MAR
De telles opinions étaient fréquemment émises il y a une trentaine d'années ; chacun mettait en valeur l’importance et la gravité de celte affection. De tels efforts n’ont pas été vains, ils on conduit à améliorer le dépistage et multiplier les traitements ; et les heureux effets que l’on constate aujourd’hui, sont sans aucun doute la conséquence de la lutte entreprise contre cette maladie.
En 1933 dans sa thèse Mille Th. Roussy a trouvé sur 588 enfants (jumeaux exclus) 57 cas de syphilis, soit 10 % environ (cette stalislique comprend ceux morts in-utéro). La sévérilé, avec laquelle elle à effectué les critiques de ses observations ne suffil pas seule à rendre compte de la baisse du pourcentage de l'intervention de la maladie ; il existait déjà une diminulion du nombre de syphilis trouvées chez la femme enceinte. Mais aussi elle note « la syphilis apparaît comme la première des causes médicales susceptible d’engendrer la prématuration. Elle constitue 26 % des affections médicales enregistrées... de là cependant il ne serait pas exact d'inférer qu'elle a déterminé un nombre absolu très élevé d'accouchements prématurés ».
Ainsi, non seulement le nombre des syphilis détectées a diminué, mais encore son rôle effectif tend à être mis en cause. Une telle évolution s’est poursuivie ultérieurement : le pourcentage trouvé dans les différentes statistiques à continué à baisser et conjomtement le rôle de la syphilis.
Alors qu'il n'y a pas si longtemps, tout nouveau-né prématuré recevait systématiquement un tralement antisyphihtique, actuellement ce traitement n'est plus appliqué qu'aux enfants manifestement suspects de cette affection (Mayer). Il en est de même pour le traitement de la mère lors des grossesses ultérieures.
A la période actuelle, la majorité des auteurs après le retentissant article du Professeur DEBRÈ, conclut au rôle restreint de la syphilis congénitale en général et en particulier de la syphills dans la prématuration. Mile Ducas, dans sa thèse récente inspirée par le Docteur BrocniEr la place au troisième rang des affections maternelles dans l’étiologie de la prématuration. au +
Même opinion dans l'étude statistique de Institut National d'Hygiène déjà cité, où la syphilis est au troisième rang des maladies maternelles venant après les néphropathies gravidiques et les infections aiguës de la mère. Les auteurs relèvent d’ailleurs dans le premier mois un pourcentage 3 fois plus élevé de décès de prématurés lorsque les mères syphilitiques ont une sérologie négativée (alors qu'une syphilis récente à sérologie positive intervient surtout dans la mortinatalité).
A 0er
Mais si le rôle de la sy philis est restreint, il ne fait pas de doute pour certains qu’elle intervient encore pour une part non négligeable, dans la prématuration.
C’est ainsi que Pazruez et CorreLr, trouvent deux fois plus de prématurés chez les mères sy philitiques. Monsieur Meyer De Scamipr, trouverait, lui, 7 fois plus de prématurés chez les femmes syphilitiques ne chez les femmes saines. Les statistiques de l’Institut National d'Hygiène prouvent une différence significative et un nombre nellement plus élevé de prématurés nés de mères syphilitiques.
En somme, grâce à la multiplication des dépistages sérologiques, aux examens prénataux, grâce au renforcement de l'efficacité des thérapeutiques, cette affeclion qu avait occupé la première place des maladies maternelles, a manifestement perdu du terrain. Cependant, lorsqu' elle n'est pas dépistée ou traitée correctement, elle garde toute sa gravité : nous avons précédemment exposé des observations où apparaît très nettement cette influence néfaste (obs. 1224, 1453. 172, 20, 1279). Il paraît bien probable. qu'elle reste responsable, même dans les conditions actuelles, d'un certain nombre d’accouchements prématurés, comme le montrent les statistiques citées plus haut.
Ainsi reste légitime les rechérches systématiques de la syphils chez les prématurés : d'autant plus, que les thérapeutiques, lorsqu'elle existe, sont très efficaces pour la protection de l'enfant, ce qui n’est pas toujours le cas pour les autres causes de prématuration ; et l’on sait bien que le hers des prématurations reste inexpliqué.
Comme nous l’avons déjà dit, nous avons à rapporter les résultats d’une enquête étiologique faite sur une série de nouveau-nés prématurés. Pendant quatre mois nous avons
associé le T.I.T. aux recherches couramment entreprises dans le but de mettre en évidence une syphilis ignorée ;
sérologie de la mère, radiographie des membres inférieurs de l'enfant ; avec aussi examen clinique à la naissance et, au départ de la maternité.
Le T.LT.. n'a été pratiqué, sauf exception que chez la mère. On ‘sait en effet la difficulté de la mise en œuvre en pratique du prélèvement de sang dans le cordon, lorsque cet examen n’est pas prévu avant l'accouchement. D'après ce que l’on sait de la transmission des anticorps immobilisants, cette étude aurait (peut-être) été superilue.
Pratiqué 56 fois chez la mère, le T.I.T. a été trouvé 03 fois négalif. Deux fois il a élé douteux avec une LS. 26 et 25 % ; mais chaque fois dans’ ces deux observations on avait dû utiliser la pénicillinase, la mère étant sous pénicillinothérapie. D'après les sérologistes, cette utilisation de la pénicillinase vient partiellement compromettre la
vitalité du tréponème pâle, peut-être en agissant sur je complément. Aussi ces deux résultats, ont été considérés comme négalifs.
