I. —— TRAITER LES INSUFFISANTS RESPIRATOIRES
Bien sûr, — et c’est la justification même de ce modeste travail.
Mais elle prétend, et avec combien de raison, apprendre chacun à tirer le meilleur parti de son appareil respiratoire, pour améliorer sa santé, et, le cas échéant, pour accélérer et parfaire une guérison en liquidant le passif, les séquelles de certaines affections : done, rôle de prévention et rôle de consolidation
IT. — EDUCATION RESPIRATOIRE 1° À l’âge respiratoire (enfant) :
A toutes les étapes de la vie, elle s'impose, mais elle recoit son indication majeure dans cette période appelée si
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justement 1’ « âge respiratoire » qui s'étend de 6 à 14 ans. A ce moment, l’enfant qui, jusque-là, a été un digestif presque uniquement, devient un respiratoire. Il entre dans cette phase capitale de la formation : formation morale, formation intellectuelle, certes ; mais, de grâce, ne négligeons point la formation physique; support indispensable des deux autres. Nous ne croyons pas que le fort en thème doive être fatalement disgrâcié ou inférieur physiquement, ni que le canere possède forcément des qualités naturelles d’athlète, Nous sommes persuadé, au contraire. qu'un équilibre judicieux doit être recherché : les qualités de l’esprit s’épanouiront plus aisément, si les qualités du corps les soutiennent à la fois avec fermeté et souplesse. Il est vraiment trop commun de rappeler l’antique adage : « Mens sana in corpore sano » : tout le monde se prétend convaincu de sa vérité et de sa sagesse. Mais quelle en est l’application ? Depuis quelque temps, on fait beaucoup de sport, beaucoup trop, en vérité, de façon anarchique, avec un contrôle médical souvent minime ou même inexistant. Mais on recherche encore trop l’effort spectaculaire. Le sport ne doit pas être dénaturé, sous peine de devenir nocif; il ne faut pas donner d’arguments trop commodes aux détracteurs de l’éducation physique (et il en existe encore); le sport convient à une élite. Kt, pour entrer dans cette élite, il faut avant tout passer à travers la filière de l’éducation physique. Tous d’ailleurs, ne parviendront pas au niveau supérieur, mais ils auront acquis cet équilibre physique et moral qui est, en réalité, le véritable but. Pour l’atteindre, il faut commencer dès 6.ans à façonner l’enfant par cette merveilleuse gymnastique de formation qui, jusqu’à la puberté, est axée par l’éducation respiratoire. Elle exige ‘une stricte discipline, de la patience, de la méthode, de la continuité. L'enfant est une pâte malléable qui gardera définitivement l’empreinte première : pour être délicat, son modelage n’en est que plus captivant. La transformation de toute une jeunesse par une méthode raisonnée, contrôlée, appliquée avec la discipline indispensable à toute réalisation, aura, nous sem-
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ble-t-1l, une importance autrement grande que le record
d’un isolé dont la valeur ne doit cependant pas être sousestimée. !
2° À l’âge musculaire (adolescent et adulte).
Plus tard, quand viendra l’âge musculaire, l’appareil respiratoire éduqué, de longue date préparé à sa tâche, ne sera pas surpris par le développement du musele. On continuera, d’ailleurs, à l’entretenir, à le développer. Mais, tout en restant indispensable, il ne sera plus seul, il se situera à son rang, toujours primordial, dans le cadre de toutes les fonctions parvenues à leur complet développement et leur parfait équilibre. Et, ainsi, toute la vie, la gymnastique respiratoire conservera une souplesse thoraco-pulmonaire, une discipline de la respiration favorables à la ventilation et à l’hématose; elle retardera considérablement la déchéance scléreuse de la sénilité.
À plus forte raison, le sportif devra avoir acquis et entretenir soigneusement une excellente ventilation et une stricte discipline de son souffle au cours de l’effort.
IIT. —— APPLICATIONS PATHOLOGIQUES
En pathologie, la rééducation respiratoire proprement dite trouve des applications multiples : chez les insuffisants respiratoires de toutes catégories; au cours de certaines maladies chroniques ; à la convalescence de la plupart des affections et, plus spécialement, des affections pulmonaires, dont les séquelles seront ainsi évitées ou limitées. | |
C’est là, dans le mode d’administration du médicament « rééducation respiratoire », que le doigté, le sens clinique joueront au maximum. En particulier, la question de la réadaptation du tuberculeux pulmonaire guéri retiendra toute notre attention. Nous entrons ainsi insensiblement dans le domaine des contre-indications.
Si le champ de la physiothérapie respiratoire s'étend à tous les âges, à tous les tempéraments, à de nombreux cas pathologiques groupés sous le terme générique d’insuffi-
sance respiratoire, il ne faut pas en surestimer l’action, et la considérer comme une panacée universelle. Beaucoup de malformations thoraciques ne seront pas très améliorées. Il ne viendra, bien sûr, à l’idée de personne d’ordonner la gymnastique respiratoire au cours d’une affection aiguë; mais la pratique étourdie de la rééducation au cours de tuberculose pulmonaire chronique en évolution engendrerait des catastrophes.