‹ Intérêt de la Réaction de Fixation du Complément pour le Diagnostic de l'Infection Grippale (Application à l'étude de deux épidémies)Chapitre 61 sur 69 · FEVRIER · texte numérisé non relu

FEVRIER

Mois

Diagramme 3.

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À. - Renseignements fournis par l'étude des courbes de morbidité : Intérêt de la réaction de fixation du complément.

1. - Réalité du clocher de morbidité dans certaines épidémies.

Le simple examen de la courbe exprimant le nombre des consultants à l’infirmerie de VALENCE lors de l’épidémie de 1953 (diagramme I, courbe 1){ confirme l'allure explosive mais spontanément résolutive de la grippe dans cette unité. La réaction de fixation du complément n’a fait qu'apporter une confirmation de laboratoire à l’étiologie de cette flambée de morbidité, évidente par les seules données épidémiologiques. \ |

La courbe de morbidité de LA VALBoNNE en 1955 (diagramme I, courbe 2), si elle montre également un clocher d’apparition assez brusque le 26 février, semble traduire que la grippe ne s’y est pas manifestée avec un caractère très explosif puisque le clocher initial est beaucoup plus discret et que, d'autre part, l'augmentation de la morbidité s'étale sur un mois montrant que l'épidémie fut lente à s’éteindre. Dans un tel exemple, la confirmation par le laboratoire fut d’un grand secours pour étiqueter cette courbe qui aurait pu tout aussi bien traduire l'incidence du coryza ou d'une épidémie d’angines ; si la clinique faisait soupçonner le virus grippal pour certains sujets, seul le laboratoire permit d’étiqueter ce clocher.

2. - Grippe évoluant dans une collectivité sans répercussion sur la courbe de morbidité.

L'examen initial des courbes de morbidité des infirmeries de SATHONAY et du FORT-LAMOTHE aurait pu faire conclure que, comme à La VALBONNE, la grippe y évoluait sur un mode épidémique bâtard, traduit par un clocher initial modeste que les examens de laboratoire permettaient de rapporter à l'infection grippale (diagramme Îl, 2° courbe, diagramme If, 6° courbe), mais l'analyse de ces deux courbes montre que :

Le clocher retrouvé du 81 janvier au 2 février sur la courbe de SATHoNAY (considéré comme infirmerie de garnison, Il, 2) appartient en réalité aux malades venant surtout du Forr-Lamorme et de Vémssreux (If, 3), la courbe des malades du camp de SarHoxay lui-même ne montrant guère d'augmentation de la morbidité, bien qu'à partir du 1" février, des cas de grippe authentiques confirmés par la sérologie aient évolué dans cette unité (II, 1).

Ce même clocher, rapporté aux consultants de Forr-Lamornr (considéré comme infirmerie de Place (IH, 6), n’est pas dû non plus aux malades de la caserne du ForT-LamoTKE (III, 1), mais bien uniquement aux consultants provenant de Vénissieux dont la courbe montre également ce même clocher le 31 janvier (II, 5). La courbe

des malades en provenance du ForT-LaAmoTE lui-même (II, 1) traduit de façon extrêmement discrète sinon nulle, que 4 cas de grippe authentiques confirmés par la sérologie ÿ ont évolué du 1" février au 1” mars.

Ainsi, en 1955, la grippe a donné lieu à une augmentation de la morbidité uniquement à La VALBONNE et à VÉNSSEUX : partout ailleurs elle a donné lieu à des cas authentiques, mais sans répercussion sur la morbidité générale : si les médecins du Forr- LamoTue et de VÉNISSIEUx nous avaient transmis le relevé des seules affections qui sévissaient dans leurs unités, la courbe de morbidité de ces unités n'aurait pas permis de soupçonner que la grippe était en train d'y évoluer.

B. - Bilan des épidémies et essai d'interprétation.

L'étude des manifestations de la grippe dans la région lyonnaise de 1953 à 1955 nous a permis de vérifier un certain nombre de notions considérées comme caractéristiques de cette infection :

— Pour un cas, elle a mis en évidence le rôle possible d’une vaccination comme facteur provoquant dans le déclanchement d'une grippe (voir p. 65).

— Pour deux cas, elle a illustré les rapports de la grippe et de la tuberculose (voir p. 66).

— En outre, elle a révélé que, pendant les épidémies, un nombre insolite de sujets possèdent dans leur sérum des titres d’anticorps au 1/8.

— Surtout, elle oppose de façon saisissante la grippe de 1953 à celle de 1955 :

En 1953, la grippe a frappé un plus grand nombre de sujets, n'épargnant pas plus les militaires que la population civile. Elle s'est déclarée et propagée suivant un mode explosif mais s’est éteinte rapidement. Elle a donc affecté le mode épidémique vrai.

Enfin, elle a été provoquée par une seule A de virus (un seul cas de grippe B sporadique).

En 1955, à l'inverse, elle a affecté un NES plus restreint de sujets, évoluant par petits foyers dans des collectivités militaires ; . n’a pas, à notre connaissance, affecté la population civile. Lente

se déclarer, elle a été également lente à s’éteindre. Elle a comdone un certain nombre “de cas d’allure sporadique. Elle à donc affecté le mode endémo-épidémique ou sporadique.

Surtout, le fait nouveau de l’année 1955 a été l'incidence, à côté de la grippe à virus À, de cas de grippe à virus B. Si la plupart de ces derniers ont concerné des cas isolés (on sait que la grippe à virus B donne souvent lieu à des cas sporadiques), en deux occasions (GRENOBLE : 2 cas ; LA VALBONNE : 3 cas), leur groupement suggère que la grippe B a pu évoluer en foyer. Il est remarquable

d'autre part, que 10 de ces grippes B ont dû être hospitalisées dans le service de pneumologie de l'Hôpital Des Genettes (Médecin-commandant BOUCHER). k,

Or, le typage des souches isolées en 1953 et en 1955 a montré qu’elles étaient identiques. II ne faut donc pas chercher dans le virus la cause de la différence. entre les deux épidémies. On peut, par contre, supposer que l'épidémie de 1953, en créant une immunilé relative dans la population, n’a permis au même virus, Survenant en 1955, que de déterminer des manifestations atténuées.

Au contraire, l'absence de grippe à virus B en 1953 expliquerait que, survenant en 1955, elle ait déterminé un pourcentage important de formes pulmonaires.

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