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DÉFINITION ET HISTORIQUE

Parfois, en cherchant à délimiter le foie par la percussion, l’on constate que Ia matité hépatique est remplacée par une zone de sonorité plus ou moins étendue qui se continue au-delà du rebord costal, repèré habituel du bord antérieur du foie, avec la sonorité abdominale. C’est sur la ligne mamelonaire ou dans l’aisselle que siège cette zone sonore. De forme triangulaire, à sommet supérieur, elle s'étend, d'ordinaire, sur une hauteur de 5 à ro centimètres. Il est rare qu'elle affecte une autre forme.

L'on peut contrôler par la phonendoscopie les résultats fournis par la percussion. L'on constate alors que l'aire sonore se prolonge, au-dessous du rebord costal, avec la sonorité colique, non avec la sonorité gastrique.

Etudie-t-on par la radiologie cette anomalie révélée par l'examen clinique, l’on aperçoit, au-dessous de la coupole diaphragmatique, tantôt au milieu de l'ombre hépatique, une région moins sombre, tantôt en dehors de cette ombre, une plage claire, d’étendue variable, qui peut atteindre les die mensions de la main. Cette plage est uniforme ou sillonnée par l'image des plis coliques.

Un bol opaque, ingéré sept à dix heures auparavant, révélant la moitié droite du cadre colique, un lavement baryté dessinant, en une injection rétrograde, le gros intestin, s’insinuent dans la poche claire située en avant où en dedans du foie et spécifient ainsi son origine colique.

La sonorité partielle de la région hépatique, la zone claire à laquelle elle correspond, l’examen ra-

Mere

diologique précisant la nature colique de cette zone claire, révèlent une interposition hépato-diaphragmalique du côlon.

Cette sonorité partielle pré-hépatique, il n'est guère de praticien qui ne la constate en percutant le foie : mais quand on la perçoit au hasard d’un examen, on l’attribue d'ordinaire à un météorisme passager de l'intestin, on la considère comme un phénomène rare et sans signification particulière, et on continue l'examen sans s’y attarder.

Or, c’est un fait assez fréquent et qui possède une réelle valeur sémiologique.

Il n'est pas exceptionnel de déceler cette zone sonore quand on se donne la peine d'explorer la matité hépatique en percutant la paroi thoracique, non seulement du mamelon vers les fausses côtes, mais aussi du sternum vers l’aisselle droite. Dejà, nombre de radiologistes et de cliniciens ont signalé quelques exemples isolés de cette ectopie colique À. Béclère, qui l'a mentionnée pour la première fois en 1899 ; Laurent, Marot, Huguet, Meyer, Weinberger, Perussia, ete. ; Chilaïditi, Letulle, Jaugcas, Le Noir et Gilson en France, Buerger et Podkaminsky en Allemagne, ont étudié sa pathogénie.

Après avoir trouvé par hasard deux exemples d’ectopie colique à la consultation gastro-entérologique de l'hôpital Boucicaut, F. Trémolières a pu, en pratiquant systématiquement une exploration minutieuse de la m'atité hépatique, en déceler plus de vingt autres cas.

L'étude de ces observations confirme la conclusion déjà formulée par F. Trémolières dans son premier travail (1), que l’interposition colique est une conséquence des périviscérites abdominales adhésives.

(1) F. Trémouères. L’Interposition hépato-diaphragmatique du côlon. Bull. de l'Académie de Médecine, 26 nov. 1929.

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