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Intermèdes espagnols (entremeses) du XVIIe siècle

Il ne faut pas, avec certains étymologistes, chercher dans une corruption de l'italien intermezzo l'origine du mol entremés. Ce substantif espagnol n'est qu'âne forme, à peine altérée dans la prononciation et dans l'orthographe, de notre mot entremets. Il désigne donc, au sens propre, non pas une chose intercalée, insérée au milieu d'autres, mais un morceau friand et délicat, un mets appétissant et léger qui, succédant à des pièces de résistance, stimule le goût et le prépare aux nourritures qui vont suivre. La langue française du Moyen Age donnait le nom à' entremets à des spectacles mimés ou dialogues qui avaient pour but, pendant les festins solennels, de divertir et de délasser les convives. Mais, depuis longtemps, cette

acception est tombée en désuétude, etnotre langue moderne ne saurait traduire entremés autrement que par intermède .y Ú dû m'y résigner, faute de mieux, non sans regretter que le titre de cette traduction commence déjà par une inexactitude. Puisse-t-on n'en avoir pas de plus grave à me reprocher.

De Tétymologie du mot nous déduirons tout naturellement la définition de la chose. V entremés était une courte pièce de théâtre, bouffonne et satirique, à peu près dépourvue d'intrigue, que l'on représentait entre les actes du drame principal, afin d'égayer l'esprit, de reposer l'attention et de captiver la bienveillance du public. Tel fut, du moins, ce genre de spectacle sous sa forme élémentaire et traditionnelle. Car, après avoir débuté par de gauches et inconscientes tentatives, Ventremes, s'élevant soudain à l'apogée le plus glorieux, ■ ne tarde pas à se transformer, à se compliquer, à emprunter le concours du chant, de la danse, de la décoration, à étendre en im mot son domaine d'abord si modeste jusques aux confins de l'opéra et de la comédie. Ce sont ces débuts, ces transformations, ce succès rapide précédant de si près la décadence, cette décadence elle-même, qu'il m'a semblé indispensable d'étudier ici en quelques pages. Loin de moi la prétention d'écrire une Histoire des intermèdes espagnols ; une œuvre aussi considé-

rabie serait de beaucoup au-dessus de mes forces. Je me bornerai à en indiquer les lignes principales et à mettre en ordre quelques notes recueillies au cours de mes lectures.

L'on pourrait, sans remonter jusqu'aux atellanes et sans sortir delà péninsule ibérique, assigner aux entremeses uTï^OTigixiQ d'une antiquité respectable. Vers 'J2ii0, une loi (1) d'Alonso le Savant interdit aux ecclésiastiques de se mêler, soit comme acteurs, soit comme spectateurs, auxyz^^^osí/eé'^cízrTizo.s. jeux d'eschaniÙ7îent ou de moquerie. jeux satiriques « es quels se faisaient moult ville nies et messeances. » Le mêmetexte leur enjoint de ne plus tolérer à l'avenir ces jeux dans les églises; mais il leur permet en revanche de prendre part aux représentations do la Nativité, de l'Adoration des Rois et de la Résurrection. Il semble ressortir de cette loi que les boutTonneries constituaient déjà, vers le milieu du xni^ siècle, un genre de spectacle parfaitement distinct, qui, comme les Mystères et à côté d'eux, aurait eu pour berceau l'Eglise, d'où on le bannissait. Cette prohibition pour cause d'immoralité futelle irrévocable ? Les pièces ainsi supprimées trouvèrent-elles un asile sur les places publ'iques ou dans les réunions privées ? Rien ne nous autorise

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