‹ Insurrection de Naples en 1647 (volume 2)Chapitre 4 sur 82 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

Un tel événement ne pouvait manquer d'historiens; 1 un des premiers fut Alessandro Giraffi, qui publia à Venise, sous un nom supposé, un journal détaillé des événements accomplis durant la domination du célèbre chef populaire. On ne connaît cet auteur que par son style; mais il suffit de le lire pour s'apercevoir qu'il était plébéien. Son enthousiasme va jusqu'à l'extase lorsqu'il raconte les hauts faits de son héros. Néanmoins, il est loin d'approuver ses cruautés, et s'exprime toujours avec respect en parlant du vice-roi. Acteur et témoin de toutes les scènes qu'il raconte ^ son principal mérite est d'avoir soigneusement noté, le soir même, ce qui s'était passé dans le jour.

Raphaël de Turris, également contemporain, imprima, à Genève, une histoire de t insurrection de Nap/es, écrite dans un latin tourmenté, rempli de phrases boursouflées et de longs discours qui entraventla narration.il n'est pas moins pro-

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digue de sentences et de longues considérations; mais il expose clairement les faits^ les classe avec ordre j et s'il oublie souvent des événements d'une assez grande importance^ il n'avance du moins rien dont il ne soit sûr.

Mieux placé que les précédents pour apprécier les faits, à raison de son emploi de secrétaire de Vun des sédiles de la ville de Naples^Tommaso de San fis a conservé une foule de détails précieux et révélé les causes secrètes de presque tous les événements secondaires. Son extrême bonne foi et la prolixité avec laquelle il raconte, le rendent très-précieux à consulter et donnent beaucoup d'autorité à ce qu'il affirme.

A ces auteurs, qui firent imprimer leurs ouvrages, il faut ajouter deux manuscrits précieux: celui d' Agnelle délia Porta, et celui du mestre de camp Capecelatro.

Enfin, le comte de Modène, lieutenant et conseiller du duc de Guise, écrivain aussi élégant

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que bien instruit, a laissé une Histoire des révolutions de la ville de Naples^ qui offre le plus haut intérêt, par rapport surtout à la dernière phase de la rébellion, durant laquelle Henry de Lorraine dirigea le mouvement. Le comte de Modène avait préparé l'expédition; il en fut un des principaux acteurs, il n'omet rien de ce qu'il a su et répand le plus vif intérêt sur ses récits.

Mais vit-on jamais une histoire exposée avec impartialité par ceux qui furent appelés à y jouer un rôle actif?

Le gentilhomme français, ennemi naturel, adversaire passionné peut-être, et prisonnier des Espagnols, pouvait-il mettre moins de prévention dans son récit^que le noble napolitain, ou l'homme du peuple aveugle et enthousiaste instrument des ebefs de parti? Pour que nous puissions juger bien l'insurrection de Naples de 1647, il fallait qu'un auteur moderne, habitué à apprécier de haut les homme» et les choses, en

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écrivît l'histoire. Nommer le duc de Rivas, c'est dire le mérite de l'œuvre et l'impartialité qui le relève.

Don Atigel de Saavedra, qui tire son origine de Tune des plus anciennes et des plus illustres maisons d'Espagne, se fit connaître comme officier avant de se faire connaître comme écrivain; encore adolescent, il inaugurait brillamment sa carrière militaire dans la guerre de l'indépendance, où il reçut onze blessures et devint colonel d'état-major. Ses premiers écrits furent consacrés aux premières impressions de sa vie. Il rédigea pendant le siège de Cadix le Periodico militar^ où parurent en 1810, 1811 et 1812, des articles d'une grande portée. Ce ne fut qu'en 1813 qu'il prouva combien son talent était loin de se borner au style précis de la polémique, en lançant un volume de poésies dont le succès présagea dès lors sa future célébrité.

A la paix Don Angel se retira à Séville sa pa-

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