‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 130 sur 211 · LIV. VIII, SECÏ. I, CHAP. XVIII · texte numérisé non relu

LIV. VIII, SECÏ. I, CHAP. XVIII

sur la terre. De là ces paroles du texte. Et après cela je vis un autre ange qui descendait du ciel, ayant une grande puissance ; et la terre fut illuminée de sa gloire : Saint Jean, en nous disant qu'il se prosterna aux pieds de cet ange pour l'adorer, ajoute que sa puissance était si grande et sa gloire si éclatante que toute la terre en fut illuminée; c'est pour nous apprendre combien la vérité est belle et puissante, puisque l'ange qui représentait cette vérité était tellement rayonnant de gloire que saint Jean le prenait pour la vérité même qui est Dieu, et qu'il voulait l'adorer. Mais l'ange lui dit : Gârdez-vous bien de le faire ; je suis serviteur de Dieu comme vous, et comme vos frères qui ont rendu témoignage de Jésus. Adorez Dieu, car l'esprit de prophétie est le témoignage de Jésus. C'est comme si cet auge lui eût dit : Je ne suis pas la vérité même qui est Dieu, mais je suis serviteur de Dieu en rendant témoignage à la vérité ; c'est-à-dire, je ne suis qu'un des représentants de la vérité comme vous, qui êtes prophète, et comme tous vos frères qui ont rendu témoignage à la vérité par leur parole ou par leur martyre. Or, si l'un des représentants de cette vérité éternelle qui est Dieu, fst déjà tellement radieux et resplendissant de gloire que toute la terre en est comme illuminée, et que saint Jean lui-même, témoin de la vérité, était sur le point de l'adorer ; que sera-ce lorsque les hommes verront Jésus- Christ la vérité même venir sur les nuées, dans tout l'éclat de sa gloire et de sa majesté pour juger les vivants et les morts.

II. Quelle est maintenant la mission de ce prophète ? C'est d'annoncer la ruine de la grande Babylone comme on va le voir dans ce chapitre. Mais avant d'entrer en

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matière, nous devons faire observer au lecteur la manière dont saint Jean reçut cette révélation ; car il semble que l'ordre de la narration est reuversé. En effet, il commence par nous décrire la grande catastrophe de cet événement ; ensuite il nous lit la sentence prononcée contre cette prostituée quïl dépeint dans les considérants ; et ce n'est qu'en dernier lieu qu'il nous prophétise cet événement. N'est-ce [pas là un moyen ingénieux et admirable pour en faire mieux ressortir la vérité et la certitude ? Et ne voit-on pas dans cet intervertissement la bonté de Jésus-Christ qui est l'auteur de cette révélation, d'annoncer avec empressement à son Église et à ses amis un fait de la plus haute importance et qui doit les intéresser et les consoler au plus haut point ? Nous évoquerons ici le témoignage de tous les hommes ; il n'en est aucun qui n'avouera que lorsqu'un messager apporte à ses amis l'heureuse nouvelle d'une grande victoire remportée sur un ennemi redoutable, son premier cri de joie est : Victoire, victoire, l'ennemi est vaincu ! Ce n'est qu'après avoir donné essor à ce premier élan de la nature, et après avoir satisfait à la première et à la plus ardente curiosité de ceux qui l'écoutent avec le plus vif intérêt, que le messager donne ensuite les plus importants détails et termine sa narration par les circonstances les plus éloignées. Or, telle est précisément la manière dont de prophète raconte à rÉgiisé militante l'heureuse nouvelle de la défaite de ses ennemis. Car Dieu voulant parler aux hommes se conforme à leur langage. C'est ce qu'on voit clairement dans TÉcriture, lorsqu'il est parlé du soleil qui s'arrête, du soleil qui se lève et du soleil qui se couche, etc., bien qu'on sache '|U il est immobile.

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