‹ Insurrection de Naples en 1647Chapitre 3 sur 34 · I INTRODUCTION · texte numérisé non relu

I INTRODUCTION

calme menaçant du Milanais. La guerre de Flandre vidait de plus en plus le trésor espagnol, et celle que la France avait déclarée à l'Espagne au sujet de Mantoue se poursuivait avec acharnement dans les Pays-Bas, le Roussillon, et sur les côtes occidentales et septentrionales de l'Italie^ lorsque l'insurrection, dite de Masaniello, fit explosion à Naples. Le récit de ce soulèvement populaire se trouve aujourd'hui, grâce au jeu bizarre des événements, être en quelque sorte une œuvre de circonstance. On y voit les mêmes causes amener Constamment les mêmes effets; l'insurrection commencer par les plus belles protestations de désintéressement et de générosité, et finir par le pillage et l'assassinat. La popularité des chefs du^ mouvement ne dure qu'un jour : le flot qui les porte au pouvoir les en précipite l'instant d'après, comme ces empereurs de la décadence pour lesquels la pourpre était un linceul.

INTRODUCTION. m

En comparant les pages de cette histoire à celles de notre histoire contemporaine, on reconnaît combien les hommes de tous les siècles se ressemblent, combien sont mensongers et vides ces grands mots d'ère nouvelle et de monde rajeuni. Les rapprochements sont si frappants avec les événements du jour^ qu'on serait tenté de croire que le duc de Rivas, en écrivant son livre, prêtait Toreille aux bruits de nos rues, si Ton ne savait que le premier volume avait déjà paru avant cette année fatale qui devait, après Paris, agiter l'Europe entière et déchaîner de nouveau sur cette malheureuse Italie, en 1848, tous les fléaux de 1647.

La constance et l'inébranlable fermeté de ces Castillans qui, sans se laisser efifrayér par l'ouragan populaire, attendent impassibles que sa fureur s'épuise, pourraient fournir aussi le sujet de méditations salutaires à ces gouvernements toujours prêts à fuir devant le danger.

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