Dans aucun cas, le T.L.T. n'a été trouvé positif à 100 %. Dans 1 cas cependant, il a été trouvé faiblement positif avec une LS. à 50%. Refait à plusieurs reprises, le résullat s'est maintenu faiblement positif, lémoignant de de l'existence réelle d'anticorps immobilisants.
La: sérologie pratiquée conjointement chez la mère, a été chaque fois négative sauf une fois (obs. 1708). Dans ce cas, B.W., K. étaient négatifs, seul le M. était positif. Vu l'absence de tout antécédent, de toute manifestation clinique chez la mère et chez l'enfant, malgré l’absence de thérapeutique, nous l’avons considéré comme une F.R.P.. PMR élait-négatit: avec LSw17%.
Dans 4 cas, donc très peu, sérologie et T.I.T. ont pu être pratiqués dans le sang du cordon. Chaque fois le T.LT. y a été négatif, de même que dans le sang de la mère.
Deux fois, l'examen clinique a révélé à la naissance une splénomégalie qui était ure fois associée à une hépalomégalie.
Dans le premier cas, il s’agit d’un accouchement à 8 mois 1/4 d'un enfant de 2.300/400 gr. La mère porteuse d'un psoriasis a eu une fois une T.A. à 16. Sans traitement, l'enfant est sorti au treizième Jour pesant 2.620 gr., en très bon état. La radiographie des membres imférieurs est négative et la rate n’est plus perçue. Il ne s’agit donc pas d’une syphilis. A signaler que l'enfant précédent, le premier, pèse lui aussi 2.500 gr.
Dans le deuxième cas, nous sommes en présence d’un accouchement prématuré de 8 mois chez une primipare ; l'enfant pèse 2.109/650 gr. ; il est porteur à la naissance d'une splénomégalie et d'une hépatomégalie manifestes. La radiographie des membres inférieures est négative. On décide néanmoins un traitement par frictions. Au 17° Jour l'enfant sort pesant 2.400 gr. en bon état de santé, le foie et la rate ne sont plus perçus. À signaler que la mère est Rh. O0, l'enfant Rh. +, mais il n'existe aucun signe biologique d’iso-immunisation.
Dans 6 cas fut trouvée une ostéochondrile des membres inférieurs : 2 fois seulement il s’agit d'une ostéochondrite du premier degré ; pour les 4 autres cas l’ostéochondrite est douteuse. (À signaler que les radiographies des membres inférieurs ont toutes été interprétées par le Professeur
Prcraun lui-même).
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Dans les deux cas d'ostéochondrile cerlaine les enfants sont nés de grossesses gémellaires. Chaque fois l'autre jumeau est normal même lorsque de poids inférieur à 2.500 gr. D'autre part, il n'existe aucun signe clinique de syphilis chez ces enfants et aucun antécédent n’est trouvé chez la mère. À la sortie du service les enfants ont repris leur poids de naissance (2.420 et 2.320 gr.).
Dans les qualre cas d'ostéochondrite douteuse :
— Une fois, il s’agit d'une mullipare ayant déjà eu 5 enfants de poids normal entre 4.300 et 3.200 gr. et qui a accouché au 8° mois après ruplure spontanée de la poche des eaux.
— Une fois d'une grande multüipare à sa 10° grossesse, alcoolique notoire en élal de pré-cirrhose, comme l’a confirmé ultérieurement l’évolution clinique. L'enfant né au 8° mois pesait 1.400 gr./470. L'élevage en a été difficile.
— Une autre fois d’une primipare âgée de 46 ans ayant déjà été traitée pour ulcère gastrique. L'enfant né à terme pesait 2.350 gr./370. Au 17° jour 1l sort du service en très bonne santé pesant 2.760 gr.
— Une quatrième fois, l'enfant est né au 7° mois d’une mère présentant un mauvais état général et porteuse d’une maladie cutanée de RECKLINGHAUSEN. L'enfant pesait 1.200 gr. à la naissance. L'élevage en est très difficile.
On sait la fréquence avec laquelle de tels signes radiologiques mineurs peuvent être trouvés chez les prématurés. Isolés dans le contexte clinique ils ne plaident en rien pour la syphilis.
Ainsi, dans aucun cas nous n'avons rencontré de signe formel de syphilis congénitale. Chaque fois qu'existe une ostéochondrite isolée ou une splénomégalie spontanément réductible ou une réaction de Meinicke positive, done un seul signe de suspicion et non de certitude, il est bien difficile d'invoquer l'existence d’une svphilis, d'autant plus par suite de la négativité du T.LT.
Dans un seul cas tout au plus la syphilis est possible mais peu probable (splénomégalie et hépatomégalie manilestes à la naissance mais rapidement réductibles ; T.LT. et sérologie négatifs).
Grâce à son utilisation combinée à celle de la sérologie classique, le T.I.T. vient apporter une preuve supplémenlaire el de valeur de l'absence de toute syphilis chez chacune des 55 femmes observées (55/56). Tout traitement antisyphiliique de l'enfant est alors inutile. Dans un cas seulement le TT. a été trouvé faiblement positif, alors que dans l'observation aucun élément n'était en faveur de la syphilis : primipare de 23 ans avec sérologie classique négative, Rh.