‹ Intérêt du Test d'Immobilisation du Tréponème de Nelson et Mayer en milieu obstétricalChapitre 3 sur 33 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Introduction

Peu de travaux ont été effectués à ce jour sur la valeur du Test d'immobilisation de NeLson et Mayer (T.[T.) (1) chez les femmes enceintes. En France, nous n'avons eu connaissance que de celui présenté par MM. RanouE, . TRAMIER et collaborateurs au Colloque de Marseille en octobre 1952, et que les auteurs ont bien voulu nous communiquer avant sa publication, ce dont nous les remercions.

Il a donc paru utile à M. le Professeur SoHier de procéder à l'étude des faits recueillis en clinique obstétricale, étude qu'il nous a confiée et dont nous rapportons les résultats.

Les examens sérologiques ont été effectués au laboratoire d'hygiène de la Faculté de Médecine où depuis un. an et demi sous la direction du Professeur Some, le Docteur Taivorer pratique le T.LT.

Sur plus de deux mille tests déjà pratiqués au laboratoire, nous en avons retenu 130 environ se rapportant à des femmes observées en milieu obstétrical.

Les tests ont élé pratiqués le plus souvent à la demande des praticiens des services hospitaliers pour des malades hospitalisées ou de consultations externes, ou de dispensaires d'hygiène sociale. Les sérums à étudier provenaient :

. — soit de femmes chez lesquelles l'examen prénatal avait fait découvrir une sérologie poste,

— soit de femmes syphililiques connues traitées depuis plus ou moins longtemps et actuellement enceintes,

— soit de femmes ayant présenté des accidents obstélricaux classiquement suspects de syphilis et dont les anamnestiques, l'examen clinique, la sérologie classique n'étaient pas en faveur de cette affection.

(1) Lire désormais : Test d'immobilisation du tréponème : T.I.T.

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Dans ces cas, le T.I.T. a été utilisé comme moyen de diagnostic permettant d'éliminer les fausses réactions de la! grossesse où d'affirmer l'existence d’une syphilis latente ou comme guide thérapeutique chez la femme syphilitique.

En collaboration avec la clinique obstétricale, sous la direction du Professeur Piceatb une étude sys!'émalique à élé entreprise pendant quatre mois chez les mères d'enfants prématurés. Le T.I.T. a été joint aux examens habituellement pratiqués à la clinique, dans le but de détecter une svphilis passée mapercue.

Toutes les femmes qui, pendant cette période, ont mis au monde un enfant vivant pesant moins de 2.500 gr. ont été soumises à cet examen. De plus, chaque prématuré a été examiné par le Professeur Piceaup à la naissance et au départ du service ; une radiographie des membres inférieurs faite systématiquement, a également été interprétée par le : Professeur Piceaup lui-même.

CHAPIPRE II

Aperçu technique

Bien que la technique du tes d'immobilhisation du Tréponème pâle ait été précisée par de nombreuses publications étrangères et françaises, nous voulons :

— d'une part rappeler brièvement les principes généraux de la réaction et les avantages qui en découlent à prior! :

— d'autre part exposer les détails de la méth5de utilisée couramment pour l'exécution des réactions dont nous rapportons les résultats. =

Principes généraux et avantages de la réaction.

Trois éléments sont en présence :

— Une suspension de tréponèmes pâles virulents (souche Nichols) conservés vivants et mobiles dans un milieu de survie spécial mis au point par NELsoN et MAYER.,

— Le sérum suspect, contenant s’il provient d’un sujet syphilitique un anticorps capable d'immobiliser et de tuer les tréponèmes. :

— Du complément, élément indispensable mais non

spécifique qui après la fixation de l’anticorps sur le tréponème permet l'achèvement de l’immobilisation.

L'immobilisation du tréponème par l’anticorps immobilisant se fait lentement, puisque la réaction demande 18 heures au moins à l’étuve à 35 degrés.

On ne se trouve donc pas dans cette réaction devant un anligène de nature discutée (comme l’antigène lpoïdique de

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la sérologie classique), mais devant un tréponème, germe pathogène, agent de l'infection syphilitique, que l’onse propose de détecter. Cet « antigène » tréponémique fixe un anticorps qui l'immobilise et le tue. Sur le plan théorique, le principe de la réaction est donc plus satisfaisant à priori que celui de la réaction classique.

