VIII INTRODUCTION
trie, et flt représenter dans cette ancienne capitale des rois maures la tragédie d'Aiiatar que les souvenirs de TAlhambra lui avaient sans doute inspirée, et qui fut applaudie avec enthousiasme. AtaulfOy Doha Blanca, le duc d'Aqui-taine et ^aM-Arfe/ suivirent bientôt, sans le démentir, cet heureux et brillant début.
Écrivant avec une facilité merveilleuse et n'ayant qu'à laisser courir sa plume pour réussir dans tous les genres, l'auteur d'Aliatar ne s'était pas tellement laissé absorber par ses travaux du théâtre qu'il n'eût trouvé des heures d'inspirations poétiques : deux volumes de pièces détachées furent livrés au public en 1820.
La haute réputation qu'il s'était acquise ne pouvait manquer d'appeler l'attention de ses compatriotes. Aux élections de 1821, la province de Cordoue le choisit pour son député aux cortès; et, justifiant pleinement la confiance de ceux qui l'avaient nommé, il se montra comme ora^-
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teur et homme d'Etat ce qu'il avait été comme
journaliste et comme poëte ; on lecoutait avec
un intérêt profond, et plusieurs de ses discours
eurent un grand retentissement. Ce fut alors que,
sous l'influence de ses préoccupations politiques,
il produisit sa tragédie de Lanuza, où le mérite
littéraire s'unissait au plus vif intérêt d'actualité.
Jouée d'abord à Madrid, elle s'empara bientôt de
tous les théâtres d'Espagne, et recueillit partout
les applaudissements des gens de goût, en même
temps que ceux de la foule passionnée.
Les événements de 1823 forcèrent le poëte espagnol à quitter la patrie de Caldéron. Émigré à Londres, puis à Malte, il écrivit dans cette île les poëmes de la Florinda et d' El moro expositOy puis un volume de poésies légères. Son génie indépendant déployant ensuite librement ses ailes, il franchit les bornes classiques dont il n'avait pas encore osé sortir. C'est alors qu'il devint lui-même, et qu'il entra dans cette voie