USA NOTE
troublée par quelque chose d'important, à faire une confession de leurs péchés.
Selon le concile, la forme du sacrement de la Pénitence, en laquelle consiste principalement sa vertu, est renfermée dans ces mots du prêtre : « Je vous absous; » et, quoique l'absolution donnée par le prêtre soit une dispensation de la bonté d'autruî, ce n'est pas seulement un simple acte de son ministère, ou une simple commission d'annoncer l'Évangile, ou de déclarer que les péchés sont remis; mais une espèce d^acte judiciaire par lequel le prêtre prononce , comme juge , une sentence.
Selon le concile encore, non-seulement par les châtiments que nous nous infligeons de nous-mêmes pour la punition de nos péchés, ou que le prêtre nous impose ; mais aussi par les afflictions temporelles que Dieu nous envoie, et par notre patience à les supporter, nous sommes en état de satisfaire à Dieu le Père, par le moyen de Jésu&-Ghrist.
Selon la confession de foi, le pasteur qui lit l'aveu lithur^ giquedes péchés, ou qui reçoit l'aveu des péchés d'un malade, n'annonce qu'une absolution générale, subordonnée à la sincérité du repentir et de la foi ; selon elle, il faut repous* ser comme impie l'idée du mélange de la satisfaclion de Christ et de nos OBuvres de satisfaction.
Sur le purgatoire, les induigences , Finvocation des minîs , les images^ l'emploi de la langue vulgaire^ le concile prononce des anathèmes, dont pas un seul ne manque d'atteindre ceux qui reçoivent la confession de foi.
Quant à Marte y le concile a'nnonce que sk>n intention n'est pas de comprendre dans un décret qui traite du péché originel, la bienheureuse et immaculée Vierge Marie , mère de Dieu, — tandis que la confession de foi n'excepte que Jésus* Christ de la corruption universelle.
Quant au Mariage en lui-même, le concile prononce ana-* thème contre quiconque ne le considère pas comme un état inférieur au célibat ; et quant au mariage du prêtre, il déclare anathème quiconque prétend que les ecclésiastiques
qui sont dans les ordres sacrés peuvent contracter mariage; — tandis que la confessi(m de foi contredit ces deux décrets.
Quant à Vinfidllibilitë enfin (et c'est le point capital), le concile affirme que le Saint-Esprit suggère journellement toute vérité à Téglise catholique. 11 anathématise ceux qui prétendent que la vraie doctrine touchant le sacrement du Baptême, n'est pas celle de Téglise romaine, qui est la mère et la maîtresse de toutes les églises; il établit que quiconque croit à la sainte église catholique, doit nécessairement croire que la doctrine professée par le concile est celle qui a été révé^ lée par le Fils de Dieu; — tandis que la confession de foi ne trouve l'inspiration infaillible que dans rÉcriture*
Je m'arrête ; et je demande s'il est si facile d'opérer une fusion entre deux églises aussi complètement, aussi diamétralement opposées. Je demande si les différences qui viennent d'être signalées au moyen d'une confession de foi, et qui seraient ressorties plus tranchées encore de la vie réelle de l'anglicanisme, ne sont pas de nature à faire réfléchir ceux à qui l'on
proposerait de passer de la Bible à la tradition, de Jésus-Christ au pape, de la vérité à l'hérésie, du jour à la nuit. Je demande s'il est possible d'avoir cru aux grandes doctrines que la réformation d'Angleterre a proclamées de concert avec la réformation de France, de Suisse, d'Allemagne, avec les chrétiens des premiers siècles; et de signer ensuite cette profession de foi du pape Pie, publiée comme sommaire du concile de Trente, peu après sa clôture , et dont l'acceptation est nécessaire pour entrer dans la communion romaine : « J''admets et embrasse fermement les traditions apostoliques et ecclésiastiques, et les autres constitutions et observances de l'église catholique, apostolique et romaine... J'admets aussi les saintes Écritures , selon le sens qu'a entendu et qu'entend la sainte mère l'église, à laquelle il appartient de juger du véritable sens.... Je reconnais la sainte église catholique et apostolique pour la mère et maîtresse de toutes les églises, et je promets et jure une véritable obéissance au pontife romain, successeur de saint Pierre, prince des apôtres et vi-
