IV. —— AUTRES INSUFFISANCES RESPIRATOIRES
Nous venons d'exposer les causes de déficience de la ventilation pulmonaire. C’est ainsi que l’on entend d’habitude, l'insuffisance respiratoire en clinique. C’est la plus facile à apprécier; celle qui est la plus accessible à la thérapeütique et, en particulier, à la rééducation respiratoire. Mais, en réalité, il y a insuffisance respiratoire toutes les fois qu'un facteur de l’hématose est déficient de façon permanente, Aux causes précédentes, 1l faut done en ajouter d’autres qui ont certainement leur importance.
l' Sang et parenchyme pulmonaire
A travers le parenchyme pulmonaire, les échanges gazeux s'effectuent entre l’air alvéolaire d’une part, le sang de l’autre. Donc, pour la seule respiration pulmonaire, 1l nous faut considérer encore les insuffisances respiratoires d’origine sanguine et d’origine parenchymateuse.
Le sang sera déficient par diminution du nombre des hématies (anémies et leucémies chroniques en particulier), par diminution de la valeur globulaire (chlorose), ou encore par modification de son pH, c’est-à-dire de l’équilibre acido-basique. D'où l'intérêt des examens du sang : taux de l’hémoglobine, numération globulaire et formule hémoleucocytaire et, si possible, évaluation du pH.
Le filtre parenchymateux intervient certainement de son côté. L’hématose est expliquée par des phénomènes purement physico-chimiques. Les grandes plaques anucléées au niveau desquelles se font les échanges gazeux sont de simples fragments de proto plasma homogène, dépourvus de noyaux sans doute, mais elles n’en sont pas moins des éléments de substance vivante et, selon toute vraisemblance, interviennent comme facteur biologique dans les échanges, Ce facteur biologique est essentiellement variable d’un sujet à l’autre, puisque là qualité du protoplasma est garante de la personnalité de l'individu. Il agit sûrement sur le coefficient d’hématose.
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2 Facteurs de la respiration interne ou tissulaire
Les phénomènes qui se produisent à ce point de vue sont complexes, car il faut aussi considérer la deuxième phase de la respiration, la respiration tissulaire, qui n’est pas moins importante. Là aussi, certainement, le facteur biologique influe fortement sur la qualité des échanges. Le métabolisme cellulaire diffère fatalement d’un individu à l’autre. De la même façon, les facteurs cellulaires présidant aux échanges sang-tissu, agissent dans des sens analogues chez tous les individus, mais à des degrés divers, avec une efficacité et un rendement variables d’un sujet à l’autre.
Il existe donc aussi une insuffisance respiratoire tissulaire encore mal connue. On pourrait la dépister, dans une certaine mesure, en recherchant le « métabolisme de sommet ». Graca et LErFEevRE ont mesuré le métabolisme après un effort maximum : il permettrait d'apprécier, non seulement le mécanisme de la respiration pulmonaire, mais aussi l’utilisation de l’oxygène absorbé. A ce titre, il serait utile pour dépister les insuffisances tissulaires.
3 La circulation
Une bonne circulation facilite les échanges, tant au niveau des tissus que des poumons, en assurant un transport rapide et suffisant en quantité entre les deux. Une circulation peu active, avec stase pulmonaire, chez les sédentaires, et surtout les insuffisants cardiaques, diminue l’hématose, même si la ventilation est excellente, ce qui est rare, d’ailleurs, dans ces cas-là.
Aussi faut-il pratiquer un examen soigneux du cœur et de la circulation périphérique (pouls, tension artérielle). Chez les cardiaques décompensés, la question est jugée. Mais, chez les sujets sains et les cardiopathes bien compensés, il faudra faire les épreuves fonctionnelles d’aptitude cardiaque, épreuves de Scanginer, de PAcHoN-Mar-
Le por
riner, de LAN, pour apprécier le retour au calme et la valeur du myocarde.
D'’habitude, la déficience des deux facteurs ventilation et circulation va de pair. Car tous ces éléments, comme nous l’avons déjà dit, s’intriquent, se compensent, s’influencent mutuellement; ils constituent le bloc hémo-cardio-respiratoire.
En somme, dans ce deuxième groupe d’insuffisances respiratoires, toutes choses égales du côté de la ventilation et de la circulation, il existe un facteur personnel d’utilisation dans les échanges gazeux, dépendant du coefficient d’hématose au niveau des poumons, et du coefficient d'échanges tissulaires au niveau des tissus. Toute déficience de l’un ou de plusieurs des éléments de ce facteur personnel entraîne une insuffisance respiratoire correspondante.