On sait que les réactions classiques utilisant les antigènes lipoïdiques, mettent en évidence des anticorps appelés réagines, dont la valeur en temps qu'anticorps a été contesée ; ils sont susceptibles d’apparaître au cours d'états physiologiques ou morbides très variés réalisant ainsi les fausses réactions de la sérologie classique. Cet espoir, d’abord {héorique, d'une réaction sérologique débarrassée du handicap des résultats faussement positifs semble actuellement se confirmer en pratique dans les faits : pour la plupart des auteurs, le T.I.T. semble d'une spécificité parfaite.

En elfet, les premiers résultats expérimentaux et cliniques, obtenus à ce jour ont montré l'existence de sérums humains ou animaux réagissant Jusqu'à des dilutions très élevées : 172.000 ou 1/5.000, et restant positifs, alors que la sérologie classique s'était négativée spontanément ou après: traitement. Le T.I.T. semble donc, actuellement, la méthode la plus sensible pour le diagnostic de laboratoire de la Ssvphilis. Il faut néanmoins ‘reconnaitre que la persistance prolongée d'anticorps immobilisants au cours de la syphilis traitée, est aussi difficile à interpréter que les sérologies «irréductbles » des examens classiques.

Nous ajouterons que du point de vue pratique, cette réaction où l'on a sous les veux, à la lecture, les tréponèemes vivants ou morts, nous a semblée plus facile à contrôler (indépendamment même des témoins utilisés) que les réactions indirectes d’hémolvse par exemple, où interviennent de multiples éléments surajoutés nécessaires à la mise en évidence du phénomène étudié.

Un T.IT. exécuté de façon incorrecte est immédiate-

ment décelable et la faute technique passe difficilement inaperçue.

La fragilité de la survie du tréponème pâle est encore actuellement un obstacle à la réalisation aisée de cette méthode dans tout laboratoire de sérologie. Mais si les diflcullés techniques diminuent le rendement pratique du TI TS Selles n enlèvent aucune valeur aux résultats obtenus lorsqu'ils ont été techniquement valables.

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Technique utilisée.

Les résultats dont il est fait état dans ce travail, ont été obtenus au cours d’une période s'étendant d’Aoùût 1951 à Avril 1953, pendant laquelle 2.200 sérums ont été examinés au laboratoire d'hygiène de la Faculté de Médecine de Lvon.

La technique utilisée a été la suivante :

Les lapins inoculés dans les deux testicules avec une SUSPension de tréponèmes pâles de la souche Nicnors pathogène, ont été sacrifiés en moyenne 6 à 10 jours après l’inoculation.

Le milieu de survie était celui décrit par NELsoN et Mayer. Le complément était du complément de cobaye conservé au réfrigérateur à — 20° pendant 2 à 3 mois.

Les différents éléments de la réaction ont été utilisés aux doses suivantes :

Sérum: 0,05,cc.. cestra-dire à 9,9 %.

— Complément 0,10 cc., c'est-à-dire à 19,8 %. — Emulsion de T.P. 0,4 cc.

La durée d’incubation à l’étuve a été de 17 à 18 heures ; 25 T.P. seulement ont été comptés si la survie était de moins de 5 T.P. ou de plus de 22 T.P. ; sinon la lecture a été poursuivie Jusqu'à 50 T.P.

Tous les résultats douteux ont été vérifiés deux fois au moins et parfois plus. Nous n'avons ainsi obtenu, en définitive, qu'une faible proportion de T.I.T. douteux et nous pensons qu ils correspondent non à une insuffisance technique, mais à la présence réelle dans le sérum examiné d’une faible quantité d'anticorps immobilisants. Ils nous semblent amsi garder toute leur valeur.

Nous ne rapportons pas de réactions quantitatives car uous croyons que la technique de cette réaction iest pas. actuellement parfaitement au point. Cette opinion à été renforcée par les résultats que nous avons récemment obtenus en utrant le sérum témoin, fourni sous l'égide de l'Organisation Mondiale de la Santé par le Sta‘eus Serum Institut de Copenhague.

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