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que bien instruit, a laissé une Histoire des révolutions de la ville de NapleSy qui offre le plus haut intérêt, par rapport surtout à la dernière phase de la rébellion, durant laquelle Henry de Lorraine dirigea le mouvement. Le comte de Modène avait préparé l'expédition; il en fut un des principaux acteurs, il n'omet rien de ce qu'il a su et répand le plus vif intérêt sur ses récits.
Mais vit-on jamais une histoire exposée avec impartialité par ceux qui furent appelés à y jouer un rôle actif?
Le gentilhomme français, ennemi naturel, adversaire passionné peut-être, et prisonnier des Espagnols, pouvait-il mettre moins de prévention dans son récit,que le noble napolitain, ou l'homme du peuple aveugle et enthousiaste instrument des chefs de parti? Pour que nous puissions juger bien l'insurrection de Naples de 1647, il fallait qu'un auteur moderne, habitué à apprécier de haut les hommes et les choses, en
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écrivît l'histoire. Nommer le duc de Rivas, c'est dire le mérite de l'œuvre et l'impartialité qui le relève.
Don Angel de Saavedra, qui tire son origine de l'une des plus anciennes et des plus illustres maisons d'Espagne, se fit connaître comme officier avant de se faire connaître comme écrivain ; encore. adolescent, il inaugurait brillamment sa carrière militaire dans la guerre de l'indépendance, où il reçut onze blessures et devint colonel d'état-major. Ses premiers écrits furent consacrés aux premières impressions de sa vie. Il rédigea pendant le siège de Cadix le Periodico militar^ où parurent en 1810, 1811 et 1812, des articles d'une grande portée. Ce ne fut qu'en 1813 qu'il prouva combien son talent était loin de se borner au style précis de la polémique, en lançant un volume de poésies dont le succès présagea dès lors sa future célébrité.
A la paix Don Angel se retira à Séville sa pa-
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trie, et fit représenter dans cette ancienne capitale des rois maures la tragédie d'Aiiaiar que les souvenirs de FAlhambra lui avaient sans doute inspirée, et qui fut applaudie avec enthousiasme. Atauifi)j Doha Blanca, le duc d'Aquitaine et ^a/eA;-ile/^/ suivirent bientôt, sans le démentir, cet heureux et brillant début.
Écrivant avec une facilité merveilleuse et n ayant qu'à laisser courir sa plume pour réussir dans tous les genres, l'auteur d'Aliatar ne s'était pas tellement laissé absorber par ses travaux du théâtre qu'il n'eût trouvé des heures d'inspirations poétiques : deux volumes de pièces détachées furent livrés au public en 1820.
La haute réputation qu'il s'était acquise ne pouvait manquer d'appeler l'attention de ses compatriotes. Aux élections de 1821, la province de Cordoue le choisit pour son député aux cortès; et, justifiant pleinement la confiance de ceux qui l'avaient nommé, il se montra comme ora-
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teur et homme d'État ce qu'il avait été comme journaliste et comnié poëte ; on Técoutait avec un intérâf profond^ et plusieurs de ses discours eurent un grand retentissement. Ce fut alors que, sous l'influence de ses préoccupations politiques, il.produisit siai: tragédie de Lanuza, où le mérite littéraioe s'unissait au plus vif ilitérêt d'actualité. Jouée d^àbord à Madrid, elle s'empara bientôt de tou^ les théâtres d'Espagne, et recueillit partout les applaudissements des gens de goût, en même temps q^e ceux de la foule passionnée.
Les événements de 1823 forcèrent lé poëte espagnol à quitter la patrie de Galdéron. Émigré à Londres, puis à Malte, il écrivit dans cette île les poèmes de la Florindaet à! Elmoro eœposùOy puis ua volume dp poésies légères. Son génie indépendant déployant ensuite librement ses ailes, il franchit les bornes classiques dont il n'avait pas encore osé sortir. C'est alors qu'il devint lui-mêtne, et qu'il entra dans cette voie
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nouvelle qui devait bientôt enrichir la scène esps^nole du drame intitulé Don Alvaro ou la Force de la Destinée, admirable innovation considérée au delà des Pyrénées comme le chefd œuvre de Fart dramatique moderne.
