OBSERVATION VII
Mme P..., âgée de 45 ans, accuse un épisode, survenu en 1922, ressemblant fort à un accident encéphalitique : somnolence pendant deux mois environ. Grande faiblesse de 1923 à 1924, soignée comme de l’anémie. A un retour de la campagne, sa main gauche commence à trembler, ses jambes fléchissent parfois pendant la marche. En 1925, la main gauche est animée d’un mouvement menu, continu, accentué par la fatigue. Elle suit à ce moment-là un traitement combiné d’Uroformine et d'Hyoscine. Malgré cela le côté gauche tremble tout entier, même en décubitus dorsal, la marche devient très pénible. Légère rémission en janvier 1926, mais en 1927 la malade commence à perdre l’appétit et à maigrir. Des douleurs abdominales apparaissent qui sont prises tout d’abord pour des crises appendiculaires, mais que l’on reconnaît bientôt comme résultant du parkinsonisme.
En 1929, Mme P... ne peut plus vaquer à ses occupations, et même, au bout de quelque temps, elle est forcée de ne plus quitter son appartement.
Elle entre à la Clinique Jeanne d'Arc le 27 novembre 1929;
Le 29 novembre 1929. -- Coefficient de Maïllard-
Lonzenberg :
Urines:de Mi ST Rae 5,70 Urines!- du s0 ARR RER SES 8,50
Insuline, 10 unités à 10 heures, mal supportée érythème, pèleur, grande lassitude.
Le 30 novembre 1929. — Glycémie, 1 gramme, 28 pour 1.000. ,
Réserve alcaline du plasma : 54.
10 unités d'insuline à 7 h. 30, 10 unités d'insuline à 11 heures. Moindre raideur, plus grande facilité des mouvements, sensation de bien-être, mais syncope dans l'après-midi. La nuit qui suit est mauvaise.
Le 1" décembre 1929. —— Insuline, 10 unités à 10 heures. Malaise dans l'après-midi.
Le 2 décembre 1929. — Insuline, 10 unités à 7 h. 30: insuline, 10 unités à 11 heures. Nausées pendant toute la journée. On cesse le traitement pendant quelques jours.
Le 7 décembre 1929. — Insuline, 5 unités à 11 heures, pour essayer de réhabituer la malade au produit ; pas d'accident dans la journée.
Le 8 décembre 1929. -— Insuline, 5 unité à 7 heures; insuline, 5 unités à 11 heures ; accident fugace à 15 heures (érythème comme lors de la première injection).
Le 10 décembre 1929. — Insuline, 5 unités à 15 heures. Céphalées légères dans la soirée, vertiges.
Le 11 décembre 1929. - Insuline, 5 unités à 7 heures. Insuline, 5 unités à 11 heures. Aucun accident, la malade se sent mieux.
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Le 12 décembre 1929. __ Môme traitement. Le tremblement a diminué, Mme P... souffre moins.
Dès lors, on pratique deux injections d'insuline par jour à raison de 5 unités par dose: une à 7 h. 30, une deuxième à 17 h. 45. Certaines injections sont parfois suivies d’un léger malaise, mais le 16 décembre 1929 Mme P..…. peut marcher sans canne, chose qu'elle n'avait pu faire depuis un an.
Le 24 décembre 1929. — On ajoute, aux dix unités quotidiennes d'insuline, une injection d’un 1 [4 de milligramme d’hyoscine à 8 heures du matin. La malade est beaucoup plus souple, le tremblement à disparu. L'hyoscine est continuée malgré les vertiges qui suivent la piqûre.
Glycémie : 0 gramme 97 pour 1.000.
Réserve alcaline du plasma : 56.
Le 13 janvier 1930. —— Le traitement suivant est adopté : À 4 heures du matin, 1/4 de milligramme d’hyoscine. A 17 h. 80, 5 unités d'insuline.
Le 11 février 1930. — La malade quitte la Clinique. Son état général est nettement amélioré, ses forces sont revenues. La marche est pourtant toujours un peu difficile, et ne peut être prolongée.