‹ Insuffisance et Reeducation RespiratoiresChapitre 68 sur 101 · I. — INSUFFISANCE NASO-PHARYNGÉE · texte numérisé non relu

I. — INSUFFISANCE NASO-PHARYNGÉE

Nous supposons réalisé le premier temps,, la libération anatomique des voies aériennes par l’oto-rhino-laryngologiste (adénoctomie, résection de la cloison, ete..). Mais le patient conserve sa respiration buccale. Il faut le rééduquer. Quel avis serait plus autorisé que celui du Professeur Moure ? « Guéri, l'adulte aussi bien que l’enfant tire des avantages si grands de la rééducation de la fonction respiration que l’on peut dire que l'intervention a été inutie si elle n’est suivie de ce traitement ».

En premier lieu, mobiliser les ailes du nez, éviter leur aspiration, leur accolement à la cloison lors de l’inspiration. Cet exercice parait puéril à première vue ; son importance est capitale : la plupart des enfants présentent ce défaut. Le principe consiste à éduquer le petit musele de l’aile narinaire, à l’apprendre à se contracter, et à se

contracter en synchronisme avec l'inspiration. Il faut donc créer, l’automatisme de ce mouvement. On l’exécutera devant l’enfant ; on le lui fera faire ; et on l’invitera à le refaire chez lui devant la glace. L'instinct grimacier de l’enfant y trouve satisfaction et le mécanisme est vite créé ; quelquefois, on éprouve quelque difficulté à créer les premières contractions de ces petits muscles. Plusieurs petits moyens sont utilisés : faire grimacer en plissant le nez : appuyer sur le bout du nez à l’inspiration, puis relacher à l’expiration ; ou encore, pincer les narines entre deux doigts assez légèrement, et inviter l’enfant à repousser les doigts par l'effort conjugué du souffle et des paroïs narinaires, lors de l’expiration ; puis le faire alternativement pour chaque narine.

Quant on a éveillé ainsi l’activité du muscle narinaire il ne reste plus qu'à synchroniser sa contraction avec l’inspiration, ce qui est alors relativement aisé. Tous ces procédés si simples (beaucoup plus compliqués à décrire qu’à réaliser) donnent de merveilleux résultats.

En somme, un enfant se présente, sans obstruction ou après suppression de l’obstacle, mais avec une respiration buccale et un retard de croissance, et il suffirait de lui faire exécuter la bouche fermée, quelques grimaces du nez devant une glace, pour le voir aussitôt respirer librement par le nez et se dévopper ? Les faits présentés sous cette forme se heurteront à un scepticisme d’autant plus méprisant que plus ignorant. Bien sûr, la rééducation nasale n’est guère que cela: fermer la bouche, ouvrir les narines au bon moment, faire passer l’air par le nez, lentement, profondément, rythmiquement, c’est simple : mais encore faut-il ne pas la négliger et avoir la patience de la réaliser.

Puis il faudra veiller à ce que la respiration reste nasale, quand l’attention est captivée par d’autres mouvements. Et ainsi, très rapidement, l’enfant cessera tout à fait de respirer par la bouche. Mais, dans les premiers moments de la rééducation, il faudra le reprendre sans cesse pour l’obliger à penser à son nez, et créer l’automatisme.

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