Siete partidas, I, vi
à le soutenir. Ne nous hâtons pas, d'ailleurs, d'attacher une importance exagérée à un passage fort explicite par lui-même, mais dans lequel l'expression capitale — juegos de escarnios — reste en somme mal définie et comporte peut-être une signification assez lointaine de celle qu'on lui attribue.
Certains auteurs (1) invoquent le témoignage de Zurita pour affirmer un peu à la légère que les entremeses étaient déjà connus et représentés sous ce nom en 1414. Cet historien, relatant (2) les fêtes célébrées à Saragosse pour le sacre de Ferdinand I", dit en effet que le roi « alla en pompeux équipage jusqu'au palais de La Aljaferia avec de grands jeux et entremeses. » Mais il ne faudrait point se laisser égarer parce mot, dont le sens ne se précisa que plus tard. Juan de Timoneda fut probablement le premier à lui donner sa valeur définitive^ vers le milieu du xvi* siècle. Jusqu'à cette époque, les poètes dramatiques désignent leurs œuvres à peu près sans discernement et sous des appellations souvent impropres ; témoin cette pièce duBepelon (1496) que Juan del Encina qualifie tour à tour de copias, à'auclo^ et qui présente en réalité tous les
1. En France Louis Viardot, Eludes sur l'histoire des instilutions, delà littérature, du théâtre et des beaux-arts en Espayne. Paris, 1835.