Caire de Jésus-Christ... Semblablement, je reçois et confesse sans aucun doute toutes les autres choses énoncées, définies et déclarées par les saints canons et les conciles-généraux, et particulièrement par le très-saint concile de Trente. »
Non, il n'y a point de pont jeté de Rome à Cantorbéry. Aucun docteur ne sera assez habile pour prouver qu'un anglican peut devenir catholique sans abjurer toutes ses croyances fondamentales. Non, ceux qui ont été et qui sont partout les plus redoutables adversaires de la papauté , ne mériteront jamais qu'on dise d'eux, qu'il n'y a entre eux et le pape qu'une querelle dynastique. Ce qu'il y a entre eux et le pape, c'est la Bible. Ce qu'il y a entre eux et le pape , c'est aussi le souvenir de ces vies précieuses qui ont été sacrifiées pour rester éloigné du pape et fidèle à la Bible ; celles des Lollard; celles des hommes de foi, que l'infernale loi des six articles livra aux bûchers, aux potences, aux tortures de Henri Ylll; celles de tant d'autres que l'intolérante Marie immola à son tour.
Qu'on n'essaie donc plus d'établir que l'anglicanisme est voisin de ce catholicisme auquel il fait la guerre dans le manifeste même de l'archevêque de Cantorbéry , qui a servi de texte à tant d'attaques. On n'en sera que plus fort contre les véritables erreurs d'une communion, d'ailleurs si fidèle. On n'en aura que mieux le droit de s'élever contre ces quelques restes de traditions romaines qu'elle n'a pas su rejeter encore, et de hâter le moment où l'œuvre de la réforme anglaise , refroidie , altérée par les compromis de Cranmer, détournée par lui de la voie franchement évangélique où l'avait engagée Wicklef , sera enfin complétée.
Le catholicisme mourant a fait à l'église établie d'Angleterre un legs funeste. Elle lui a laissé de grands biens. Or , notre Seigneur a dit que ceux qui ont de grands biens entreront difficilement au royaume des deux-, et croit-on que les églises puissent se dérober à cette sentence? croit-on qu'au milieu du luxe et des délices de la vie, il soit bien aisé d'être fidèle à Celui qui n'avait pas un lieu où reposer sa tête, et dont les apôtres travaillaient de leurs mains pour subvenir
à leurs besoins? Dix-huit siècles d'histoire ecclésiastique ne sont-ils pas là, pour établir une concordance presque infaillible entre la pureté du culte et la simplicité de ses ministres? L'anglicanisme est malheureusement distinct sous plusieurs rapports du presbytérianisme écossais ; mais, parmi ces différences, il en est peu de plus graves que celle qui existe entre les 225 millions de revenus possédés par le premier et les 5 millions possédés par le second.
C'est avec un sentiment de honte et de douleur profonde qu'on parcourt la listede ces opulentes dotations attachées aux 26 évêchés d'Angleterre, et aux 22évêchés d'Irlande; que, des 500,000 fr. attribués chaque année à un évêque de Durham ou de Cantorbéry , des 400,000 fr. dont jouit un évêque d'York ou de Winchester, des larges rentes affectées aux reclorats\ et que les seigneurs assurent à leur fils cadet comme ils assurent leurs terres au fils aîné , on passe au spectacle de la misère qui est le partage des véritables pasteurs , des curâtes.
