut s’enquérir de ses antécédents : cela occupe son esprit, diminue sa gêne, le rend plus confiant, plus naturel pour l’examen qui va suivre, et fait gagner du temps au médecin. On notera soigneusement les affections qui ont pu perturber la respiration : végétations adénoïdes, opérées ou non, cornets, polypes, déviation du rachis (a-t-1l eu un appareil plâtré ?), rachitisme, affections pulmonaires.
Le sujet sera examiné successivement debout, de face et de dos; puis en décubitus dorsal.
a) Debout, de face : Bras pendants le long du corps. Ne pas exiger la position talons joints, ce qui permettra de voir si l’enfant se tient naturellement en rectitude ou s’il prend une position hanchée qui se répercute sur le rachis (scoliose possible).
Le faciès sera souvent très instructif, surtout chez l’enfant, lequel peut présenter, soit simplement une respiration buccale, soit une modification du squelette facial aboutissant au faciès adénoïdien plus ou moins net, trahissant une insuffisance nasale. Une atrésie du maxillaire inférieur sera aussi remarquée d’emblée. On fera ouvrir la bouche au patient pour examiner la forme et la direction des ares mandibulaires, l’état de la denture, la voûte palatine, ogivale ou non, le volume des amygdales. L'état de la peau sera noté : sèche, déshydratée, amincie, squameuse. La présence de lacis veineux traduira souvent des troubles circulatoires.
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Le thorax va maintenant retenir toute l’attention. Une bonne poitrine sera caractérisée par un thorax large et souple soutenu par des muscles vigoureux. Une mauvaïse poitrine, au contraire, par un thorax étriqué, peu mobile, mal soutenu par des muscles grêles et atrophiés.
Une épaule plus basse que l’autre; une asymétrie thoracique seront vite remarquées. Mais il faudra détailler et caractériser les déformations thoraciques : thorax étroit, allongé, ou, au contraire, élargi (se rapporter toujours à la morphologie générale, un bréviligne ayant toujours comparativement un thorax plus large qu’un longiligne). Thorax en carène, en entonnoir, aplati en galette, thorax globuleux en tonneau, avec saillie des creux sus et sous-claviculaires; thorax étroit à la partie supérieure, évasé à la partie inférieure et coiffant un abdomen proéminent, thorax avec dépressions sous-mammaires unies ou bilatérales, chapelets de nodosités rachitiques.
Observer le niveau de la base de l’appendice xiphoïde par rapport à la ligne bimammelonnaire. Chez l’enfant, ce point est légèrement plus bas. Mais, chez tous, quand la position de cette base est sensiblement abaïssée, elle indique une insuffisance respiratoire.
Apprécier l’ouverture de l’angle xiphoïdien : normalement 75 à 80°. Il est plus fermé dans les thorax longilignes, aplatis transversalement (forme défectueuse, comme nous le verrons plus loin, le diamètre transverse devant être normalement supérieur au diamètre antéro-postérieur), chez les personnes portant des corsets serrés, chez certains tubereuleux. Il est plus ouvert chez les emphysémateux. En règle générale, il est fermé chez les insuffisants respiratoires, ouvert chez les bons respirateurs, les emphysémateux exceptés,.
Rechercher, par la vue et le palper, l’appendice xiphoïde : saillant sous la peau et facilement perceptible, il indiquerait une robusticité particulière; au contraire, profond, nécessitant une dépression nette des téguments pour être
perçu, il trahirait un manque de résistance générale (Car- TON).
Regarder si les épaules ne sont pas tombantes et projetées en avant; si elles sont au même niveau.
Noter l’état de l’abdomen. On peut rencontrer des abdomens normaux, atrophiques ou hypertrophiques. Dans ces derniers, la proéminence peut être totale ou seulement épi ou hypogastrique. Les ventres hypertrophiques se rencontrent surtout chez les enfants, soit gros mangeurs, soit ballonnés par des fermentations intestinales. Quand vient l’âge respiratoire, ces enfants dépérissent, présentent des troubles du développement, car le diaphragme est refoulé en haut et bloqué : d’où diminution de l’ampliation thoracique.
En réalité, thorax et abdomen ne peuvent être dissociés. Leur morphologie est complémentaire, comme l’a montré l’école bordelaise, par les travaux du professeur VILLEMIN et de ses élèves.
Le type respiratoire, la fréquence, le rythme seront épiés pour ainsi dire, car, si le sujet devine l’objet de l’examen, il s’observe inconsciemment et modifie ses réactions habituelles.
Rappelons brièvement les caractères d’une bonne respiration :
Elle doit être exclusivement nasale, tant à l’expiration qu’à l'inspiration ;
L'’inspiration doit être suffisante ;
La respiration doit être complète, c’est-à-dire que la dilatation du thorax doit s’effectuer en hauteur, largeur, épaisseur.
b) Debout, de dos : Le décollement des omoplates (scapulae alatae), lié à une déficience des muscles périscapulaires, est aperçu dès le premier coup d’oœil. Il est souvent associé à un gros ventre, et l’on a alors la déformation type. Mais il importe aussi de mettre en évidence les déformations du rachis. Un dos rond, une cyphose à grand