‹ Insuline et ParkinsonismeChapitre 17 sur 36 · LAS · texte numérisé non relu

LAS

11 février 1929. — La raideur s’accentue beaucoup. Céphalées plus violentes. Température : matin 38°; soir 37°7.

13 février 1929. — Induration diffuse et douloureuse du creux poplité. La imain droite se griffe. Le poignet s’enraidit dès que le malade veut étendre les doigts qui, d’ailleurs, ne peuvent que s'étendre perpendiculairement à la main (contracture des interosseux). |

16 février 1929. — Les doigts de la main droite restent ‘fléchis, l’avant-bras l’est aussi. Tout comme l’autre, la main droite se place dans l’attitude du chien qui fait le beau, à hauteur de l’oreille. Il faut recourir à un tiers pour maintenir le bras en demi-extension pendant que l'on fait l'injection intraveineuse. Température : matin, 87°6 ; soir, 38°4. Injections intraveineuses de chlorure et d'urotropine.

18 février 1929. — La contracture en flexion du bras droit s’est accusée, les doigts sont complètement fléchis. S... ne garde plus que le jeu de deux doigts de sa main droite : le pouce et l'index. La température paraît s'élever graduellement. Température : matin, 37:8:'soir: 38/8:

24 février 1929. — La contracture gagne les muscles masticateurs. La température oscille entre 38° et 39°. Lymphangite étendue du membre inférieur gauche avec gros œdème, diagnostiquée par le Professeur Bérard.

28 février 1929. — On cesse les injections d’urotropine et on recourt au Pyobactériophage. (Professeur

Bérard.)

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2 mars 1929. __ Ouverture spontanée de l’abcès au creux poplité. La collection purulente est si volumineuse que le Professeur Bérard doit faire une large incision allant du creux poplité au milieu du mollet. L'évolution et l'étendue de la suppuration font penser aux Complications suppuratives des diabétiques — bien qu'il n'y ait pas de sucre. Il y a tout lieu d'admettre que S... se comporte comme un très grand surmené, qu'il est, du fait de la rigidité, arrivé au stade d’épuisement complet. Le pronostic semble des plus réservés, d'autant qu'il se déminéralise ainsi qu'en témoignent ses dents, qui presque toutes se carient.

9 mars 1929. — La main droite se décontracte et se débloque un peu. La température, depuis trois à quatre jours, est redevenue normale.

11 mars 1929. — On reprend, en les alternant, les injections d’urotropine et de:septicémine.

16 mars 1929. — La plaie se cicatrise lentement.

27 mars 1929. — Injections d'hyoscine (1/4 de milligramme).

23 avril 1929. — Injections d’hyoscine (1 /2 milligramme). Rayons ultra-violets.

3 mai 1929. — S... remue la jambe droite.

16 mai 1929. — Bains de soleil. L’hyoscine est continuée aux mêmes doses.

8 juillet 1929. — Les progrès sont encore bien minimes. S... a toutefois récupéré les mouvements de sa main droite, mais ses jambes restent fléchies, talons accolés aux fesses, pieds en extension. Même par trac-

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tion on ne peut faire dépasser à la jambe droite, en l’étendant sur la cuisse, un angle de 60°. À gauche, toute extension est à peu près impossible.

Fig. 1. — Cachexie parkinsonienne avec CONTRACTURES ET RÉTRAC- TIONS MUSCULAIRES BLOQUANT EN FLEXION LES 4 MEMBRES et ayant envahi les maslicateurs. Evolution rapide (février à juillet 1929.) Depuis plusieurs semaines des douleurs très vio-

lentes du ventre qui, à diverses reprises, en imposaient

presque pour des douleurs appendiculaires. Un examen attentif a permis de les mettre sur le compte d’une contracture de la paroi abdominale, contracture avec courbature du même type que celle des membres. Ces contractures sont manifestement d'ordre dystasique, la musculature du parkinsonien travaillant au maintien de la statique même en décubitus dorsal. Les applications chaudes les ont progressivement atténuées. 11 juillet 1929. — Considérant en dernière analyse les accidents de cachexie parkinsonienne présentés par

S..., non pas comme conséquence d’une nouvelle

poussée d’encéphalite, mais bien comme un véritable

effet second, résultant du surmenage auquel l’a condamné sa dystasie parkinsonienne, on renonce définitivement à toute médication anti-infectieuse et on

recourt à la thérapeutique suivante : Insuline, 10

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unités le matin, puis 10 unités matin et soir. Hyoscine, 1 milligramme en injection par jour. Héliothérapie. Massage, avec mobilisation progressive et gymnastique rééducative.

