‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 137 sur 211 · CHAPITRE XVIII. — Verset · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII. — Verset

I. Vers. 9. — Et les rois de la terre qui se sont corrompus avec elle, et qui ont vécu dans les délices^ pleureront sur elle, et se frapperont la poitrine en voyant la fumée de son embrasement.

On a vu dans ce |^qui précède, qu'après la ruine de Jérusalem et l'extermination des impies, le reste sera saisi de crainte et rendra gloire à Dieu. Or, parmi ces restes se trouveront aussi des rois de la terre, c'està-dire, des rois infidèles. Ces rois représentent les nations qui n'auront pas fait partie de l'Église, ou qui l'auront abandonnée. Car Dieu, dans sa bonté infinie, ne veut pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive. -Eirec/i., XXXIII, 11 et suiv. C'est ce que l'Ecriture nous apprend, et ce que l'expérience de chaque jour nous confirme. Mais si Dieu est infiniment miséricordieux, il est aussi infiniment juste et vrai dans ses paroles. Et c'est pour mieux manifester aux hommes sa justice et sa bonté, qu'il trappe les uns et

épargne les autres, afin que les hommes apprennent à le craindre et à le servir, en espérant en lui. Or, c'est surtout à la fin des temps que Dieu manifestera ces deux grands attributs, sa justice et sa bonté. Malheur donc aux pécheurs obstinés qui tomberont sous ses coups ; mais heureux seront ceux qui auront part à la miséricorde de Dieu qui multiplie ses élus autant que sa justice le permet. C'est pourquoi un grand nombre de ces rois de la terre représentant les princes et les nations infidèles : et aussi les restes des Juifs, comme on le verra plus bas, seront épargnés dans cet aff"reux désastre. Ils survivront à cette grande catastrophe de la ruine de Jérusalem et des villes des nations que le feii du ciel et les tremblements de terre détruiront. Et les rois de la terre qui se sont corrompus et qui ont vécu avec elle dans les délices, pleureront sur elle, et se frapperont la poitrine, en voyant la fumée de son embrasement. Ils seront saisis de crainte ; et ils se convertiront. Ces lamentations s'appliquent donc à Jérusalem considérée comme Babylone, c'est-à-dire, la grande ville qui est la figure de la prostituée ; et c'est en ce sens qu'on doit comprendre ces paroles et celles qui suivent comme exprimant tout à la fois la désolation des réprouvés et le regret amer que les derniers convertis éprouveront de leurs péchés et de leurs abominations, en voyant les conséquences de leurs œuvres et le danger immense qu'ils auront couru. Dans sa révélation, Jésus- Christ se sert de ces mêmes rois qui se seront corrompus avec la prostituée, et qui se convertiront à la fin des temps, pour donner plus de force à sa parole en les faisant confesser de leur propre bouche les moyens dont cette femme se sera servi pour les attirer dans sa pro-

Page 1