INOCULATION (1) 1. — INOCULATION AU FURET
On emploie des furets «Putorius (Mustela) furo », animal de choix pour l’inoculation du virus grippal (Smrru et coll. 1933).
Par instillation intra-nasale, le liquide de lavage de gorge détermine chez le furet, en 48 heures, une élévation franche de température avec écoulement nasal et anorexie. Elle s’abaisse à la normale au deuxième jour pour remonter le troisième jour. Au cours de ces trois jours, l'écoulement se précise et peut devenir purulent. Dès que la température est revenue à la normale, l'animal reprend sa vitalité et guérit. |
Si le furét est inoculé sous anesthésie (éther), il ne développe pas de lésions pulmonaires, à moins que le virus ait été modifié par passages successifs sur plusieurs furets : un tel virus adapté provoque souvent la fièvre en 24 à 48 heures et, à mesure qu'elle progresse, la respiration devient difficile, l'animal présente une toux sèche, caractéristique de la réaction trachéo-bronchique. Si on Ra
{1) D'après LÉPINE et SOHIER, 1954 ; voir aussi STUART-HARRIS, 1953.
a) le
laisse évoluer l'infection, la guérison survient habituellement du dixième au quinzième jour. Il est préférable de sacrifier l'animal à l'apogée des symptômes vers le cinquième jour : on incise les fosses nasales et on extrait les cornets ainsi que la muqueuse rhinopharyngée; les poumons prélevés montrent des zones brunätres localisées prédominant aux hiles mais souvent aussi s'étendant à un segment pulmonaire, voire à tout un lobe. Il faut noter (STUART- Ilarris, 1953) que le virus est dans tous les cas présent dans les poumons bien qu'à un degré moindre que dans la muqueuse nasale, surtout si l'animal a été inoculé sous anesthésie, à l'éther, même s'il n'y a pas de lésions pulmonaires macroscopiques visibles.
Au contraire du virus À, le virus B peut ne pas déterminer, chez le furet, de manifestations cliniques, mais dans tous les cas, le sérum développe des anticorps spécifiques prouvant l'infection.
Le broyat des organes prélevés peut servir à inoculer d'autres animaux (furéts, souris) ou, après addition d’antibiotiques, à inoculer des œufs par voie amniotique. Deux échantillons de sérum prélevés chez l’animal au début et au décours de la maladie peuvent permettre, de plus, la mise en évidence d’une apparition d'anticorps spécifiques. L 2. — INOCULATION A LA SOURIS.
La souris, impropre "à l'isolement direct du virus, peut cependant être infectée avec du matériel provenant du furet ou de l'œuf infectés : habituellement, plusieurs passages sont nécessaires sur la souris par voie intra-nasale et sous anesthésie, avant qu’en apparaissent ces lésions pulmonaires. Elles sont semblables à celles du furét mais sont plus étendues ; de plus, des souches passées en séries sur la souris déviennent très virulentes et la tuent régulièrement en 4 à 10 jours même à la dilution du 1/1.000° ou plus ; la densification pulmonaire est massive. |