LIV. VII, SECT. I, CHAP. XVII
n'appartiendra que moralement et par son origine : Elle est la huitième et va dans la mort. On doit observer que ce mot huitième s'accorde avec le substantif bête. C'est ce qu'on voit mieux dans le latin à cause des genres des noms qui ne sont pas les mêmes qu'en français. Et toutes ces puissances sont des bêtes, parce que c'est toujours le dragon qui les inspire et les dirige toutes.
XI. Maintenant c'est ici le cas de dire un mot sua' ce passage du vénérable Holzhauser, où il prédit la naissance de l'Antéchrist pour l'an 1855. Sans vouloir toucher à cette grande question de l'époque de la fin du monde, nous dirons comme en passant que ce n'est certes pas sans raison que ce vénérable serviteur de Dieu a osé fixer d'une manière si précise et si absolue, la date la plus importante qui fut jamais. Qu'on se rappelle que celle qu'il indiqua pour la durée du temps pendant lequel le sacrifice de la messe serait aboli en Angleterre, s'est vérifiée à la lettre. « Et intellexi juge sacrificium centum et viginti annis ablatum esse. » Malgré cela, nous pouvons prévoir qu'un nombre assez considérable de nos lecteurs refusera de croire à cette date, en raison surtout de la brièveté du temps qui nous reste pour l'accomplissement de tous les faits qu'il annonce. Qu'il nous suffise de dire que pour l'accomplissement de ces faits, de longues époques ne sont pas nécessaires ; mais qu'il faut considérer la volonté de Dieu, qui peut, souvent même contre nos prévisions, précipiter des événements dont nous ne pouvions prévoir l'accomplissement qu'à des époques éloignées. On se souvient d'ailleurs que-les deux derniers âges doivent être très-courts, et que Dieu a promis à son Église, restée fidèle pendant le cinquième
âge, de lui amener pour récompense toutes les nations de la terre ; ce qui semble nous faire comprendre que Dieu ne suivra pas, dans ce cas, la marche ordinaire de sa providence. Nous ajouterons à cela que cinquante ans suffisent pour renouveler la masse de deux générations, sans compter celle qui s'élève maintenant, et que Dieu châtie pour la purifier. Enfin, qu'on se reporte vingt-cinq ans en arrière, et l'on sera forcé d'avouer que la face de la terre a été renouvelée. Quant aux personnes auxquelles ce calcul du vénérable Holzhauser paraîtrait hasardé, nous les prions de ne pas aventurer leur jugement sur les faits aussi graves dont nous ne connaissons pas d'ailleurs le mode d'accomplissement. Qui ne voit, après tout, que l'interprétation de ce vénérable auteur mérite beaucoup moins les attaques de la critique, qu'elle n'est digne de notre respect, de notre confiance, et nous dirons même de notre admiration. D'ailleurs ce qui s'est passé jusqu'ici confirme tout ce que cet auteur. a écrit. Déjà nous avons le bonheur de voir poindre à l'horizon son sixième âge si désiré et si désirable : l'année 1848, où l'on conspirait pour établir la république universelle, fera époque dans l'histoire du monde. Le rétablissement subit et inespéré de l'ordre, après les terribles commotions qui menaçaient jusqu'à l'existence même de la société dans les capitales de notre continent ; les progrès du catholicisme en Autriche, en Angleterre et dans les missions étrangères ; les communications nouvellement établies avec l'Afrique et l'Asie, communications qui facilitent l'accès des missionnaires chrétiens jusqu'au centre du céleste empire ; l'humiliation subie par les armées des hérétiques et des schismatiques dans la dernière guerre,