Je suis loin, bien loin de penser que les sièges épiscopaux de la Grande-Bretagne soient indignement occupés. En recevant mille ou quatorze cents francs chaque jour, pour remplir les mêmes fonctions que remplissaient ces évêques d'Éphèse auxquels saint Paul rappelait en les quittant , que ses mains lui avait fourni les choses qui lui étaient nécessaires, nos frères de l'église anglicane comprennent souvent , j'en suis sûr , leurs véritables obligations. Ils se regardent comme les trésoriers des pauvres. La plus grande partie de leur revenu est consacrée à Jésus-Christ. Je le crois. Mais les apparences sont toujours fâcheuses , et le scandale subsiste.
Que répondre à ceux qui nous demandent si les choses se passaient ainsi dans l'église apostolique , où il n'y avait ni beaucoup de puissants y ni beaucoup de nobles; et s'il n'y aurait pas plus d'analogie sous ce rapport , entre l'église réformée d'Angleterre et cette église catholique où , selon Lemonthey , les évêques plébéiens étaient aussi rares au temps de Louis XIV, que les officiers de fortune? Que répondre à ceux
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qui demandent si la pairie spirituelle nous apparaît comme une des attributions légitimes ou innocentes des ministres du Seigneur?
J'avoue que ce reproche me paraît grave. J'avoue même que dans Taffaire de Tévèché de Jérusalem qui m'a conduit à parler de l'anglicanisme, peu de circonstances m'ont plus vivement affligé , que l'entrée pompeuse de M. Alexander dans cette ville où son Sauveur était entré , monté sur une ânesse et sar le poulain iune àntîse. Ajoutons que ce chrétien excellent a sans doute été le premier à gémir de cette conséquence d'une position qu'il a dû accepter avec toutes ses conditions. Ajoutons encore que la dotation du nouvel évèché est loin d'appeler les mêmes critiques que celles des si^es anglais ou irlandais.
La richesse de l'église anglicane a encore un autre genre d'inconvénients , que je ne fais qu'indiquer et dont la gravité ne sera méconnue par personne. En conservant les dotations, il a fallu conserver les servitudes qui les grevaient. De là , le plus monstrueux assujettissement du spirituel au temporel , non au temporel représenté par le gouvernement , mais au temporel représenté, ici par les seigneurs, ici par les corps constitués ; plus loin , par les universités. G*est à peine si le gouvernement anglais nomme au huitième des cures. C'est à peine si une cure sur quatre cents, est à la nomination de la paroisse.
11 est inutile d'indiquer les conséquences de ce système , qui fait presque partout de l'église un arrière-fief relevant d'une noblesse , tantôt incrédule, tantôt pieuse , mais dont le patronage, en tous cas , suffit à vicier profondément l'institution ecclésiastique qu'elle tient sous sa dépendance. Un seul exemple nous fera mesurer toute l'étendue du mal : Le duc de Norfolk, qui est mort cette année, était patron de 24 bénéfices anglicans; et le duc de Norfolk éiàxX catholique !
Mais , outre ces richesses et ces servitudes ( legs funestes et empoisonnés) , Rome a laissé à l'église évangélique qui lui surcédait en Angleterre, un ensemble de traditions humaines.
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dont les restes encore debout affligent les regards des vrais chrétiens.
