‹ Intérêt de la Réaction de Fixation du Complément pour le Diagnostic de l'Infection Grippale (Application à l'étude de deux épidémies)Chapitre 14 sur 69 · RD) |A · texte numérisé non relu

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Un rôle très important dans l'éclosion des épidémies parait devoir être attribué à l'état d’immunité des sujets soumis à l'infection. L'immunité acquise par une collectivité à l'occasion d'une première atteinte conditionnerait la protection relative lors d'une épidémie ultérieure. Ce facteur expliquerait en parte l'extinction spontanée des épidémies ainsi que leur périodicité; en effet, les travaux récents très significatifs fournis par HiLLEMAN et coll. (1953), révèlent que la population longtemps exposée à ‘l'infection par un virus présente des titres d'anticorps élevés et que, lorsque cesse l’endémo-épidémie, les enfants nés après cette date n’ont pas d'anticorps

Un probième intéressant est posé également par la conservation du virus en dehors des épidémies. On a soulevé l’hypothèse d'infections latentes ou dormantes (Koprowskr, 1952) de sujets apparemment sains et dont le virus se «réveillerait » sous l'influence de facteurs extrinsèques (ANDREWES, 1953). Gette notion a pu être suggérée par certaines particularités de propagation des épidémies ; par exemple, Hoycaarp (1939), a constaté qu'un délai de deux à plusieurs mois a pu s’écouler entre le moment où des bateaux conaminés accosièrent au Groenland et celui où une épidémie y éclata. L'idée supporte enfin quelque vraisemblance sans avoir toutefois reçu de confirmation, si l’on se réfère aux importants travaux de SHOPE (1949) : ce dernier a montré que le virus de la grippe du porc pouvait survivre pendant des mois et des années dans les vers parasites du poumon du porc, lesquels comportent un cycle évolutif dans la terre ; on ne peut déceler ces virus à partir de ces vers que si l'on inocule le porc par voie orale et si l'on fait intervenir des artifices tels que l'injection de divers produits favorisant la réceptivité. Rien ne s’oppose à priori à ce que des faits voisins sinon identiques soient observés chez l’homme.

Facteurs biologiques tenant au virus :

Un autre facteur important de la variabilité des manifestations de la grippe réside dans la multiplicité des souches de virus. Les recherches immunologiques modernes ont, en effet, montré qu'il existe trois types antigéniques distincts, AÀ,B, G (Anprewes, 1953). Pour

chaque type existent en outre des prololypes qui, pour les virus À,

sont désignés parles notations WS, PR8 et FMI (ex À prime) et pour les virus B par les notations LEE et BON, Mais il y a en outre, pour les virus À, un prototype un peu différent de FMI, le FWI 50. : Bien plus (Isaacs et coll. 1952), parmi les virus A, on a distingué récemment deux sous-groupes : L (Liverpoor.) et S (SCANDINAVIAN), en appréciantl'avidité ou pouvoir de combinaison des virus et des anticorps au cours des phénomènes d'inhibition de l’hémagglutination. Cette propriété a d’ailleurs permis (Van.per VEEN, 1950) de caractériser trois phases possibles pour un virus, phases dites P,

et

Q.et R; or, les souches L étaient toutes en phase P tandis que les phases L étaient en phases Q. En ce qui concerne les virus B, on aurait récemment isolé des souches qui différeraient des deux prototypes LEE et BON (Tamm et coll. 1950 - Hirreman et coll. 1950). Si pendant plusieurs années on a isolé un seul type antigéni- quement bien défini au cours d’une épidémie et si ce même type a pu être retrouvé dans tous les pays atteints par la grippe à une même période - type WS ou PR8 (Von Macxus, 1953), à partir de 1946 sont apparues des souches nettement différentes comme celles appelées d’abord A’ puis FMI. Aïnsi apparaissent des groupes et sous-groupes nouveaux et l’on est en droit de se demander si les virus grippaux ne sont pas en constantes mutations (ANDREWES, 1950), ca: pables de faire naître des types antigéniques nouveaux, et ce peutêtre du fait de leur passage sur l'homme comme tendraient à le prouver les variations antigéniques obtenues par culture d’un virus grippal sur œuf embryonné en présence de sérum hétérologue (ARCHETTI, 1950 et 1952). Ces données éclairent d’un jour nouveau les modalités de diffusion de la grippe mais compliquent aussi singulièrement le problème de la vaccination, puisque un vaccin ne contenant pas le type en cause dans une épidémie ne saurait protéger contre la maladie (Francis et coll. 1947). Ainsi la grippe ne saurait être considérée comme une entité épidémiologique suffisamment univoque pour qu'on puisse baser un diagnostic sur ses modalités de propagation.

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