IV. — INSUFFISANTS PAR DÉFICIENCE MUSCULAIRE
1° Insuffisance diaphragmatique. 11 faut d’abord éliminer les causes indirectes, comme l'insuffisance nasale et les troubles intestinaux (fermentation). La remarque suivante de TRèvEs servira de base à la rééducation : « Le diaphragme s’abaisse davantage dans la respiration abdominale, et la totalité des muscles abdominaux améliore la capacité vitale, non pas en favorisant une plus grande descente du diaphragme, mais en permettant une plus grande ampliation de la cage thoracique, grâce au redressement du rachis et à la fixation des épaules. Ce ne sont pas, d’ailleurs, les mêmes muscles abdominaux qui peuvent rentrer en jeu pendant l’expiration forcée et l’inspiration forcée. » « De ce fait, les exercices respiratoires ne doivent pas comprendre seulement des mouvements d’expiration utiles dans l’essoufflement et dans l’éducation des enfants et des débiles, mais aussi des mouvements d'inspiration, en raison de l’importance de la paroi thoracique pendant le temps inspiratoire. » |
Pour la rééducation du diaphragme lui-même, la manœuvre fondamentale, exercice diaphragmatique d’exclusion de RosENTHAL, nous paraît tout à fait recommandable :
Au début, elle sera pratiquée sur le sujet couché, en complète résolution musculaire. La main gauche placée sur la région épigastrique, exerce une légère pression (Paic- LARD). La main droite bat la mesure, c’est-à-dire s’élève dans l’inspiration, s’abaisse dans l’expiration. Ceci permet de diriger le mouvement en s’inspirant des tendances du sujet qu’on rééduque.
Après quelques séances, l’exercice diaphragmatique sera exécuté debout, avec une rétraction inspiratoire initiale de la sangle abdominale. Puis, on provoque la souplesse du diaphragme par des pauses ordonnées à un stade quelconque du jeu diaphragmatique, aussi bien au milieu qu’à la fin de l’inspiration.
En même temps, il faut développer la sangle abdominale. Il est toujours favorable d’adjoindre à l'exercice diaphragmatique quelques exercices respiratoires avec mouvements passifs des bras. Si l’inertie a provoqué la dénutrition du muscle, il sera nécessaire de procéder, au préalable, à quelques séances d’électrisation du diaphragme.
2 Musculature externe. Moteur de la fonction respiratoire sociale, ou de relation, elle sera beaucoup plus facile à rééduquer que le diaphragme. C’est sur elle que les éducateurs font porter le principal de leur action. Son jeu est d’un contrôle aisé. Aussi, malgré le rôle primordial des muscles externes, au point de vue rééducation, avons-nous comparativement plus insisté sur la rééducation du diaphragme plus difficile à réaliser et à contrôler.
Il faut avant tout pour les muscles dits auxiliaires de la respiration, comme pour le diaphragme, discipliner leur action. Chez l’enfant, jusqu’à la puberté, le développement pur du muscle est un contre-sens physiologique.
En somme, il faut arriver à une juste proportion entre le jeu diaphragmatique et celui de la cage thoracique, qui a l’avantage de ne pas modifier la statique des viscères.