Elle lui a laissé le principe de la succession épiscopale y principe déplorable qui ne pourrait être entièrement accepté, sans isoler Téglise d'Angleterre de toutes les autres branches de la réforme. Bien peu d'anglicans , sans doute, regardent les Yaudois, les Bohémiens, les protestants d'Allemagne^ de Suisse, de France , comme étrangers à la véritable église. Bien peu ont oublié y que dès le seizième siècle , ils accueillaient nos pasteurs en qualité de ministres de Dieu, et qu'ils traitaient en frères ces convertis de Neufchâtel ou de Montbéliard qui reconnaissaient Farel pour leur pasteur, quoique Farel n'eût été ni prêtre, ni consacré. Bien peu exagèrent la règle salutaire, indispensable, qui veut que la subordination règne dans les troupeaux, et que le saint ministère y soit régulièrement organisé, jusqu'au point de réserver la qualité de fidèles disciples à ceux qui prétendent avoir reçu, par une transmission non interrompue, la vertu mystérieusement attachée par les apôtres à l'imposition de leurs mains (non pas celle qui guérissait les malades; non pas celle qui donnait le Saint-Esprit aux nouveaux frères; mais celle qui conférait la charge de chef spirituel d'une église). Bien peu croient aux conséquences du principe de la succession épiscopale ; et par conséquent bien peu croient au principe lui-même , Dieu merci. Toutefois, ce principe, que plusieurs ont explicitement répudié et que presque tous renient implicitement, n'en exerce pas moins encore une influence vague et générale. C'est lui qui inspire à l'anglicanisme sa raideur , son orgueil apparent, c'est lui qui l'empêche de se mêler fraternellement avec les autres communautés évangéliques.
!Nous le retrouvons dans la lettre remise à M. Alexander par l'archevêque de Cantorbéry, et adressée à leurs saintetés les évêques de Syrie. Nous le retrouvons encore plus dans le discours de consécration prononcé par le docteur Mac Caul ; dans les déclara lions explicites parlesquelles il reconnaît l'autorité du patriarche «ictuel de Jérusalem, dont l' inaction aé té
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établie depuis plus de mille ans par un concile général ; dans les arguments par lesquels, en établissant que la fondation nouvelle n'empiète pas sur les droits dupatriarche , en invoquant la distinction des deux apostolats, celui de Pierre parmi les juifs et celui de Paul parmi les gentils , en faisant remarquer que les patriarches grecs de Jérusalem, n*ont jamais été apôtres de la circoncision et siiccesseurs de saint Jacques^ et n'ont jamais occupé une place que l'évêque Alexander peut par conséquent remplir, il impose tacitement à l'anglicanisme le devoir d'éviter comme un crime toute tentative de prosélytisme évangélique au sein des vastes communions grecques et catholiques , de les éviter surtout à Rome , où les papes sont incontestablement successeurs des premiers pasteurs, où ils réunissent non moins incontestablement (d'après la théorie de M. Mac Gaul) , la double qualité d'apôtres de la circoncision et d'apôtres des gentils. Nous le retrouvons dans le langage tenu récemment au sujet de l'évêché de Jérusalem, par la société de Brigbton, auxiliaire de celle de Londres, pour la conversion des juifs, langage qui a trahi plus de préoccupation de la supériorité anglicane que des intérêts généraux du protestantisme, et dont les déclarations si largement chrétiennes du roi de Prusse ont fait encore nûeux ressortir l'étroitesse. Nous le retrouvons dans la conduite, récente aussi, de l'évêque de Salisbury , qui s'est retiré de la grande société biblique britannique et étrangère, parce qu'elle renfermait des membres appartenant aux diverses congrégations protestantes, tandis qu'une telle œuvre ne devait être accomplie que par l'église établie d'Angleterre et d'Irlande. Nous le retrouvons, je le crains du moins , dans la résoluticHfi prise par le dernier synode des évoques écossais qui, en adoptant le titre nouveau d'église caiholique réformée d'Ecosse, semble avoir voulu jeter un Uâme et presque une exclusion sur le protestantisme du continent.
Rome a laissé encore à l'église anglicane im second principe non moins dangereux que le premier : le principe qui attribue aux formes une importance excessive.
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La liturgie si vantée de rangiicanisine est une preuve dé ce que j'avance. Il y a plus de pièges qu'on ne Timagine dans cette pompe extérieure, dans ces cérémonies solennelles, dans ce culte où tout est réglé avec tant de soin, dans ces eoUectes^ dans ces réponds qui se succèdent toujours suivant le même ordre. Les esprits s'habituent à chercher là l'efficacité des actes religieux. On croit avoir fait quelque chose quand on s'est agenouillé et relevé un certain nombre de fois. Ce n'est jamais sans péril qu'on oublie l'avertissement du Sauveur : Dieu est esprit ^ et il faut que ceux qui Fadorent, tadofent en esprit et en vérité.
