II. —— EPREUVES FONCTIONNELLES
Elles donnent des renseignements sur les différentes caractéristiques de la ventilation pulmonaire, ce qui permet d’apprécier la valeur de cette ventilation et, en particulier, de chiffrer le degré de son insuffisance.
Nous verrons suecessivement la mesure de la capacité vitale, du débit respiratoire et l'épreuve d’apnée volontaire.
l' Capacité vitale. — Spirométrie.
A. Mesure. La spirométrie est la mesure de la capacité vitale ou indice spirométrique souvent diminué dans l’insuffisance respiratoire.
Les spiromèêtres à eau sont les plus précis et les plus fidèles. Le principe consiste à remplacer un volume d’eau dans une cuve graduée, par le volume d’air expirable sans avoir à lutter contre une résistance quelconque.
Le spiromèêtre à eau de précision de L. CHÉRON, avec masque de Nrczoux et LEGENDRE, permettant la respiration nasale, réunit toutes les conditions désirables :
1° Respiration nasale;
2° N’opposer aucune résistance à l’arrivée de l’air; 3° Précision;
4 Fidélité; Robustesse et simplicité;
6” Evaluation du courant d’air aussi bien en inspiration qu’en expiration ;
7° Nettoyage et stérilisation faciles de l’appareil.
Remarquons que ce type de spiromètre permet d’évaluer, outre la capacité vitale, l’air courant, le débit et la ventilation pulmonaires, notions plus importantes encore que la capacité vitale. Celle-ci apprécie plutôt une disposition anatomique qu’une qualité physiologique. Elle ne donne pas une idée des possibilités de la ventilation pul-
monaire : on peut être un «engouffreur» d'air et, en même temps un insuffisant respiratoire. Un insuffisant respiratoire nasal a souvent une capacité vitale normale, mais sa ventilation pulmonaire est diminuée. Par l’évaluation de la capacité vitale, nous savons seulement si la grandeur du ventilateur est proportionnelle à l’organisme qu’il dessert; mais nous ignorons le degré d'utilisation de ce ventilateur, et la manière dont se fait le renouvellement de l’air dans les poumons.
Dans la plupart des cas, néanmoins, il existe une proportionnalité relative entre la ventilation et l’indice spirométrique. C’est pourquoi, si l’on ne dispose pas d’un appareil perfectionné type L. CHÉRON, on pourra improviser un spiromètre de fortune, constitué d’une bouteille de cinq ou six litres remplie d’eau, à large goulot, que l’on renverse sur une cuve à eau de contenance supérieure. Un tube de caoutchouc (de diamètre à peu près égal à la section d’une trachée d’adulte) plonge dans la bouteille par une extrémité; l’autre extrémité, munie d’une canule de verre interchangeable, est embouchée par le sujet. Inconvénient, il faut remplir la bouteille après chaque expérience ; l’expiration est buccale. Avec ce système de fortune, il n’est donc pas possible de mettre en évidence une insuffisance nasale comme on le fait avec un appareil muni d’un masque qui permet de comparer la capacité vitale en expiration nasale et en expiration buccale.