‹ Insuline et ParkinsonismeChapitre 18 sur 36 · DEUXIÈME PARTIE DE L'OBSERVATION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE DE L'OBSERVATION

ï 7 au 12 avril 1930. — Voyage à Paris. Promenades en voiture. Le 11, assiste au mariage de sa cousine et danse un peu le soir jusqu’à 22 heures. Retour en chemin de fer le 12.

(1) J. Fromenr et M. CHAMBON, L'Insuline, médication adjuvante de l’encéphalite épidémique et de ses séquelles parkinso-

niennes ou psychiques. (Journal de Médecine de Lyon, 5 septembre 1930.)

13 avril 1930. — Départ pour Saint-Rémy en chemin de fer, sans trop de fatigue.

Du 16 au 21 avril 1930. — Malgré les objurgations de ses frères et sœurs, se livre à un travail exagéré toute la journée, en particulier se donne pour tâche de peindre les fers d’une serre, accroupi sur une planche en équilibre instable sur le toit de la serre. Et comme ses sœurs lui reprochent de se fatiguer, il leur répond que c’est de la bonne fatigue.

Insuline : deux fois par jour, un peu plus d’un demi cc. (chaque injection).

Hyoscine : tous les soirs en se couchant, 1 cc, à 1 milligramme. |

21 avril 1930. — Arrivée à Saint-Rémy de ses parents qui l'empêchent d’exagérer la fatigue.

25 avril 1930. —— Part en automobile pour la pro priété de sa grand’mère, près de Montpellier. Voyage sans fatigue. Il reste à Montpellier jusqu’au 2 mai avec sa grand'mère qui lui reproche de ne pas se reposer assez. Sa mère étant partie le 27, les piqûres d’Insuline sont interrompues les 27, 28, 29, 30 avril et 1° mai. Elles sont reprises le 2 mai au soir à raison de 1 cc. par jour. N'a pas interrompu un seul jour l’hyocine. Retour à Saint-Rémy en chemin de fer le 2, à 18 h. 30.

& mai 1930. — Promenade à cheval d’une heure et demie, trot et galop, quelques discussions avec sa monture pour la faire passer là où elle ne voulait pas. Revient sans manifester de fatigue.

Les jours suivants, passe des journées entières de-

bout sur une échelle à peindre les volets de la ferme. Le soir, quand il n’est pas fatigué, promenades d’une demi-heure à trois quarts d’heure à bicyclette, qui ne paraissent pas le fatiguer.

13 mai 1930. — Départ de sa mère. Suppression des piqûres d'insuline jusqu'au 18 mai ; continuation de l’hyoscine.

Après déjeûner, promenade à bicyclette de une heure et demie. De 15 heures à 18 h. 1/2, peinture à la ferme.

14 mai 1930. — Allé en ville (1 km. aller, à bicyclette), à 10 h. 1/2 chez le dentiste. De 14 heures à 17 h. 30, peinture à la ferme.

15 mai 1930. — Allé en ville le matin en jardinière. Lecture. Se promène dans les champs demi-heure ou une heure. |

16 mai 1930. — A l'annonce de la visite pour déjeûner d’une dame de ses amies, accompagnée de son fils, se lève à 7 h. 1/4, va en ville en jardinière, fait le marché, écosse des petits pois, balaye. Assez fatigué lorsque arrivent les invités. Après déjeüner essaye de se promener, mais, à 200 mètres de la maison, revient trop fatigué.

Après le départ de Mme D.., tient pendant un moment les chevaux de son frère, va faire des commissions, va à la ferme à bicyclette et « tombe sur la jambe gauche qui n'est pas assez forte pour le porter » (?). Fait le résumé d'un livre qu'il vient de lire, se couche tôt après dîner, car est fatigué.

17 mai 1930. —— Mal dormi, flâne au lit jusqu’à

Nb

10 heures. Va voir entrer les foins et reste debout longtemps. Continue le résumé commencé, lit un livre de tissage assez difficile. Est assez fatigué, mais va quand même chercher sa sœur à la gare en voiture. Se repose après son arrivée (19 heures), chaleur accablante. |

Tous les jours précédents, ou presque, a pompé pendant une heure et quart pour remplir le réservoir de la maison.

Les injections d'insuline recommencent : deux fois 0,6 cc. par jour. L’hyoscine (1 milligr.) n’a pas été interrompue.

18 mai 1930. — Se lève à 8 heures. Lit. Toujours fatigué. Prépare le déjeuner pour recevoir deux amis. Chaleur très lourde. Après déjeuner partent tous en auto, très serrés dans une voiture fermée, pour la Fontaine de Vaucluse. L'auto est obligée de s'arrêter à une demi-heure de la Fontaine. Il hésite À partir à pied et se résoud à marcher en disant : « Je me reposerai demain ». Arrive très fatigué au restaurant. qui est à 5 minutes de la Fontaine. Retour pénible, revient éreinté à l’auto.

19 mai 1930. —— Reste au lit jusqu’à 11 heures. . Se lève assez fatigué, force un peu et commence à planter des pitons dans le mur de sa chambre. Ne peut terminer se sentant trop fatigué. Il s'étend et petit à petit, sa main gauche d’abord, puis la jambe gauche, puis la droite se contractent. A 18 heures il est « presque paralysé ».

Description de son état d’après Jui-même :

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