Don Alvaro ne fut représenté qu'au retour de Fauteur à Madrid, et seulement après une comédie pleine de verve et d^originalité, Tanto vales cuanto tienes. A cette époque, Don Angel de Saavedra était devenu duc de Rivas, par la mort de son frère aîné, mort sans postérité; ce titre lui ouvrit les portes du sénat. 11 y siégeait à peine que la couronne ayant à nommer un viceprésident de la première chambre du royaume n'hésita pas à le choisir.
Ministre de l'intérieur en 1836, il eut en main les grands intérêts politiques de son pays jusqu'en 1840, époque à laquelle il voulut se retirer des affaires publiques, et retourner à Séville, son pays natal. Il avait besoin de repos;
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mais ce repos n'excluait point pour lui les travaux littéraires. Il écrivit donc los Salaces de unprisoniero (les passe-temps d'un prisonnier) ; el Crisolde la lealtad(\e creuset de la loyauté), la Morisca deAlajuar, drames qui se succédèrent rapidement et qui firent fureur; puis, la retraite ramenant toujours Tinfatigable auteur à ses penchants poétiques, il publia bientôt el Desengaho en un sueno, (l'erreur dissipée en songe), œuvre étincelante de poésie.
Cette retraite ne fut pas longue: en 1843 le gouvernement fit appel à son patriotisme. Son esprit conciliant, et son éloquence persuasive devenaient nécessaires; il fut alcade de Madrid au milieu des circonstances les plus difficiles, et ne quitta ce poste, en 1844, que pour aller représenter l'Espagne àNaples, en qualité de ministère plénipotentiaire. La situation de ce pays était alors des plus graves ; et lorsque la constitution y fut proclamée, le gouvernement espa-
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gnol crut devoir reconnaître les services de son représentant : il luidonna le titre d'ambàstëdeur. En débarquant dans la ville de saint Jainyier, en {mrcourant Iça rues et les places qui avaient été le théâtre du drame terrible de Masaniello^ de ce drame si rempli do scènes palpitantes et d'enseignenoents historiques d'une haute* valeur^ l'imagination du poëte et l'attention de Thouime d'Ëtat furent vivement frappées. Le duc de Rivas se promit d'étudier cesyi^Ues pages àè l'histoire et de foire un article de revue avec lesdocuments nouveaux qu'il aurait recueillis^ Mais à mçsiire qu'il avançait 4ans ses recherchera mesure «qu'il feuilletait les auteurs contemporains, qu'il explorait les archives dont sa position diplomatique lui ouvrait les cartons les plus mystérieux, ^e les antiquaires et les collectionneurs s'em^pres-"^ saient de lu,i apporter les manuscrits etk» .ai^tographes, il voyait l'horizon s'étendre devant lui et il se sentait entraîné dans un cht^mp,
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plus raste. Il s'aperçut d'ailleurs que la figure de Masaniello, son règne si court, si pittoresque, et sa chute rapide ne formaient qu'un épisode de la grande secousse dont le chef populaire n'avait été que l'un des moteurs, et qui se prolongea longtemps après sa mort, comme elle s'était préparée longtemps avant sa grandeur éphémère.
Prendre de loin les causes qui amenèrent le royaume de Naples à de si désastreuses commotions, les résumer nettement, les apprécier avec justesse, et montrer plus tard les suites de l'influence de Masaniello après avoir peint la période insurrectionnelle sous les plus vives couleurs ^ comparer tous les écrivains de l'époque, faire jaillir la vérité du chaos de ces traditions passionnées et contradictoires.
Écrire, enfin, avec la minutieuse exactitude de l'historien et l'élégance du poëte: voilà la tâche que s'imposait le duc de Rivas, en prenant la plume, et qu'il a remplie avec son bonheur ordi-