Le baptême du prince de Galles nous a appris jusqu'où peut conduire cette tendance qui matérialise l'Évangile, et grossit la portée des actes extérieurs. Les paroles prononcées par l'archevêque de Cantorbéry, après la cérémonie : « A présent, cet enfant est régénéré, » ont trouvé un commentaire dans le paragraphe suivant du Times: « Les prières, que quelques-uns regardaient comme faites prématurément pour l'héritier du trône d'Angleterre, tant qu'il était encore hors du giron de l'église, ont reçu leur premier accomplissement. »
Le même journal est allé plus loin. 11 a fait remarquer qu'on avait choisi pour le baptême, la fête du grand Apôtre des Gentils; c'est-à-dire, le jour auquel la légende romaine rapporte la conversion de saint Paul.
11 aurait pu faire remarquer en outre que l'image de saint Georges, patron de l'Angleterre, était étalée aux yeux, des fidèles, et que le principe romain de to /brm^ avait ainsi manifesté publiquement cette puissance qu'il avait jusqu'alors exercée en secret dans les temples qui s'ornent, dit-on, de tableaux représentant le Christ, ses apôtres, et même la vierge Marie.
Je sais que ces manifestations, combattues par rinunense majorité du clergé anglican, ne tarderont pas à disparaître. On s'était abandonné pendant longtemps à un entraînement insensible qui menaçait de tout corrompre. Mais, l'excès du mal, comme il arrive souvent, en apportera le remède. 11 avait fallu
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la vente publique des indulgences pour foire éclater la réforme du XYP siècle. 11 a fallu le scandale du puséisme pour déterminer la réaction qui achèyera» s'il plaît à Dieu, Tœuvre de la réforme dans l'église établie d'Angleterre.
Le puséisme, ce catholicisme honteux qui ne doit son importance passagère qu'à l'hypocrite réserve de ses allures, et qui sera réduit à ses véritables forces, le jour où il avouera ses doctrines, le jour où il se montrera tel qu'il est, et où les conséquences de ses prémisses auront été tirées pour tout le monde; le puséisme, cette lèpre de l'église d'Angleterre, ce châtiment envoyé pour l'avertir, comme autrefois les églises de Pergame et deThyatyre, auxquelles l'Ësprit-Saint disait: « Tu retiens mon nom ;je connais tes ceucres. Mais foi quelque peu de chose contre toi; » le puséisme, qu'il faut contraindre à jeter le masque et à se faire catholique-romain, au lieu de le laisser subsister comme une habile transition de Londres à Rome, comme une équivoque école, qui prépare par les docleurs d'Oxford ce qu'elle achève par le docteur Wisemann ; le puséisme» à la secrète influence duquel il faut attribuer en grande partie les fautes de l'anglicanisme dans l'affaire de Jérusalem, commence enfin à agir avec plus d'audace. 11 anaihématise ouvertement, par la bouche de M. Palmer, toutes les églises protestantes, et déclare que l'église anglicane n'échappe à l'anathème, que parce qu*eUe n'est pas pro^ testante.
