L'on peut s'étonner à bon droit de cette termi
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naison si peu espagnole. Cáncer, en effet, a écrit Lorcajo, — mot composé de Lorca^ nom commun à plusieurs villages d'Espagne, et de ajo, ail. Gomme l'auteur joue à diverses reprises sur ces trois dernières lettres, je les ai traduites par leur équivalent français, afin d'éviter au lecteur des notes el des explications par trop fréquentes.
26. «Leurs collets ou cravates sont de grandes pointes, qui sans doute coustent beaucoup, bien qu'elles ne paroissent pas belles. La mode en est presque de même en France, l'ayant prise de la princesse de Carignan quand elle estoit à Madrid, dont elles les nomment valonas à la. Carihand. » Voyage d'Espagne curieux, historique et politique, fait en Vannée 1635.
27. La locution áar perro ou darperro muerto, donner un chien, ou un chien mort, signifie : léser quelqu'un, commettre une friponnerie. Il est à peine nécessaire de noter l'analogie qui existe entre ces mots et notre expression argotique et plus que moderne poser un lapin.
28. Le chocolat, introduit en Espagne dans la première moitié du xvn^ siècle, devint aussitôt un aliment de luxe. Il était de bon ton d'en prendre, et une mijaurée dit, dans un entremés de Benavente : < Quoique le goiU du chocolat me déplaise, j'en prends par vanité. » On a écrit à cette époque plusieurs ouvrages sur les vertus de cette boisson, et Quevedo range au nombre des diables le chocolat et le tabac. Voir El entremetido, g la dueha y el soplón.
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29. Les nègres figurent, comme personnages bouffons, dans les plus anciennes comédies espagnoles. D'après Von Schack, Historia, V' periodo, cap. VII, « un certain Juan Pastor, qui jouissait vers 15)0- 1520 de quelque renommée, écrivit une tragédie de La chasteté de Lucrèce et introduisit parmi les personnages principaux un nègre et un valet bouffons. » Un nègre et une négresse jouent des rôles comiques assez importants dans la Segunda Celestina. On pourrait multiplier les exemples. Quevedo, dans son Libro de todas las cosas y otras muchas mas, établit plaisamment les règles des langages de convention que les auteurs dramatiques faisaient parler à leurs personnages étrangers : « Si tu es poète et écrivain dramatique, tu sauras le guiñeen en changeant r en /, et vice versa. Par exemple : Francisco, Flancisco ; primo, plimot etc. »
30. Le texte espagnol est beaucoup plus précis : « Los caballeros, tras dejarse gozar, darán dineros ! »
. 31. « Donner est un mot pour qui il a tant d'aversion, qu'il ne dit jamais ^'e vous donne, mais je vous prête le bonjour. » Moliere, L'avare, ii, se. v.
32. Les lettres du chevalier de la Tenaille, petit ouvrage de Quevedo. Il a été traduit en français, au xvii^ siècle, par le sieur de la Geneste, sous le titre de Lettres du chevalier de ' l'Epargne. C'est une double et tres violente satire des effrontées quémandeuses qui pullulaient alors à Madrid et d'un avare qui leur ferme inexorablement sa bourse. Lfon Pegote est tout entier inspiré par cet opuscule, et surtout par la lettre xxii ;
« Votre Grâce m'apprend qu'elle est enceinte. Je le crois. Le métier qu'elle exerce ne saurait avoir d'autre résultat. Je voudrais être commère i sage-femme) pour lui oiïrir mes services ; quant aux compères, elle en aura de trop, les comptant par milliers. Votre Grâce me laisse entendre qu elle a dans la bedaine des gages de mon amour; c'est bien possible, si elle n'a pas encore digéré les friandises dont je l'ai régalée. Pour l'enfant, je le laisse tout entier à qui le voudra, puisqu'il ne peut être tout entier de quelqu'un. Si j'avais aspiré au titre de père, señora, rien ne m'eût été plus facile que de me faire moine ou ermite ; mais je ne suis pas ambitieux de paternité. Renoncez à vos illusions ; je n'avalerai pas cet enfant. Je ne suis pas, — Dieu m'en préserve ! — comme Saturne, qui mangeait les siens. L'important, c'est de concevoir à droite et à gauche, d'accoucher à tort et à travers, et d'abandonner le reste à Dieu et au hasard... »
33. Il semble que Calderón ait voulu parodier lui-même, par ce refrain, deux vers que l'on retrouve partout dans ses drames :
; Ay de mi, rabiando vivo!
l Ay de mi, rabiando muero!
« Ha ! j e vis dans la rage ! Ha 1 j e meurs dans la rage ! »
Les saludadores avaient la prétention de guérir, en prononçant sur eux certaines formules, les hommes et les animaux atteints de la rage. Pedro Ciruelo, dans sa lieprobacion de las supersticiones y hechicerías, Salamanque, 1541, consacre à ces empiriques
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un chapitre fort curieux. Ils en imposaient au public en se livrant à certaines épreuves. Les uns tenaient dans leurs mains un fer ou un charbon rougi au feu d'autres pénétraient dans un four incandescent. Pour inspirer la confiance, ils montraient, imprimés sur leurs corps, la roue de sainte Catherine ouTemblèmei? de sainte Quiteria. qui protègent de la rage. Mais tout cela, dit Ciruelo, n'est que pratiques damnables et vaines superstitions. Et, à son tour, il préconise comme souverains et scientifiques une trentaine de remèdes des plus singuliers. On peut, par exemple, tuer le chien enragé et frotter la morsure avec son sang ou ses poils réduits en cendre; appliquer sur la plaie une volaille fraîchement tuée ou une tranche de viande saignante. Les cataplasmes d"ail, d'oignon, de poireau, de chou, de fenouil, de persil, de sauge, de pouliot, etc, sont également infaillibles. Sur cette liste où figure avec honneur toute la série des herbes potagères, il n'est pas positivement question du mostillo qui joue un rôle dans l'intermède de Calderón. Mais le suc de Tail mélangé au vin et absorbé en boisson y est recommandé comme « délayant le venin et l'empêchant de pénétrer jusqu'au cœur. »
34. Cet intermède, que l'éditeur de Calderón n'a pas inséré dans le t. XIV de la Biblioteca de autores españoles, lui est attribué dans la Primera partedel Parnasonuevo y amenidades del gusto, Madrid, Garcia de la Iglesia, 1670. Il n'est pas douteux que de Visé s'en soit inspiré pour écrire sa comédie de La veuve à la mode. L'exemplaire de El pésame de la viudo donne la distribution des rôles, et plusieurs des comédiens qui les jouaient furent de ceux rrui accompa-
gnèrent en France l'infante Marie-Thérèse. Ces comédiens résidèrent à Paris jusqu'en 1672-73 et lacomédie de Visé fut représentée pour la première foisen 1607. Il est donc à présumer que l'écrivain français connut la pièce de Calderón et s'en servit pour composer la sienne, bien inférieure sous tous les rapports à Ventremes original. D'ailleurs la plupart de nos auteurs dramatiques du xvii° siècle, Molière le premier, étudièrent avec soin les entremeses et ne dédaignèrent pas leur emprunter des idées et des traits. — Ramon de Gruz a traité lui aussi ce sujet de La visite de deuil. Son sainete n'est pas des meilleurs.
35. « C'est Juan-la-bonne-âme, dit-on du mari eniurant, du galant trompé, de l'homme que l'on filoute, du cavalier que l'on vole et de la femme que ['on abuse. » Quevedo, Visita de los chistes,