I RÉACTION D'INHIBITION DE L'HÉMAGGLUTINATION
On classe sous le nom de méthodes indirectes les réactions ayant pour but de déceler dans le sérum des anticorps spécifiques . pour les virus grippaux. On peut actuellement utiliser trois types de méthodes :
— Soit la mise en évidence d'anticorps inhibant spécifiquement l'hémagglutination due aux virus grippaux, plus connue sous le nom de réaction d’inhibition de l’hémagglutination (réaction de Hrrsr).
— Soit la recherche des anticorps, ou sensibilisatrices, fixant spécifiquement le complément en présence d’un virus grippal ou de produits dérivés.
— Soit la constatation d’un pouvoir neutralisant, spécifique pour un virus grippal, du sérum de sujets ou d'animaux guéris de L’infection.
En pratique, seules les deux premières réactions sont utilisées couramment pour le diagnostic biologique de l'infection grippale. Si la recherche d’un pouvoir neutralisant.est d'un intérêt indiscutable pour apprécier les propriétés antigéniques d’un virus et l’infectiosité d'un produit viral, elle est trop délicate, longue et onéreuse, pour constituer une méthode courante de diagnostic.
A. - LE PHENOMENE D'HEMAGGLUTINATION
La constatation fortuite par Hirsr (1941) puis par Mc CrErranp et Hare (1941) de l’auto-hémagglutination des hématies de l'embryon de poulet sous l'influence du virus grippal a permis la mise
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au point de méthodes pratiques de caractérisation du virus dans un milieu, d'appréciation de ses modalités de développement, d’identification enfin.
En outre, on a constaté que les sujets infectés par un ultravirus peuvent élaborer des anticorps qui, présents dans le sérum, ont la propriété d'inhiber spécifiquement l’agglutination des hématies par un virus identique à celui qui est à l’origine de l'infection.
L'étude de l’hémagglutination, en vue de ses applications pratiques, doit donc comporter :
1° La réalisation d'une suspension d'hématies convenablement choisies ;
2° L’obtention de l’hémagglutinine D cfiotee 3° Une méthode de. titrage de cette hémagglutinine.
1° - Pour les virus grippaux, les hématies qu’il convient d'utiliser de préférence sont celles de poule jeune, de moins d'un an si possible, ou des hématies humaines du groupe «0 ».
On prélève le sang dans la veine axillaire ou par ponction cardiaque, sur 20 p. 100 en volume de citrate de sodium à 2 p. 100. Le sang citraté peut être conservé à 4° C. pendant une semaine au maximum ; la suspension standard doit renfermer 0,5 % d’hématies, quantité appréciée par rapport au culot après 3 lavages successifs et centrifugation pendant dix minutes à 3.000 tours.
Elle doit être fraîchement préparée avant chaque épreuve.
2° - Les hémagglutinines des virus de la grippe sont liées à la fraction virale, contrairement à celles d’autres virus qui sont liées à un composant soluble dissociable du micro-organisme infectieux.
L'hémagglutination qu'elles provoquent est spontanément réversible : Lorsque le virus grippal a été adsorbé sur les hématies dont il a provoqué l’agglutination, il peut spontanément se rendre libre à nouveau, sans qu'on ait modifié les conditions physico-chimiques du milieu. Le virus ainsi élué garde toutes ses propriétés, dont l'aptitude à agglutiner des hématies neuves. Mais les hématies sur lesquelles le virus s'était fixé sont définitivement altérées. Tout se passe comme si les hématies avaient à leur surface des récepteurs que détruit le virus par un phénomène très vraisemblablement enzymatique et, en outre, comme si chaque virus avait sur les hématies des récepteurs propres (BurNET et coll. 1946 à - Burner, 1951).
A l'heure actuelle, il est recommandé de préparer ces aggluti- PR à partir de liquides allantoïques infectés par les souches PR8 et FMI pour le virus À et les souches LEE ou BON pour le virus B.
Il faut savoir que la quantité de virus inoculé intervient pour provoquer ou non la formation d’ hémagglutinine qui est nulle pour une trop forte concentration en virus (HENLE et coll. 1943 - Vru-