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IL. — TUBERCULOSE PULMONAIRE

Une question délicate et d'intérêt majeur est celle de rapports de la rééducation respiratoire et de la tuberculose pulmonaire. Elle doit être considérée à un double point de vue : prophylactique et de réadaptation après guérison.

1’ Prophylaxie

La gymnastique respiratoire assurera la prophylaxie de la tuberculose de deux façons : directement, en facilitant l’aération des zones du poumon, principalement les sommets, normalement peu ventilées, ou même complètement exclues dans l’insuffisance respiratoire; indirectement, par la meilleure nutrition générale conditionnée par une bonne hématose, en un mot, par l’amélioration du terrain, et c'est probablement là le facteur capital.

2 Réadaptation du tuberculeux guéri

En ce qui concerne la rééducation respiratoire chez les tuberculeux guéris, un problème délicat se pose : prenons le cas d’une bacillaire porteur d’une spélonque: sous l’effet d’un pneumothorax efficace, au bout de quelques années, la perte de substance s’est cicatrisée, sclérosée. Ce tubereuleux a besoin d’une phase de réadaptation avant de reprendre une vie absolument normale. Habituellement, on essaie autant que possible de faire subir l’épreuve du travail progressif. Le tuberculeux exécute ainsi des efforts de plus en plus intenses pour accoutumer peu à peu son poumon à un fonctionnement plus actif, jusqu’à recouvrer son activité normale. Nous sommes entièrement d’accord sur la nécessité absolue de la très lente progressivité de l’épreuve. Mais cette façon de procéder n’est autre que l’application au tuberceuleux de la méthode de « dedans en dehors ». Nous en avons fait la critique précédemment. Plutôt que la réadaptation directe au travail, il nous paraît beaucoup plus logique, donc beaucoup plus indiqué,

de rééduquer le poumon, de le mobiliser très doucement, puis de faire accomplir au fur et à mesure de cette réadaptation un travail progressif à l'organisme; en somme, appliquer la méthode de « dehors en dedans ». Il sera bon d'évaluer autant que possible le degré d'insuffisance respiratoire du poumon malade et guéri, et le degré de suppléance du poumon sain. Pour cela, on utilisera la méthode d’exploration fonctionnelle des poumons séparés de ARNAUD, TuLou et MÉRIGOT.

Mais cette gymnastique respiratoire ne risque-t-elle pas de réveiller le processus tuberculeux dans le poumon guéri? Faut-il ou non rééduquer le poumon guéri du tubereuleux ? Et, en outre, est-ce réalisable ? Un repos relatif du poumon, quoique moins intense que celui qui a déjà favorisé la cicatrisation des lésions n’est-il pas préférable à une mobilisation, même très prudente ? Nous ne le croyons pas. Si nous abandonnons le sujet, après une réadaptation au travail, évidemment difficile à doser, il reprendra vite ses habitudes antérieures, il voudra accomplir les mêmes efforts qu'avant sa maladie. Le poumon incomplètement réadapté subira des à-coups qui réveilleront les anciens foyers ou en feront éclore de nouveaux. Tandis qu’une rééducation respiratoire, facile à doser très progressivement, redonnera insensiblement au poumon son élasticité antérieure ou presque. Tout l’organisme bénéficiera de la mobilisation du poumon, puisque l’hématose se faisant normalement, les défenses naturelles se fortifient, le terrain s'améliore. Quand le sujet reprendra un travail absolument normal, son poumon ne sera pas surpris, la transition ayant été insensible; le ter- ‘ain, plus robuste, ne se laissera pas effleurer par une nouvelle atteinte. Ce sont, en somme, les mêmes principes qui régissent la prophylaxie de la tuberculose pulmonaire par la gymnastique respiratoire, mais avec la progressivité très prudente et la surveillance étroite, en plus. La même question de principe se pose d’ailleurs pour la tubereulose oseuse,

Il. — ASTHME BRONCHIQUE

Il bénéficiera aussi de la gymnastique respiratoire, sans négliger bien entendu la désensibilisation. On obtiendra souvent une atténuation de l'intensité et de la fréquence des crises, surtout dans l’asthme infantile qui est parfois dû à une insuffisance thoracique (Reymon», de Genève).

III, — AFFECTIONS CARDIO-VASCULAIRES - ÂANÉMIES

Certaines cardiopathies seront améliorées ou rendues plus tolérables. Dans la pseudo-hypertrophie du cœur de croissance, conséquence directe de l’insuffisance respiratoire par dissociation thoraco-corporelle, la rééducation donnera les meilleurs résultats.

Le rétrécissement mitral, la plus dyspnéisante des cardiopathies, sera mieux toléré. La gymnastique respiratoire modérée sera la sauvegarde des bases pulmonaires des mitraux.

Les myocardies pourront également retirer un certain bénéfice de la rééducation.

La circulation sanguine sera facilitée; la rééducation respiratoire préviendra, dans une certaine mesure, l’hypostase et ses complications infectieuses secondaires.

Dans les anémies, la rééducation respiratoire réalisera ce que Tissré appelait de façon imagée « l’éducation physique du globule rouge ».

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