V. Valeur de la méthode
De l'ensemble des travaux poursuivis par cette méthode il ressort que c’est une réaction dont la mise en œuvre est délicate ; elle présente en effet des difficultés techniques qui tiennent à plusieurs facteurs :
1. - Hémagglutinines : De préparation difficile, elles doivent être titrées conire des anti-sérums spécifiques pour chacune d'elles, eux-mêmes difficiles à obtenir.
Surtout, la haute spécificité de la réaction d’inhibition, spécificité de type et non simplement de groupe, si elle permet le typage des souches, se retourne contre elle lorsqu'il s’agit d'établir un diagnostic. En effet, dans l'ignorance où l’on est de la souche responsable s1 celle-ci n’a pas encore été déterminée, le résultat obtenu dépend d'une éventuelle identité entre le virus infectant et celui utilisé dans le test. Il faut donc pratiquer la réaction simultanément avec le plus grand nombre d'hémagglutinines possible, au minimum 3 du groupe A et 2 du groupe B. Encore a-t-on constaté que, paradoxalement, l'hémagglutinine préparée à partir de la souche même de l'épidémie pouvait donner de moins bons résultats que d’autres (STUART-HaARRIS et Mizcer, 1947). Aussi les statistiques comportent-elles souvent, avec cette méthode, un pourcentagc important d'erreurs par défaut (LÉPINE et coll. 1949).
2. - Hématies : BEvERIDGE et Linp (1946) ont observé que des variations de titre considérables pouvaient survenir avec différents échantillons d’hématies provenant de la même espèce animale (Titre variant du 1/25 au 1/100 pour 33 échantillons testés avec le même virus). De plus, une saignée trop souvent répétée de la même poule peut introduire une cause d'erreur par le fait que les formes jeunes de régénération des hématies n'ont pas le même comporte- . ment que les hématies adultes.
3. - Surtout cette réaction est grevée de tous les facteurs non spécifiques qui viennent interférer sur l’hémagglutination elle-même et sur son inhibition spécifique par les anticorps sériques. Les inhibiteurs non spécifiques des sérums, en particulier, rendent pratiquement obligatoire leur élimination par des traitements assez laborieux.
Ainsi Hizceman et coll. (1953) ont vu que, pour la souche PR&, 16 sérums d'enfants, non traités, présentaient un titre moyen d’inhibition de 1/160 alors qu'ils donnaient un titre non significatif après traitement par filtrat de vibrion cholérique. Les souches WS, FMI, LEE et IBl étaient également très affectées par les substances non spécifiques mais à un moindre degré. La souche C, par contre, n’était pas influencée.