20 juillet 1929. — Après deux jours de ce nouveau traitement, la main a commencé à s'ouvrir, et après huit jours les jambes ont commencé à se débloquer, en même temps que l’état général s’améliorait rapidement. ;

15 août 1929. — Le traitement (Insuline, 20 unités. Hyoscine, 1 milligramme. Héliothérapie, mobilisation : et massage) a été régulièrement suivi. L'amélioration se poursuit et s’accuse. Depuis le début du mois, S... se tient debout, commence à marcher.

15 septembre 1929. —— Même traitement. La marche s'améliore. S..., qui est sur une colline dominant la Saône de 100 mètres, peut y descendre, y prendre des bains (il nage mieux qu'il ne marche) et y faire du canot.

1* octobre 1929. — S.. à repris une attitude et une marche subnormales. On le retrouve tel qu'il était deux ans auparavant. On a de la peine à l’empêcher de mener une vie tout à fait normale. C’est à peine s'il se ménage un peu. Il se tient seulement le dos un peu rond. I} a une marche un peu asymétrique, re toujours sa jambe gauche. La main gauche reste un peu figée, bien qu’en attitude naturelle. Elle ne balance pas pendant la marche et manque de souplesse.

Le test du poignet décèle, à gauche, une rigidité latente, nette, indiscutable, avec roue dentée. Elle a tous les caractères de la rigidité du type dystasique,

Elle est surtout nette quand les pieds sont accolés. Elle s’accentue les yeux fermés. Elle disparaît dès que le malade s’étaye confortablement à un mur ou s’appuie à une table. Elle se déplace en même temps que

Fig. 2. — Le même, après traitement par l’Insuline (4 mois) associée à l’héliothérapie, au massage, à la mobilisation et aux injections d’hyoscine.

Atlitudes, marche et activité subnormales avec, pour seule séquelle, l’hémiparkinsonisme gauche rrès 1écer qui existait avant l’apparition de la cachexie parkinsonienne.

se modifie la direction des yeux. Elle se déplace quand change l'orientation spatiale de l'attention. S... peut, quand il y porte toute son attention, assouplir sa main, mais dès qu'il pense à autre chose, fait un calcul, la rigidité reparaît.

16 octobre 1929. — Réserve alcaline, 68.

17 octobre 1929. __ Le traitement (insuline 20 unités, hyoscine en injections 1 milligramme et massage)

De Rise

a été poursuivi sans interruption. Depuis septembre, cela va sans dire, plus d’héliothérapie. Pas encore de reprise des rayons ultra-violets. À part une certaine facilité à se fatiguer, ce qui entraîne, quand la fatigue a été trop grande, somnolence et hyperthermie transitoire, l’état reste des plus satisfaisants et il n’est pas. exagéré de dire subnormal.

Coefficient de Maillard-Lanzenberg : 19 à 9 heures, 10,8 à 11 heures, 7,5 à 18 heures. Phosphates urinaires, 2 gr. 13.

22 octobre 1929. — Glycémie le matin avant l’injection d'insuline 0,65. Il n’y a jamais eu aucun accident d’hypoglycémie, mais toujours l'injection d'insuline a été suivie d’une ration supplémentaire de sucre.

29 octobre 1929. — Traitement poursuivi (insuline 20 unités et hyoscine en injection : 1 milligramme).

Réserve alcaline, 59. Glycémie le matin avant l’injection d'insuline, 0,78. Créatinine urinaire, 22 milligrammes par 24 heures et pour 1 kilog.

Le traitement est continué et voici l’histoire d’un second épisode, aussi tragique que celui que nous venons de relater (1).

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