II. —— INSUFFISANTS PAR DÉFORMATIONS VERTÉBRO-THORACIQUES
1° Les rachitiques. Is seront d’abord traités par les moyens habituels spécifiques du rachitisme : alimentation équilibrée, calcium, vitamine D, huile de foie de morue, etc, Puis, le plus tôt possible, vers 3 ans, dès que l’attention de l'enfant peut être suffisamment fixée pour lui permettre le mimétisme si développé dès le jeune âge, avec patience, il faut commencer l'éducation respiratoire du petit rachitique pour traiter les séquelles (thorax étroit avec gros ventre), avant que les difformités ne soient 1rrémédiablement fixées. Chez ceux qui seraient vus trop tard, après l'installation définitive des séquelles, la rééducation respiratoire obtiendra encore la meilleure mobilité et la meilleure ventilation pulmonaire possibles, en exerçant les muscles auxiliaires de la respiration.
2. Dépressions sous-mammaires. Entonnoir xiphoidien. Nous ne nous étendrons pas sur le côté strictement orthopédique du traitement, Ici, la gymnastique respiratoire s’attaquera directement à la cause. Nous avons vu, dans le précédent chapitre, que les tractions diaphragmatiques attirent en dedans les cartilages trop malléables. Il faut diminuer les tractions du diaphragme en le maintenant le plus possible en expiration, ou en proolongeant la durée des expirations par rapport à celle des inspirations. Ceci sera obtenu par des exercices spiroscopiques prolongés qui cultivent uniquement l’expiratoin. L'enfant se lasserait vite du spiroscope, Mieux vaut lui offrir une magnifique trompette : on obtiendra sans peine qu'il souffle dedans toute la journée.
Dans ces déformations, en particulier dans l’entonnoir xiphoïdien, il ne faut pas s'éxagérer l'efficacité de la gymnastique respiratoire. On n’obtiendra jamais de réduction complète. Mais on empêchera l’aggravation et l'augmentation de la lésion qui gardera ses limites pri-
mitives, de sorte que, la croissance aidant, la déformaon paraîtra diminuer. D'où l’impérieuse nécessité d’instituer le traitement le plus précocement poossible.
3 Rétractions du thorax après pleurésies purulentes : le résultat sera meilleur et la gymnastique respiratoire pourra être plus facilement réalisée si le drainage a été effectué à thorax fermé. Le plus tôt possible, dès que le malade a récupéré quelques forces, il faut le soumettre à des exercices de spiroscopie; puis, dès son lever, mettre en œuvre la gymnastique respiratoire normale.
4 Déformations rachidiennes. Dos rond, dos plat, scoliose. Les rachitiques seront traités comme nous l’avons dit précédemment. Quand la déformation est due au mal de Port, la question qui se pose est délicate : c’est le problème de l’éducation physique chez les tuberculeux guéris, qu'ils soient osseux ou pulmonaires. Nous y reviendrons à propos des tuberculeux pulmonaires. Mais nous croyons qu’une gymnastique respiratoire très prudente, peut obtenir sans danger un assouplissement très progressif des articulations thoraciques enraidies par l’immobilisation orthopédique.
Les déformations rachidiennes dues à une attitude vicieuse bénéficieront énormément de la rééducation respiratoire qui rectifiera les mauvaises positions acquises. Mais ce résultat ne sera définitif qu’au prix des efforts conjugués du professeur d'éducation physique, de l’instituteur, de la famille et du patient. Une mauvaise attitude est corrigée à la leçon d'éducation physique pendant une demi-heure. La séance suivante ne viendra que le lendemain ou le surlendemain. Pendant tout ce temps, l’enfant, livré à lui-même, retombe fatalement dans son habitude fâcheuse. Ce n’est pas ici le lieu de discuter la question du matériel scolaire. L’instituteur et la famille, en Haison constante avec l’éducateur, qui leur indiquera les principes fondamentaux de la correction pour le cas de leur enfant, exerceront une surveillance de tous les instants
pour maintenir les résultats de la leçon d’éducation physique.
o° Déformations par lésions osseuses. La rééducation respiratoire n’obtiendra pas, il faut le reconnaître, de résultats merveilleux au point de vue correctif. Mais elle agira favorablement sur la nutrition générale et diminuera le atrophies consécutives à une longue immobilisation dans un appareil orthopédique.
6° Déformations de la ceinture scapulaire. Quand surélévation de l’omoplate et scapulæ alatæ sont dues, ce qui est le plus fréquent, à une clavicule trop courte, la physiothérapie respiratoire ne les fera pas disparaître. Les scapulæ alatæ peuvent cependant être atténuées quand elles sont associées à un gros ventre avec lordose lombaire. La bonne position de la rééducation respiratoire redresse le rachis, fait avaler le ventre; les omoplates s’effacent d’elles-mêmes. Mais, ici encore, la difficulté réside dans le fait qu'aussitôt après la leçon de corrective, l’enfant reprend ses habitudes défectueuses.