A l'ouïe d'un tel élogCy l'anglicanisme s'est ému. 11 a mesuré avec effroi le chemin que quelques-uns avaient fait sous sa bannière. Les 623 voix obtenues par M. Williams pour la chaire de poésie à Oxford, ont fait comprendre à cette église ■ que le temps des ménagements était passé, ei qu'il s'agissait de déclarer la guerre à un ennemi dont les forces s'acroissent sans cesse pendant la paix. Le signal est donné. Un évoque, dont les paroles sont d'autant plus remarquables, qu'il ne peut * malheureusement passer pour contraire à la tendance qui orne les temples et imite certains rites catholiques, l'évêque de Londres, vient de repousser solennellement les tendances
puséisteSy etil l'a fait, en s' honorant hautement du litre de protestant. L'évêque de Calcutta a tenu le même langage. Le Le docteur Mac Gaul n'a pas été moins explicite ; et , dans ce même discours de consécration où nous avons été obligé de relever l'influence exercée par le principe de succession apostolique, nous pourrions (heureuse inconséquence! ) citer de belles paroles sur la différence qui sépare les questions de fonds des questions de forme, sur l'union fraternelle à laquelle les églises protestantes doivent tendre, sur les erreurs du puséisme et de Rome. Nous espérons donc que l'anglicanisme, après avoir écarté de lui le niai qu'il avait laissé grandir, remontera courageusement jusqu'aux causes qui l'ont produit.
Je n'attends pas moins d'une église si glorieuse a tant d'égards. Je crois que , pour l'encourager dans la lutte, il ne faut pas se montrer injuste envers elle. C'est se montrer injuste (nous venons de le voir) que d'établir entre elle et Rome la moindre comparaison. Combattons le principe de la succession épiscopâle. Combattons le principe du formalisme. Poursuivons toutes les traces des traditions humaines. Jamais notre énergie ne sera trop grande contre de tels abus. Mais sachons aussi traiter en sœur, en sœiir chérie et vénérée, une église qui a fait plus que nous pour notre cause commune. Sachons aussi voir des co-religionnaires,et des co-religionnaires plus actifs, plus fidèles souvent que nous ne le sommes, dans ces chrétiens attachés à rétablissement. N'érigeons pas le presbytérianisme en dogme. Ne nous offensons pas, quand l'épiscopat anglais, fier de son organisation comme nous le sommes de la nôtre, fait des efforts légitimes, quoique maladroits , pour la propager sur le Continent. Ne nous livrons jamais à cet esprit dont j'ai pîfrlé, qui ne veut s'accommoder de rien qui ne lui soit parfaitement semblable; à cet esprit qui cherche à naître au milieu de nous, qui tente de se glisser dans les plus nobles esprits , dans les âmes les plus fidèles, el qui ne pourrait que nous fractionner à l'infini; à cet esprit, pour qui la séparation est presque un besoin,
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presque un but , au Heu d'être une rare et douloureuse nécessité, et qui y logiquement, mènerait à la dissidence proprement dite, aux congrégations choisissant leurs membres et s'épurant tous les huit jours.
C'est lui qui empruntait naguère des voix respectées, afin de comprimer l'élan de nos cœurs vers l'œuvre protestante de Jérusalem. Derrière l'église anglicane, il nous montrait l'église romaine ; et nos mains déjà tendues, déjà ouvertes» sont retombées aussitôt.
Qu'elles s'ouvrent de nouveau ! qu'elles pressent celles de nos frères bien-aimés ! qu'ils apprennent de nous ce qu'est l'esprit de véritable catholicité évangélique, et comment doit s'appliquer ce noble principe , que le roi de Prusse a si bien compris, que l'anglicanisme a si tristement compromis par son langage ! En nous voyant venir à eux, malgré les préventions qu'ils ont éveillées , malgré les susceptibilités qu'ils ont blessées, malgré les défiances qu'ils ont fait naître, même chez des hommes dont la modération n'est pas moins connue que la piété, même chez un directeur de l'Institut missionnaire de Bâle; en nous voyant mettre nos sympathies audessus de nos craintes, notre amour au-dessus de nos dissentiments; le but immense, le but durable, le but commun, au-dessus de l'imperfection momentanée des procédés; en voyant nos missionnaires réformés s'adresser simplement, fraternellement à l'évêché anglican de Jérusalem , et réclamer au besoin sa protection, tout en maintenant leur indépendance ; ils sentiront que leur mission , leur titre , ne reposent pas sur la succession apostolique, mais sur la solidarité protestante.
DEUXIRMK PARTIE