‹ Intérêt de la Réaction de Fixation du Complément pour le Diagnostic de l'Infection Grippale (Application à l'étude de deux épidémies)Chapitre 26 sur 69 · INOCULATION A L'ŒUF INCUBE · texte numérisé non relu

INOCULATION A L'ŒUF INCUBE

Le virus de la grippe est aujourd’hui plus aisément cultivé à partir des sécrétions humaines par injection dans l’œuf de poule incubé : La cavité amniotique (Burner, 1940) entourant l'embryon

(1) On consultera avec profit pour le détail de ces techniques : . LÉPINE P. et SOHIER R. : « Méthodes de laboratoire appliquées au diagnostic des maladies à virus» (1954), ainsi que l'ouvrage de BEVERIDGE et

BURNET (1946), qui comporte un exposé détaillé des techniques et une importante bibliographie. ‘

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contient normalement une faible quantité de liquide et, comme le bec de l'embryon baigne dans le liquide, il est évident que le matériel injecté peut ainsi pénétrer dans les voies respiratoires de l'embryon. La sensibilité de l'embryon est maxima vers le treizième jour du développement, au moment où le poumon commence à constituer son épithelium bronchiolaire primitif. L’inoculation amniotique s'impose pour l'isolement du virus à partir des liquides humains. En principe, elle se pratique sur des œufs ayant subi une pré-incubalion de 12 à 13 jours pour le virus À, et de 8 à 10 jours pour le virus B. En pratique, on se place dans des conditions moyennes en employant des œufs de onze jours. Le matériel à inoculer est additionné d’antibiotiques (pénicilline, 1.000 unités ; streptomycine, 200 Mus par ml.) et injecté à raison de 0,2 ml. par œuf. Les conditions techniques d'inoculation, de prélèvement des liquides infectés, d'adaptation du virus aux différentes annexes de l'œuf ont fait l objet de très nombreux travaux. Au Laboratoire d'Hygiène, une étude critique des différentes méthodes d’inoculation menée par Esser et SomiEr (1952) a fait adopter la technique suivante pour l’inoculation par voie amniotique :

L'œuf étant placé à la verticale sur un mireur, après repérage soigneux de l'embryon à travers la coquille, une aiguille à extrémité fine montée sur une seringue contenant le liquide à inoculer est enfoncée d'un coup sec dans la direction de l'embryon. Au moment où elle pénètre dans le sac, l'embryon effectue un mouvement de recul; on retire alors légèrement l'aiguille et on injecte. Le risque d’ injection de l’inoculat dans la cavité extra- embryonnaire présenté par cette méthode est minime et largement compensé par les avantages qu’elle présente sur les méthodes à vision directe qui. comportant l’ouverture de la coquille, entraînent une mortalité non spécifique considérable.

Les œufs sont ensuite placés à incuber à 35° GC et examinés quotidiennement. Les œufs qui meurent dans les 24 premières heures sont rejetés ; les œufs vivants sont ouverts au bout de 48 heures : après refroidissement des œufs à 4° G afin de réduire l'hémorragie, les liquides amniotiques et allantoïques sont prélevés stérilement par aspiration à la pipette à boule, et soumis à un contrôle de stérilité bactérienne L'’infection de l’œuf est reconnue à l'aspect de l’embryon mais en pratique, elle est plus élégamment mise en évidence par le développement dans le liquide d'hémagglutinines chaque liquide est soumis à une épreuve d’hémagglutination dite « de dégrossissage » effectuée sur plaque spéciale ; suivant la méthode centripète d'Himmer.wreir (1949) : Une goutte du liquide recueillie de chaque échantillon sur une lame est additionnée d’un peu de sang de l’embryon dilué en eau physiologique ; on mélange et on observe après 10 minutes une agglutination des hématies rappelant l’aspect d’un mélange de sérum et de globules incompati-

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bles ; cette hémagglutination, rare au premier passage, apparait le plus souvent après deux ou trois passages aveugles. Après un ou deux passages par voie amniotique, le virus se développe également dans la membrane du sac aMantoique entourant l'embryon. Dès que les liquides amniotiques montrent la présence d'hémagglutinines, le virus peut être adapté au liquide allantoique; cette cavité est beaucoup plus aisée à inoculer et fournit des quantités relativement importantes d'un liquide acellulaire et qui contient un titre élevé en virus. À ütre d'exemple, ‘voici quelles ont été les conditions d'apparition du pouvoir hémagglutinant dans le liquide amniotique et les délais d'adaptation à l’allantoïde pour nos 6 tentatives d'isolement ayant donné lieu à infection des œufs :

En fait, la seule preuve indiscutable est la reproduction expérimentale de la maladie par inoculation au furet. Cette méthode, peu pratique, est actuellement remplacée par des méthodes sérologiques moins directes mais tout aussi probantes : en pratique, on peut faire appel à deux méthodes : “

— On peut préparer, à partir des liquides infectés, des antigènes pour la réaction de fixation du complément qu'on introduit dans une réaction avec des sérums connus pour être positifs.

On préfère préparer, à partir de ces liquides, une hémagglutinine qu'on introduit dans une réaction d'inhibition de l’hémagglutination par des sérums standards connus.

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