II. — L'AGE RESPIRATOIRE
La période respiratoire s'étend de 6 à 14 ans. Puis, après la puberté, accompagnée des modifications hormonales, l’enfant entrera dans la période musculaire. Done, l’âge respiratoire coïncide avec l’âge scolaire. On peut poser en principe que, sans être des insuffisants respiratoires à proprement parler, la plupart des humains ont besoin d’apprendre à respirer, comme ils ont appris à marcher. Le réflexe s’est établi de lui-même à la naissance,
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bien sûr, par le simple contact de l’air sur la peau. Mais le rendement peut toujours être amélioré. Pour bien faire, chaque individu devrait être astreint à quelques minutes quotidiennes de gymnastique respiratoire, torse nu: le contact de l’air sur la peau excite la fonction respiratoire (comme chez les nouveau-nés) et il existe, en réalité, une véritable respiration cutanée : autant de raisons pour nous inciter à soigner l’hygiène du tégument.
1° Importance du rôle de l’instituteur
Puisque l’âge respiratoire coïncide avec l’âge scolaire, l’enfant passe la plus grande partie de sa journée à l’école. Le maître le connaît, l’étudie autant et mieux (car plus impartialement) que les parents. C’est le maître qui pourra renseigner le médecin sur une gêne respiratoire habituelle, les mauvaises attitudes en classe, sur un retard intellectuel, et aiguillera l’examen médical qui, forcément trop rapide, aurait pu laisser dans l’ombre certaines imperfections. C’est encore l’instituteur qui pourra, de temps à autre, dans la journée, faire exécuter quelques mouvements respiratoires simples. Aïnsi, il rectifiera de mauvaises attitudes, développera la respiration de ses élèves, dépistera les insuffisants respiratoires frustes et procurera à sa classe un délassement utile. L'expérience a montré le fait suivant : quand la classe a déjà duré un certain temps, la lassitude des élèves se manifeste par une inattention généralisée. Que l’instituteur fasse alors ouvrir les fenêtres et exécuter des mouvements respiratoires pendant quelques minutes : il peut refermer les fenêtres et recommencer son cours au milieu d’une attention générale renouvelée : les élèves sont reposés.
2° Le mouvement respiratoire type
À. — EXEMPLE DE MOUVEMENT RESPIRATOIRE-TYPE Pour faciliter la tâche des instituteurs, le docteur Drrrre a proposé de leur enseigner un mouvement respiratoire-
type simple, mais tout de même suffisant, qu'ils feront exécuter de temps à autre par toute la classe. Avant de commencer, prendre la précaution de faire moucher les enfants. Chacun peut imaginer un mouvement. Voici à titre d’exemple un exercice-type consillé par le docteur BarRAUD :
1° temps : Au commandement de « Attention. », les enfants se redressent en rentrant, en « avalant » leur ventre, afin de fortifier leur sangle abdominale et de fixer leur cage thoracique par le diaphragme contracturé. En même temps, ils portent leurs mains, la face palmaire regardant le sol, horizontalement au niveau des clavicules.
2° temps : Au commandement de « Un... », les enfants inspirent, bouche fermée, en étendant leurs membres supérieurs, l’avant-bras en extension sur le bras, les coudes en arrière au maximum, en même temps qu'ils se haussent sur la pointe des pieds, genoux tendus au maximum, les talons étant juxtaposés. :
3° temps : Au commandement de « Deux », le sujet chasse l’air, la bouche étant toujours soigneusement fermée, en ramenant les membres supérieurs en flexion à la position initiale, c’est-à-dire à la hauteur des clavicules, en même temps que les plantes des pieds rejoignent le sol.
Le rythme sera lent. La durée d’exécution ne devra pas dépasser cinq à dix minutes au maximum.
B. Cririque: On peut critiquer cet exercice : lui repprocher sa difficulté, trouver fastidieux de répéter toujours le même mouvement, et craindre la lassitude et l’ennui des enfants. On peut aussi discuter sur le choix du meilleur moment pour l’exécuter. Il est toujours facile de critiquer : l’important est d’agir.
C. Procressron : Le docteur DiFFRE suggère un exercice de tenue de souffle soit apnée volontaire suivie d’une inspiration automatiquement profonde, soit tenue respiratoire en comptant à haute voix sans reprendre haleine, jusqu’à un certain chiffre toujours accru.
Le mouvement-type est susceptible de perfectionnements par trois exercices fondamentaux de respiration rythmée, tenue et scandée en progression (Drrrre et KiGer) : la respiration rythmée, permet d'obtenir une respiration profonde. La respiration tenue développe l’amplitude thoracique. La respiration scandée permet d’acquérir la discipline respiratoire, une respiration disciplinée étant celle dont on reste maître à tout instant.
Quelle qu’en soit la modalité d’application, nous sommes persuadés que la génération d’une idée comme le mouvement rspiratoire-type donnerait rapidement d’excellents résultats.
3 Le chant choral
Egalement, la pratique disciplinée du chant choral, très bon exercice respiratoire, ne saurait être trop recommandée.
La collaboration étroite et sans réserve du médecin et l’instituteur augmentera les chances du succès. « Le médeein et l’instituteur sont aujourd’hui les maîtres de l’heure en éducation physique .» Cette parole demeurera toujours vraie, C’est l’instituteur qui forge la Nation. Son ambition visera à façonner une Nation saine équilibrée, de valeur morale éprouvée : une Nation qui respire. Sous ce rapport, les choses sont en exellente voie, puisque la Direction de l’Enseignement Primaire a décidé d’autoriser les instituteurs qui en émettraient le désir, à faire des stages pour apprendre les éléments de la gymnastique analytique de formation. Les jeunes Maîtres ont répondu par un élan unanime qui a la valeur d’une démonstration.