V. — LES INSUFFISANCES D’EFFORT
Il arrive que des individus dotés d’une respiration absolument satisfaisante au repos soient rapidement essoufflés à l’effort. L’entraînement joue, évidemment, un rôle capital. De même le poids et la corpulence : plus les masses musculaires mises en jeu sont importantes, plus grands sont les besoins respiratoires de l’organisme. Mais, en général, la capacité vitale de repos est proportionnée à la stature et à la musculature, c’est-à-dire à la morphologie générale. Or, toutes choses égales du côté de la morphologie générale, de l’entraînement, de la capacité vitale de repos, certains sujets ont un rendement respiratoire bien inférieur à d’autres au cours du même effort. D'autre part, certains athlètes, coureurs de grand fond en particulier, dotés d’une capacité vitale à peine moyenne, et parfois inférieure à la normale, présentent une extraordinaire résistance à l’essoufflement. Ces faits sont, croyons-nous, la résultante de plusieurs facteurs, qui ne sont, au total, que les composantes du facteur personnel.
Le premier est le rapport entre la capacité vitale de
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travail et la capacité vitale de repos. Normalement, la capacité vitale de travail est inférieure à la capacité vitale de repos (P° Fagre). Chez les insuffisants respiratoires d’effort, elle est très inférieure.
Le deuxième est la régulation respiratoire qui permet, par une bonne adaptation de l’automatisme à l’effort demandé (rythme, fréquence, amplitude), d'obtenir un débit optimum pour cet effort.
Le troisième n’est autre que ce facteur personnel d’utilisation dans les échanges gazeux, tant au niveau des poumons que des tissus.
Mais le facteur principal est le régime circulatoire si modifié au cours de l’effort, et sa régulation particulière. Tous les sportifs ont constaté que leur meilleure forme, leur plus grande résistance à l’essouflement coïncide avec un ralentissement du pouls de repos qui bat à la fréquence de 55 à 60 par minute. Ce qui laisse au cœur une marge d’accélération plus grande, d’où rendement respiratoire supérieur.
En outre, le régime circulatoire agit en particulier dans la rhinite hypertrophique totale congestive des cornets inférieurs, qui est responsable d’une imperméabilité nasale intermittente : la turgescence des cornets, par l’afflux sanguin et la vasodilatation dus à l’effort, diminue la perméabilité nasale, C’est encore une autre variété d’insuffisance d’effort.
On voit donc que ces insuffisances d’effort constituent (toute question d’entraînement à part), un problème eomplexe, à facteurs multiples avec incidences réciproques, mais dépendant tous essentiellement de la qualité propre à l’individu : c’est pour cela que nous les groupons sous le terme de « facteur personnel ».
Il va sans dire que ce facteur est susceptible d’une nette amélioration par une éducation et un entraînement persévérant. Mais on n’obtiendra jamais de résultats
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aussi brillants que chez les sujets naturellement doués, où le facteur personnel est spontanément optimum.