LIV, VII, SECT, I, CHAP. XVII
OÙ les catholiques ont recouvré leur ascendant, la décadence de l'empire des Turcs, et l'affranchissement qui vient d'y être accordé aux chrétiens. Le développement des sciences naturelles, prédit par le vénérable Holzhauser même ; l'établissement universel des chemins de fers et les télégraphes électriques par lequel on comprend comment un seul troupeau pourra être facilement gouverné par un seul pasteur, Jo., X. 16, et sans lequel on ne saurait humainement s'expliquer la possibilité d'un empire universel, tel que sera celui de l'Antéchrist pas plus que l'affluence de tous les peuples de la terre vers Jérusalem. La tendance du monde vers un système central et uniforme, qu'on remarque surtout dans les traités et les concordats entre les divers gouvernements ; traités qui paraissent devoir s'étendre d'une manière générale, à la presse, aux douanes, aux monnaies, aux poids et mesures, etc., etc. Les expositions universelles, les congrès des savants, les sociétés qui s'occupent de la statistique générale du monde ; statistique qui pourrait bien être le premier principe de cet affreux monopole que l'Antéchrist exercera sur les moyens indispensables à la vie des hommes. Les plants gigantesques de percer l'une des plus grandes chaînes de montagne, d'ouvrir l'isthme de Suez, etc., etc. Toutes ces circonstances réunies ensemble sont des événements trop importants pour qu'ils ne soient pas remarqués par tous les hommes réfléchis et sérieux. Espérons néanmoins que le sixième âge nous procurera bientôt tous les avantages qu'il nous promet, et que l'Église jouira longtemps d'une paix sainte et véritable, et des autres grandes consolations qui lui sont réservées. Mais qu'on oublie pas que la conversion de l'univers, qui aura lieu dans cet âge,
est indiquée dans l'Evangile comme l'un des principaux précurseurs de la fin du monde, selon saint Marc, XIII, 10 : « Il faut aussi auparavent que l'Evangile soit prêché à toutes les nations. » Et selon saint Matth., XXIV, 14 : « Cet Evangile du royaume sera prêché dans toute la terre, pour servir de témoignage à toutes les nations ; et alors la fin arrivera. » Matth., XXIV, 42 : « Veillez donc, puisque vous ne savez à quelle heure Notre-Seigneur viendra. Car sachez que si un père de famille savait l'heure à laquelle le voleur doit venir, il veillerait assurément et ne le laisserait pas pénétrer dans sa maison. Soyez donc aussi toujours prêts, car vous ne savez pas à quelle heure le Fils de l'homme viendra. Quel est donc, à votre avis, le serviteur fidèle et prudent que son maître a établi dans sa maison, pour distribuer la nourriture au temps marqué ? Heureux ce serviteur, si son maître, à son arrivée, le trouve agissant ainsi : Je vous dis en vérité qu'il l'établira sur tous ces biens. Mais si ce mauvais serviteur dit en son cœur : Mon maître tarde à venir ; et s'il commence à battre ses compagnons, à manger et à boire avec des ivrognes, le maître de ce serviteur viendra au jour qu'il ne l'attend pas, et à l'heure qu'il ne sait pas ; et il le séparera et le mettra avec les hypocrites : c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. »